The Lunchbox

 

 

The Lunchbox sajaan

 

« Parfois, le mauvais train peut vous amener à la bonne gare ». Je n’avais jamais entendu parler des Dabbawallahs avant ce week-end. Les Dabbawallahs rassemblent environ 5000 livreurs de Lunchboxes. C’est un métier qui se transmet de père en fils. Tous les matins, les Dabbawallahs amènent les plats chauds préparés par les épouses sur le lieu de travail de leurs maris, puis ils retournent les boîtes vides l’après-midi. Depuis 120 ans, ils ont permis à la population de Bombay de consommer des plats faits maison au bureau. Ils se déplacent avec aisance à travers le réseau ferroviaire surchargé et les rues chaotiques de la ville. Les Dabbawallahs sont illettrés et emploient un système de codage complexe de couleurs et de symboles pour réussir à livrer les Lunchboxes dans ce labyrinthe qu’est Bombay. L’Université d’Harvard a étudié leur système de livraison et conclu que seulement une Lunchbox sur un million n’était pas livrée à la bonne adresse. The Lunchbox, de Ritesh Batra, est le récit de cette exception.

 

The Lunchbox, c’est ce film dont on a longuement vu les affiches dans le métro il y a quelques semaines et qui, au lieu de rencontrer son public comme bien d’autres films indés, a peiné à dépasser les 70 000 spectateurs en salles. Triste.

The-Lunchbox

Le pitch, loin d’être révolutionnaire (une rencontre due au hasard qui, poétiquement, va déboucher sur bien plus, entre deux êtres qui n’auraient jamais dû se croiser), est tout de même assez séduisant a priori, du moins quand on apprécie les comédies romantiques ou les films qui les font voyager vers la vie quotidienne de semblables à des milliers de kilomètres. Au début du film, Ila, une jeune femme délaissée par son mari (alors qu’elle est jolie comme un cœur), se met en quatre pour tenter de le reconquérir en lui préparant un savoureux déjeuner. Elle confie ensuite sa lunchbox au gigantesque service de livraison qui dessert toutes les entreprises de Bombay, les fameux Dabbawallahs. Le soir, Ila attend de son mari des compliments qui ne viennent pas. En réalité, la Lunchbox a été remise accidentellement à Saajan, un homme solitaire, proche de la retraite. Comprenant qu’une erreur de livraison s’est produite, Ila glisse alors dans la lunchbox un petit mot, dans l’espoir de percer le mystère.

S’en suit alors une correspondance par boîte de fer interposée, entre le vieil homme aigri et la jeune épouse esseulée, qui vont s’écrire, se découvrir, se soutenir et s’épauler… et chacun changer la vision que l’autre avait de la fatalité de son sort. Le film est très chouette, parlant d’amour, de famille, de solitude et d’amitié, le tout sur fond de plats succulents : par les images et les conversations autour des lunchbox, on se retrouve assez vite à avoir le ventre qui gargouille, et on se ferait bien un plat au curry en sortant du cinoche. L’Homme, qui était assis à côté de moi, a passé la séance à chouiner qu’il avait la dalle, le popcorn ne parvenant pas à le consoler. Mais il a beaucoup aimé le film aussi.

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