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10 Fascinating Facts From the Man With Two Penises AMA

« We’re only two days into 2014 and already a viable candidate for Most Fascinating Person of 2014 is « The Guy With Two Penises, » who has become a Reddit sensation over the last 24-hours. Last night, he held an intriguing AMA that covered candidly a wide range of sexual, anatomonical and personal questions about the condition he was born with known as « diphallia. » (…) »If I do use [a public restroom], I try to use the stall and not a wall urinal, » he said. « There’ve been times where I’ve had to use the urinal and because I have one muscle that controls my piss, it lets the stream flow out both my dicks. So unless I pinch off one of them it comes out both and that doesn’t feel good. So I have to take both out to pee. Yeah I’ve gotten stares and even had a few guys at various times go, holy shit. » »
(Rolling Stone, 02.01.2014)

 

L’année 2014 commence fort sur l’Internet mondial avec le désormais célèbre Double Dick Dude, un garçon frappé d’une malformation appelée diphallia : il a un deuxième pénis. Ce garçon, dont on ne connaît pas (encore) le nom, a fait sensation en postant une vidéo de son entrejambe et en lançant un chat AMA (ask me anything) sur Reddit, qui a eu tant de succès que ça a vite débordé sur Twitter, puis Facebook, puis la presse en ligne. La première chose que je me suis dit en entendant parler de ça a été : wow, il a eu de la chance de naître américain et dans une famille pas trop con, ailleurs on lui en aurait coupé une ou on l’aurait accusé de satanisme. Outre le fait que le thème est très trivial et en même temps suffisamment atypique pour générer beaucoup de curiosité et de questions plus ou moins saines, la question que je me pose est celle, au-delà de l’information médicale du grand public, de l’intérêt de cette visibilité soudainement donnée par ce jeune homme à sa particularité anatomique sur le web. Souhait de se faire connaître ? Envie d’être sollicité par le porno (apparemment, il aurait déjà décliné des propositions) ? Envie de partager ? Rien n’est très sûr, mais je trouve risqué pour un jeune homme de 24 ans de s’exposer ainsi à une horde d’internautes pas toujours très fins ni très bien intentionnés. A moins qu’il ait les nerfs solides et envie de faire progresser la connaissance et du même coup la tolérance. Le Double Dick Dude est en effet ouvertement bisexuel et vit, selon ses dires, en trouple avec une fille et un garçon. Ce qui me porte à croire que sa particularité physique l’a poussé à mûrir vite et à se poser beaucoup de questions sur la sexualité et la liberté, pour en arriver à oser superposer une vie amoureuse non-conventionnelle à son entrejambe hors-norme. Et si le web et les internautes peuvent bénéficier un peu de sa maturité et de son ouverture d’esprit, il n’a peut-être pas fait cela pour rien.

 

 

« Selfie Olympics » is the First Meme of 2014

 

« We can finally declare the first meme of the year: Selfie Olympics aka extreme selfies aka #And1SelfieLeague, in which kids take increasingly absurd bathroom selfies. If you’re anti-selfie culture, avert your eyes. The « rules » of Selfie Olympics — as documented by @SelfieOlympics — are simple: you must be inside a bathroom (well, sort of) and you must use some sort of prop. Above you see a safari selfie, and other recent entrants include a replica of Foot Locker, a funeral, a dude with his head in a fish tank, a dude with his head in the toilet (who knows), and Big Sean playing Pacman in his bathroom. Maybe if someone locks the door he’ll never rap again. »
(Gawker, 05.01.2014)

 

Selfie a été le mot de 2013, et avec un peu de chance, 2014 devrait nous en débarrasser. Ou plutôt, le fait de se prendre en photo à bout de bras ou devant un miroir, déjà bien ancré dans les habitudes de la génération Y (que sont les innombrables illustrations du phénomène – un peu plus #old – du duckface si ce n’est des selfies ?), sera tellement normal et intégré à la grammaire du web social qu’on n’en parlera même plus, que ce soit utilisé pour une photo de profil ou pour rien du tout. Le fait que le « phénomène » en question génère désormais ses propres détournements et caricatures est un bon indicateur de l’adoption massive du selfie dans son usage « normal », qui reviendra silencieusement à la normale dans quelques semaines… ou aura été tellement « meme-isé » et ringardisé au passage que ce sera aussi subversif et commenté qu’un nouveau single de Baauer (qui ça ?). Bref, alors que la mode (forcément temporaire) va désormais être au selfie absurde et hyper travaillé (on attend avec impatience que les entreprises et les partis politiques s’en emparent pour leurs futurs trombinoscopes, en souvenir du lipdub), on peut tabler sur la fin des articles et autres tweets causant selfies d’ici l’été 2014. Merci @SelfieOlympics.

Ce rêve bleu

 

« Moi j’en n’ai plus depuis longtemps, alors si j’étais à votre place, et que disons, mon papy ou ma mamie soient à peu près gentils, j’irais leur faire un câlin ou je leur passerais un petit coup de fil. Ceci dit sans vous culpabiliser, bien sûr, d’autant que si ça se trouve, votre papy et votre mamie sont super valides, super actifs, et super pas du tout enclins à supporter vos jérémiades de pourri-gâté de putain de génération X-Y : « Oh lanlan, la batterie de mon smartphone elle tient pas, ouin ouin chuis à découvert parce que j’ai cramé la carte sur Asos, ouin ouin je sais pas ce que je vais faire de la liberté que j’ai de décider de mon sort, ouin ouin ». Saletés de nous. Enfin bon, qui sait peut-être qu’on sauvera le monde, on sait jamais. HEIN OUAIS ? »
(Death of Derrick, 30.12.2013)

 

C’est vrai qu’on s’écoute beaucoup, nous autres les « jeunes cadres dynamiques » plus si jeunes, pas tellement cadres et moyennement-dynamiques-ça-dépend-des-jours de la génération « Millenials », et que toute notre rhétorique du narcissisme consumériste, accessoirisée à grands coups de name dropping et de marques dont ils n’ont jamais entendu parler, ça doit parfois soûler gentiment nos aïeux. Ou même nos parents, tiens, pas si vieux, pas si à la ramasse, mais pour qui, bien souvent, un téléphone ça sert à téléphoner, et une télé à regarder la télé. Moi j’ai pas envie d’embrasser mes grands-parents morts, et je m’en tiens à une tranquille indifférence envers les vivants valides qui ont le permis et mon numéro de téléphone s’ils veulent se manifester. Parce que ça va bien cette argumentation sournoise sous-entendant sans l’affirmer vraiment que le vieux est seul et abandonné de tous alors qu’il a le droit au respect du seul fait de son âge, et que c’est dégueulasse de notre part à nous les moutards de ne pas faire des pieds et des mains pour aller les soulager deux minutes de leur misère intellectuelle à Noël. Commence par te souvenir de mon prénom et m’appeler à mon anniversaire, on négociera les papouilles annuelles ensuite. Et donc oui, on s’écoute, on court après le pouvoir d’achat et on essaye de se montrer à la fois original, spécial, différent… et en même temps complètement dans les clous de l’attirail-type des choses à avoir : un T2-T3 pas trop dégueu’ si possible dans Paris intra muros, des verres en terrasse avec des potes de qualitay, une sortie en boîte de temps en temps, des cinés, des livres pour pas se sentir trop bête face à nos influenceurs, des fringues qui n’ont pas toutes cinq ans d’âge, le dernier iPhone, les vacances, les week-ends dans les capitales européennes… Le tout, si possible, en clamant haut et fort qu’on adore son job et qu’on passe grosso modo sa vie à s’éclater. Foutaises. On est tellement libres et on ne sait tellement pas quoi en faire qu’on vit dans des clous de « réussite sociale » qui ne se manifestent que par des consommations. Consommations que nos grands-parents sont parfois bien en mal de comprendre (« pourquoi passer au 5S quand on a un 4S qui marche encore très bien et qu’on n’a même pas encore fini d’économiser pour le 6 » : un sujet qui vous promet quelques dizaines de minutes de conversation passionnante au prochain repas de famille). Et c’est une consolation comme une autre : certes, on ne sait pas quoi faire de notre liberté dans la grande jungle urbaine « aspirationnelle » de 2014, mais papy et mamie, eux, sauraient encore moins…

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