Facebook a dix ans

 

facebook the social network

 

On connaît tous l’histoire de Facebook. Du moins, tous ceux qui s’intéressent un peu au web social, ou qui y bossent, ou qui y glandent, ou qui ont vu The Social Network. Ou tout ça à la fois. Facebook, donc, à l’origine, c’est la blague de potache d’un nerd un peu frustré, Mark Zuckerberg, probablement motivé par des sentiments un chouïa misogynes, qui bidouille à l’automne 2003 un site, « Facemash », où l’on s’amuse à comparer et noter les étudiantes les plus sexy du campus, dont les profils ont été créés à partir de leurs fiches du trombinoscope de Harvard (Zuckerberg ayant piraté la base de données du campus pour se créer cette blagounette). Succès immédiat avec 22 000 réponses et 450 participants en quatre heures, mais conseil de discipline à la clé. Quelques mois plus tard, coup de génie, puisque son petit exploit a titillé Mark Zuckerberg : il lance un nouveau site, TheFacebook, dont l’histoire n’a toujours pas très clairement dit s’il en a volé l’idée aux frères Winklevoss. L’idée : un trombinoscope universel pour les étudiants de Harvard, avec photos, profils et fonctionnalités de conversation, pour retrouver d’anciens camarades, faire du réseautage amical ou professionnel et… se draguer. Entre ça et la légende qui insiste sur les profils de filles massivement utilisés pour l’expérience « Facemash », les prémices de Facebook sentent donc bon le dating et la sexualité frustrée. Mais c’est bien loin d’être tout. Mark Zuckerberg voit bien plus loin, et son site va connaître un succès inédit sur le web. Peut-être LA success story de ce début de XXIème siècle.

Créé le 4 février 2004, TheFacebook compte 650 membres trois jours plus tard. Un million en décembre 2004. Le réseau s’étend des Universités de la Ivy League à plus de 800 autres, en 2005, et devient Facebook. Puis il s’ouvre à tous les internautes, en 2006. Dès lors, tout s’accélère : des bénévoles travaillent sur les premières versions dans d’autres langues, puis viennent les premières pages officielles, le bouton Like, et tutti quanti. Aujourd’hui, Facebook, c’est 26 millions de membres en France, 1,23 milliard dans le monde, et de loin le réseau social bénéficiant de la plus large base de données. Avec quelques coups de flair comme le rachat d’Instagram ou la priorité accordée depuis 2012 aux développements sur mobile (au dernier trimestre 2013, 53% du chiffre d’affaires publicitaire provenait du mobile), le mastodonte, qu’on dit régulièrement sur le déclin, est loin d’avoir dit son dernier mot, avec plusieurs applications mobiles prévues pour ces prochains mois, dont la première, Paper, a été dévoilée la semaine dernière, ou encore le projet Internet.org, qui vise à connecter les pays émergents et à aller y chercher le prochain milliard de membres…

A titre personnel, je reste encore assez présent sur Facebook, même si je n’y poste plus grand’chose en direct (mes tweets sont synchronisés avec mon mur), mais j’y lis encore le newsfeed qui m’abreuve des actualités de pages de marques et de médias (si l’appli Paper n’est pas trop mal fichue ni trop redondante, elle pourrait donc assez vite m’intéresser) et y participe à quelques groupes et pages. Pour la communication en direct avec mes potes, je n’envoie plus vraiment de pokes mais j’envoie parfois quelques messages (mais je n’ouvre jamais Messenger, qui me rappelle pourquoi j’avais déserté MSN) pour organiser une soirée ou un verre. Ça n’a pas complètement remplacé le mail ou le sms, mais c’est toujours un canal utile. Sinon, mon profil est assez fourni en likes, moins en photos qu’il y a quelques années (j’ai perdu le réflexe de créer des albums, voire de prendre des photos à chaque soirée) (je n’ai plus 21 ans, quoi), et j’ajoute bien moins de gens et d’amis qu’au « début », mais c’est vrai qu’il représente une assez bonne cartographie, non pas forcément de mes goûts, mais en tout cas de ce qui peut retenir mon attention sur le web. Mark Zuckerberg et ses collègues tiennent donc, comme pour quelques millions d’utilisateurs actifs, les clés de ma « carte d’identité numérique » et des sollicitations d’e-mails marketing que je vais recevoir dans les prochaines années. C’est flippant. Ou triste. Ou impressionnant. Ou horrible. Ou génial. Ou c’est juste le jeu. Et on ne sait pas encore si le jeu est dangereux.

2 réflexions au sujet de « Facebook a dix ans »

    1. Je crois qu’on s’achetait nos amis comme « animaux de compagnie », qu’on pouvait surenchérir sur d’autres amis acheteurs, et que non, ça ne servait effectivement à rien. L’application a dû moisir tranquilou entre deux changements de paramètres du site, avant de disparaître sans que personne ne le remarque…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*