Iggy Azalea – Fancy (feat. Charli XCX)

 

Bon, l’album The New Classic se sera fait attendre, mais ça y est, on a enfin une date de sortie (le 15 avril prochain) et une couverture pour ce premier opus, distribué par Def Jam et dont le premier single, Work, est sorti il y a maintenant un an.

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Iggy Azalea, de son vrai nom Amethyst Amelia Kelly, n’a que 23 ans (même si ce n’est plus si jeune, de nos jours, pour percer dans l’industrie musicale mainstream), mais elle est dans le showbiz depuis un moment, puisque rappeuse depuis l’âge de 14 ans et mannequin depuis l’âge de 16. Une combinaison assez étrange pour une grande blanche blonde comme les blés, qui a en partie contribué à sa renommée en ligne, de même que ses premières vidéos sexy mises en ligne en 2011. Une sorte de Paris Hilton qui rappe, serait-on tenté de penser. Mais ce n’est pas si simple, puisqu’il y a dans les premières productions d’Iggy une qualité et une profondeur qui la hissent au-delà de sa vague apparence de Nabilla qui chante. La vulgarité et les textes qu’elle déploie à longueur de single sont empreintes d’une force et d’une maîtrise qui laissent peu de doutes sur le fait qu’elle sait ce qu’elle fait et ce qu’elle veut dire. On n’est pas face à une dinde qui n’aurait que ses fesses à exhiber en string et dont tout le discours et le personnage public seraient en fait dictés par un producteur peu scrupuleux, en somme.

 

 

iggy azalea fancy debate

Nouvelle pierre à l’édifice naissant de la carrière d’Iggy Azalea (un nom de scène créé selon le célèbre modèle de « ton nom d’acteur porno » : l’association de la rue où elle a vécue, Azalea Street, et du nom de son chien Iggy), le single Fancy, featuring Charli XCX (qui a écrit le I Love It d’Icona Pop), sorte de bombe pop Gwen Stefaniesque, pourrait bien lui permettre de tout déglinguer sur son passage (enfin !!), après que les pourtant très efficaces Work, Bounce et Change Your Life y aient quelque peu échoué.

 

clueless 1995

Mais la curiosité initiale pour le titre viendra peut-être davantage du clip que de la chanson elle-même, puisque ledit clip est un hommage, au mimétisme saisissant, au film Clueless, sorti en 1995. Un film qui rendit célèbre (dans une moindre mesure de notre côté de l’Atlantique) Alicia Silverstone, Britanny Murphy, Paul Rudd ou encore Jeremy Sisto. Mais il faut dire qu’en France, la mode du teen movie a mis beaucoup plus de temps à s’imposer qu’aux États-Unis, et que c’est plutôt la télévision qui a contribué à développer chez les gamins de ma génération l’image « culte » du lycée américain et de ses castes imaginaires, à travers des séries aux poncifs et aux standards aussi éloignés les uns des autres que Sauvés par le gong, Beverly Hills 90210 ou Hartley… On a toujours été un peu lents, sur ce terrain-là, en France (ou plus résistants à l’envahisseur culturel anglo-saxon).

 

 

Bel hommage, en tout cas, de la part d’une artiste qui semble avoir compris ce que son public, les chaînes musicales et Internet attendent d’elle, et en profite pour proposer un objet pop réjouissant. Quelques 250 figurants ont ainsi été recrutés parmi les fans d’Iggy sur les réseaux sociaux pour participer à la vidéo, et c’est dans le même lycée que celui qui avait servi de décor à Clueless que le clip a été tourné. Si l’on y ajoute une belle reconstitution de l’esprit des costumes de l’époque, enrichie d’un léger recul ironique et technologique, on tient peut-être l’un des symptômes les plus flamboyants du revival 90’s, pour la postérité des années 2010, et en tout cas un vrai levier de curiosité pour ceux qui, comme moi, ont un peu échappé à Clueless du fait de leur jeune âge et de leur manque de curiosité en 1995.

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