U2, toujours le plus grand groupe du monde ?

Un peu comme tous les come-backs de rentiers de la variété internationale qui se font un peu trop attendre, la curiosité autour du grand retour de U2 est assez clairement en sommeil depuis quelques mois. Il faut dire qu’avec un dernier album remontant à cinq ans, sans hit mais suivi de l’une des tournées les plus rentables de l’histoire (plus de 700 millions de dollars au compteur, tout de même), U2 fait désormais plus figure de grosse machine ronflante de l’industrie (façon Stones ou Springsteen) que de phénomène pop déclenchant la pâmoison des adolescentes et l’ire des haters à chaque nouvelle livraison. Leur nouveau clip est d’ailleurs bien loin du million de vues en 24 heures : U2 n’est pas (ou plus) à même de faire frémir le web au moindre single. Mauvais âge ? Mauvais public ? Mauvaise époque ? Bien installés dans leur costume de « meilleur groupe du monde », que personne n’a vraiment envie de leur disputer (à part peut-être Coldplay ou Muse, de temps en temps – les seuls groupes de pop-rock capables de pondre un son à la fois bien reconnaissable et bien formaté FM tout en vendant 10 millions d’exemplaires tranquilou à chaque nouvel album), Bono et ses potes ne génèrent plus forcément l’attente angoissée qu’une bande de jeunots suscite auprès du public et de la presse après avoir enchaîné les hits pendant quelques mois. On ne les attend plus vraiment au tournant, quoi : ils n’ont plus rien à prouver, voient une poignée de vieux hits régulièrement rediffusés sur les radios gold, et font grosso modo partie des meubles. Et puis bon, contrairement à 2004, où l’album How To Dismantle An Atomic Bomb a tout éclaté sur son passage (9 Grammy Awards à la clé), il n’y a pas eu de sombre affaire de vol d’une copie de travail quelques mois avant la sortie pour relancer l’attention du public.

Révélé lors du dernier SuperBowl pour le compte de Product Red, la marque sous laquelle Bono a convaincu quelques grandes marques (Apple, American Express, Converse, Nike, Motorola, Gap) de développer des produits à l’effigie du projet, vendus au profit du Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme, le single Invisible est aujourd’hui mis en image. Pas sûr que cela relance l’intérêt du public, au-delà des (nombreux) fans du groupe : le moins que l’on puisse dire, c’est que ce premier extrait du futur album (qui n’a encore ni titre ni date de sortie officielle) joue la sécurité et ne présente guère de surprises ou de ruptures par rapport au son « habituel » du groupe. Pas un hit évident à la première écoute, il a d’abord été mis en ligne gratuitement sur iTunes. Une stratégie marketing intéressante, à l’heure où seule Beyoncé à réussi à surprendre un peu l’industrie ces derniers mois, à l’échelle mondiale, avec le format osé de sortie de son dernier album. A voir si ça paiera à court terme… Mais on ne sent pas encore la patte de Danger Mouse, la moitié de Gnarls Barkley qui leur a produit Ordinary Love, la chanson nommée aux oscars de la B.O. du film sur Nelson Mandela, et qui avait surtout auparavant produit les Black Keys et redéfini le son de Norah Jones il y a deux ans. Jusqu’à présent, il y a donc tout à craindre d’un treizième album studio bien plan-plan de la part du groupe. Peut-être des surprises au prochain single ?

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