Inside No. 9

Inside No. 9

 

Décidément, ils sont trop forts ces insulaires. J’ai probablement des années de retard sur la plupart des amateurs de séries (c’est même sûr), mais bordel, je vais me mettre à surveiller de plus près l’actualité des séries britanniques, parce qu’en quelques mois, j’y ai déniché mes nouveautés les plus satisfaisantes depuis un bail. Tout n’est pas parfait, et je ne crache pas pour autant sur un bon gros produit US bien formaté pour ABC ou Fox, mais il faut bien avouer que les anglais captent des choses qu’on ne voit pas dans les séries américaines. Le succès de Downton Abbey outre-Atlantique est d’ailleurs assez significatif, à mon sens, de l’originalité de ton qui caractérise les séries britanniques : les Américains adorent cette série parce qu’elle a un ton, un rythme et une dramaturgie plutôt inhabituels dans leur paysage TV. Au point que je me demande presque pourquoi il n’y a pas davantage de séries anglaises qui s’exportent sur les networks américains (qui, il est vrai, pullulent de nouveautés produites sous pavillon national chaque année). Bien des acteurs anglais font jeu égal avec les américains sur le terrain du cinéma, trustant les films de prestige et les récompenses suprêmes (Kate Winslet, Chiwetel Ejiofor, Emma Thompson, Jude Law, Helen Mirren, Ben Kingsley, Colin Firth, Anthony Hopkins…), mais c’est vrai que sur les séries, ça rame un peu plus à traverser l’Atlantique…

 inside no 9

 

Bon, et donc, qu’est-ce qui m’a encore plu ? Inside No. 9, nouveauté diffusée depuis deux semaines sur la BBC Two, est une série un peu hybride, mêlant humour, suspense et malaise dans une sorte de fourre-tout émotionnel qu’on pourrait nommer humour noir. Mais ce n’est pas tout à fait cela. La série se concentre, dans chaque épisode, sur une nouvelle intrigue, complètement indépendante de la précédente comme de la suivante. A point que, comme pour Dates ou pour Black Mirror, on peut en fait regarder ces épisodes dans un ordre aléatoire. Le seul véritable point commun entre les épisodes étant que l’intrigue se déroule au numéro 9 d’une rue, d’une place ou d’une avenue quelconque. D’où le titre, qui semble créer un lien quelque peu superficiel entre les épisodes.

Mais même si les intrigues sont entièrement indépendantes les unes des autres, il n’en demeure pas moins que des points communs persistent : outre le format court (environ 30 minutes), ce qui se passe au numéro 9 relève toujours du faux suspense permettant de mettre en scène des personnages sûrs d’eux, dans leur environnement domestique, complètement inconscients de leurs petites hypocrisies et de ce que leur comportement révélerait à un regard extérieur. On se surprend à rire un peu nerveusement des boulettes et des impairs commis par les uns et les autres au détour d’une phrase. Chaque épisode est aussi marqué par un twist, dans les deux dernières minutes, remettant en perspective tout ce à quoi on vient d’assister. La formule, qui semble partie pour durer, risque d’être un peu lassante à la longue, mais si les créateurs de la série confient régulièrement le bébé à de nouveaux réalisateurs et scénaristes, Inside No. 9 pourrait bien  se révéler être une franchise durable, faisant le tour de toutes les situations domestiques avec humour noir et causticité, tout en révélant, pourquoi pas, de nouveaux talents. Une sorte de laboratoire de l’humour noir en télévision, quoi. J’attends donc de voir si la série (6 épisodes au compteur pour le moment, en cours de diffusion outre-Manche) maintiendra ce niveau et cette fraîcheur sur la durée, puisqu’une saison 2 devrait être tournée d’ici la fin de l’année. Mais je pense que ça pourrait vraiment devenir intéressant à suivre.

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