And it was legendary

 

Farhampton

 

 

C’est donc ce soir. Ce soir que CBS va mettre un point final à ce qui aura été l’une des sitcoms les plus marquantes de l’ère post-Friends des années 2000. L’avenir nous dira si elle connaîtra la même postérité et la même manière de vieillir que sa glorieuse aînée, mais je suis pour ma part convaincu que How I Met Your Mother sera perçue comme une série-culte. Parce que son pilote était l’un des plus efficaces que j’aie vu. Parce que sa rhétorique générationnelle touche encore plus à ma culture personnelle que Friends ne le faisait (l’air de rien, les personnages de Friends avaient des références culturelles typiquement US de la fin des 80’s / début des 90’s, auxquelles je me liais moins facilement : George Gershwin, Frank Sinatra, Isabella Rossellini, Cheers, etc.). Parce qu’elle a popularisé comme jamais les récits à tiroirs et à points de vue multiples dans les séries. Parce que je me suis avalé les 3 premières saisons en deux semaines lorsque j’ai, tardivement, découvert la série en 2008. Parce que je n’ai jamais perdu, en dépit des baisses de régime, mon affection pour cette série et l’impression de traîner avec un groupe de potes, ce qui l’a toujours placée parmi les « priorités » de ma séries-list (je n’ai jamais eu plus d’un épisode de retard depuis 2008).

 

Coming Back

 

La semaine dernière, Lily et Marshall, puis Barney et Robin, ont semblé arriver au bout de l’histoire que la série avait prévue pour eux, les premiers en acceptant leurs dysfonctionnements et leurs défauts, les seconds en se passant enfin la corde au cou. Aujourd’hui, puisqu’il n’y a plus que lui à « résoudre », Ted va lui aussi arriver au bout de son périple amoureux, et enfin rencontrer la Mère, dont je finis même par me demander si on connaîtra son prénom un jour, et on saura peut-être si son récit de neuf saisons était bel et bien motivé par la raison qui circule depuis l’épisode Vesuvius (et qui avait déjà largement commencé à émerger avant). Mais tout cela n’a pas d’importance, au fond. Craig Thomas et Carter Bays ont réussi à déjouer une bonne partie des pièges de la « saison de trop » et mis en place une conclusion jolie et digne pour leur série.

Si l’on compte que HIMYM a plus de saisons que des séries cultes comme Lost, Desperate Housewives, Breaking Bad ou Nip/Tuck, cela ne signifie pas que c’est une meilleure série, bien sûr, mais au moins qu’elle a su tenir le cap en termes d’audience et conserver la confiance de son public et de son diffuseur pendant un temps tout à fait respectable. Les auteurs comme les acteurs ont, globalement, fait du beau boulot, et je ne comprendrai jamais vraiment comment HIMYM n’a pas davantage brillé aux Emmy Awards ou aux Golden Globes, où des rivales pas forcément mieux écrites ou plus attachantes ont eu leur heure de gloire.

 

HOW I MET YOUR MOTHER

 

Je pense notamment à Glee, bien sûr, parce que j’ai des idées fixes sur cette série sympatoche mais trop longtemps surestimée, mais pas seulement. How I Met Your Mother a eu bien des défauts dans son déroulement, notamment certains running gags un peu répétitifs et autres intrigues ayant alourdi des saisons entières (la mort du père de Marshall, les tergiversations amoureuses de Barney post-Robin avec Nora et Quinn, par exemple), mais elle est restée drôle, à peu près cohérente et surtout attachante de bout en bout, ce dont d’autres séries ne peuvent que difficilement se vanter.

Alors certes, Ted a beaucoup traîné en route, on a été frustrés de ne pas avancer assez vite vers la résolution finale de l’histoire, certaines dynamiques relationnelles de la série (Lily / Marshall, Ted / Robin, Barney / Robin) ont été usées jusqu’à la corde quand d’autres (Lily / Ted, Barney / Marshall, Marshall / Robin) ont toujours semblé riches mais sous-utilisées… Mais au moins, la série n’a jamais donné l’impression de se foutre de la gueule de son public ou de ses personnages, comme Glee ou même Friends ont pu le faire (pauvre Phoebe…). Bays et Thomas ont aimé leurs personnages, cela s’est senti, et pour ma part cela m’a aidé à traverser sans broncher les arcs narratifs les plus discutables qu’ils aient proposés (la relation Ted / Zooey, Jeanette, le père de Lily, la relation gâchée Robin / Don, l’automne des ruptures en 2012…).

 

HIMYM-hot-crazy_scale

Je fais d’ailleurs partie des (rares) défenseurs de la saison 9, de son concept foireux consistant à ramasser une intrigue de 24 épisodes sur un seul week-end et de son rythme étrange. Cette dernière saison a eu des défauts, comme toutes les autres (le passage à vide de Marshall en bagnole avec la dame dont on a déjà oublié le nom, l’intrigue Italie vs. New York de Lily et Marshall qui n’a que trop traîné avant d’être résolue en trente secondes, les dernières tergiversations amoureuses de Ted moins de 24 heures avant d’avoir un coup de foudre pour la Mother…), mais elle a à mon sens constitué un très joli hommage à l’esprit de la série et à ses running gags (le job mystérieux de Barney, NOBODY ASKED YOU PATRICE, la personnalité nerd de Ted, la famille dysfonctionnelle de Barney, le slap bet, le romantisme enfoui de Robin, le mode ‘pause’ de Lily et Marshall, Robin Sparkles…) tout en nous permettant de faire (un peu) connaissance avec la mère. Un baroud d’honneur pour une série qui était, concrètement, déjà finie (on était tout le temps dans les deux derniers jours avant que Ted ne rencontre enfin la mère, après tout), et dont les gens ont bizarrement semblé attendre une vraie saison « normale ». De mon point de vue, en tout cas, la saison 9 a été pensée, par ses auteurs, comme une manière plutôt mignonne de dire au revoir à une série qui aura vraiment compté pour ceux qui l’ont suivie. Je ne vois pas de raison de les en blâmer, d’autant que la postérité nous montrera probablement qu’ils s’y sont plutôt bien pris.

 

 

himym-robin-sparkles

Je sais que, une fois les derniers crédits du dernier générique de fin passés, je garderai un très bon souvenir de How I Met Your Mother, de ses personnages et de sa quête existentielle parfois longuette, de sa manière unique de mettre du dramedy dans sa comédie et du supplément d’âme que les auteurs ont su ajouter à leurs personnages au fur et à mesure qu’ils grandissaient, et que dès la semaine prochaine, ne plus attendre après un nouvel épisode des aventures de ces cinq potes me laissera une petite sensation de vide. Ça ne m’empêche pas d’espérer un series finale réussi et de guetter le résultat avec un couteau entre les dents, hein, mais au final, How I Met Your Mother a fait depuis longtemps la plus grosse partie du travail de conquête de mon petit cœur de sériephile : la destination importe moins que le voyage qu’il a fallu faire pour y parvenir.

 

5 réflexions au sujet de « And it was legendary »

  1. MERCI ! La midinette que je suis apprécie que quelqu’un partage le même sentiment à l’approche de l’ultime épisode 🙂

  2. Tu m’as collé le rollmops. Tu m’as rappelé que les séries qui finissent c’est comme des amis qui disparaissent. Quand je revois Gillian Aderson (actuellement sur les affiches d’une nouvelle série), je pense à X-Files, et mon coeur saigne.

  3. Les twittos US avaient l’air furieux pendant le final (que je n’ai pas encore vu) cette nuit en tout cas. Wait and see…

  4. Tu vas faire un débriefing du dernier épisode quand même ? Moi j’ai bien aimé le concept de la dernière saison (même si certains épisodes étaient clairement ratés), j’ai bien aimé le dernier épisode aussi. Bon après je n’ai pas mie le début de l série 🙂

  5. @Jungle Ju : Franchement je suis pas sûr de faire le débrief de ce final, dont j’ai beaucoup causé sur les réseaux sociaux et sur lequel il me semble que tout et son contraire a été dit. Et surtout c’est un peu #old, maintenant, non ? Bon, peut-être que je le ferai… 😉

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