Daube de l’année 2014 : check

 

vampire academy poster

 

Je ne sais pas trop pourquoi, à bientôt trente piges, je me casse encore la tête à aller voir des films dont je ne suis clairement pas le public cible. Je veux dire, à mon âge, en 2014, un film avec le mot academy dans le titre, qui cause de vampires et de teenagers décérébrés, avec des acteurs globalement de seconde zone au casting, et des affiches dégueulasses, je ne suis pas supposé me dire « ouh la la, ça sent le trop pur film, je devrais y aller » (ça se dit encore, un « pur film », dans les cours de récré des lycées ?) (bordel, comme je suis vieux).

vampire academy zoey deutch

Et rassure-toi, hein : ce n’est pas ce que je me suis dit. Je me suis plutôt dit que ça avait l’air d’une méga-daube et que, comme ça ne me coûte que deux précieuses heures de mon temps et pas un sou de plus grâce à la magie de la carte UGC, je devais vérifier si c’était si mauvais que ça. A priori, rien ne me prédisposait même à m’intéresser à ce film, dont la campagne de communication a été plutôt discrète en France, et qui se trouvait déjà cantonné, pour sa deuxième semaine d’exploitation, dans une des petites salles miteuses du fin fond de l’UGC des Halles, avec 40 sièges et 15 ados fossilisés qui se croient discrets à s’enfiler tranquilou le big mac qui pue qu’ils ont fait passer en douce dans la salle grâce à leur sac à dos puanteur-proof.

 

Mais il y a eu ce tweet de Sarah Michelle Gellar, qui vannait gentiment (?) Zoey Deutch, l’actrice principale du film avec laquelle elle partageait le générique de feu la série Ringer, sur sa manière de tenir un pieu :

 

tweet smg
Mouarf.

 

 

Évoluant au sein d’une faune gay très marquée par le buffyverse, j’ai donc senti la sauce monter vaguement autour de ce navet qui semblait (vite fait) validé par la grande prêtresse SMG.

Le pitch selon Allociné :
Rose et Lissa ont toujours été inséparables. Elles pourraient être comme toutes les jeunes filles de leur âge, mais Lissa est une princesse vampire Moroï que Rose est chargée de protéger. Pour avoir fugué de l’académie, les deux amies sont punies et Rose est désormais surveillée par le très strict Dimitri. Sa condition devient encore plus compliquée à gérer lorsque son attirance pour son mentor grandit… Alors que Lissa hésite à assumer ses fonctions royales, ses ennemis préparent dans l’ombre un plan pour la détruire et éteindre sa lignée…

 vampire academy lucy fry

 

Est-ce que c’est aussi con que ça en a l’air ? Oui. Le film a d’ailleurs bénéficié du double combo performance minable au box-office / descente généralisée par les critiques ciné, y compris aux États-Unis où il est sorti début février, qui explique sûrement sa sortie discrète chez nous. Si on résume, c’est une sorte de mélange un peu foireux de Twilight, Harry Potter, Dollhouse et Buffy, tout en nous laissant vaguement miroiter (Mark Waters étant à la réalisation) que ce sera aussi drôle et bitchy que Mean Girls. Sauf que non (il n’y a pas Tina Fey au scénar’, hein).

 

 

vampire academy sarah hyland

 

 

C’est juste nul, il n’y a rien à sauver. Les acteurs de seconde zone qui jouent comme des pieds en essayant de faire oublier les séries qui les ont fait connaître. Le scénario cousu de fil blanc à base d’enjeux déjà vus cent fois ailleurs en mieux (la dernière de la lignée, l’élue, l’amour impossible, la mort qui rôde autour des amants). La relation crypto-lesbienne mal assumée entre les deux héroïnes. Les éléments pompés dans d’autres sagas où ils avaient été bien mieux exploités (le staff enseignant où l’on ne sait pas trop qui est un allié ou une menace façon Poudlard rajeuni, l’hypnose comme dans True Blood, les gradations dans les étiquettes humains/vampires façon moldus/sang-mêlé/mangemorts, les humains fangbangers qui se livrent volontairement comme réserves de sang pour un an avant d’être relâchés sans moindre souvenir de ce qui leur est arrivé comme dans Dollhouse, la voix off d’ado rebelle faussement distancée comme dans Juno ou Suburgatory, une méchante du lycée en toc comme dans Premiers Baisers, les scènes de sexe débutées pour avoir le temps de voir le mec torse nu mais avortées au bout de vingt secondes comme dans les pires séries MTV, les milliers de super-vampires planqués dans une grotte comme dans la dernière saison de Buffy, etc.). Le scénario adapté d’un bouquin à succès pour adolescentes repues de Twilight, mais balançant trop d’informations trop vite. La mise en situation un an après une fugue dont on ne comprend pas vraiment le sens. La tendance (hélas courante dans les premiers volets de sagas et pilotes de série) à verbaliser à outrance toutes les interactions sociales et enjeux relationnels. Le foisonnement de personnages jetés ça et là dans les pattes des héroïnes pour leur créer des interactions sociales (dont une bonne moitié ne sert à rien). Les effets spéciaux à deux balles (mention spéciale aux deux chiens enragés en images de synthèse réussissant l’exploit d’être plus moches que les loups-garous de Twilight – et ça, franchement, fallait le faire). Les acteurs anglo-saxons qui parlent avec un fake accent russe lolesque. Et bien sûr, le manque de charisme de l’ensemble…

C’est simple, c’est 1h44 de gêne absolue, franchement pas aidée par les ados crétins qui rigolaient derrière moi en battant des pieds sur le dossier de mon fauteuil. Sachant que le film a à peine couvert son budget au box-office US (moins de 8 millions de dollars, quand un blockbuster pour ados doit en glaner au moins 100 hors exploitation internationale pour « s’assurer » une suite), les chances que le second volet de la « saga » Vampire Academy voie le jour sont de toute façon quasiment nulles.

 

 

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