Free Fall

free fall forêt

 

Youhou, c’est le désert ici ? Oui c’est le désert. Je suis débordé. J’ai pourtant tant d’idées de posts, mais elles se périment avant que je ne trouve le temps de les mettre sur clavier. Pour preuve, le magnifique post qui suit, sur un film sorti il y a bien un mois… Nouvelle tentative « grand public » dans le cinéma estampillé gay, Free Fall a les défauts habituels de ses semblables (diffusion hyper limitée, production fauchée, mise en scène bof) mais ne manque pas pour autant d’un certain nombre de qualités. Au premier rang desquelles les acteurs, car même si on le dit souvent des « petits » films pas terribles qu’on oublie assez rapidement après les avoir visionnés, les acteurs peuvent, par leur présence, leur charisme et/ou leur talent, te sauver la mise et te permettre au moins de passer un bon moment.

 

Le pitch du film :
Marc est un jeune policier CRS. Il mène une vie épanouie avec sa femme qui attend un enfant de lui. Il rencontre Kay, un nouveau collègue qui vient de rejoindre son unité. La complicité des deux hommes vient rapidement à dépasser le cadre de leur travail…

 

 

 

free fall poster france

 

 

L’intelligence de Free Fall (en allemand Freier Fall, mais l’anglais c’est tellement plus vendeur, hein), outre son affiche française tellement plus jolie (pour une fois) que l’originale, c’est d’abord son timing. L’étiquette encombrante de Brokeback Mountain allemand (due aux similitudes des deux histoires, deux gars supposés être hétéros qui tombent amoureux alors que leur milieu social comme leur entourage sont a priori incapables de le comprendre ou de l’accepter) est en effet assez usurpée dans la mesure où, contrairement au drame d’Ang Lee, les amants se voient beaucoup, pratiquement au nez et à la barbe de leurs proches, et vivent donc de manière beaucoup plus quotidienne et pressante les conséquences de leur liaison. Mais aussi, et c’est là un parti pris original en l’occurrence : la période initiale de parade amoureuse, de jeu du chat et de la souris pendant laquelle les deux hommes se jaugent et s’attirent avant de céder l’un à l’autre, est en fait assez écourtée. La liaison commence très vite, et l’essentiel du film se concentre sur les conséquences immédiates de leur passion impossible.

La suite est assez classique, mais déroule bien en détails la manière dont une liaison adultère (homosexuelle ou non) peut être gérée par quelqu’un. A ce titre, le point de vue de Marc prédomine clairement, puisqu’il est celui des deux qui, en couple avec une femme, bien intégré dans son équipe de CRS, et sur le point de devenir papa, a « le plus à perdre », le bagage social le plus pesant avec lequel composer. Et l’acteur Hanno Koffler fait honneur à son personnage, en lui donnant une belle subtilité, pour une partition (le mec hétéro sans histoire qui se découvre gay et ne sait plus quoi faire) somme toute assez standard et déjà vue.

 

 

free fall

Max Riemelt, dans le rôle de Kay, le collègue « tentateur », est intelligemment laissé un peu plus en retrait, dans la mesure où, plus libre (célibataire, homo plutôt assumé et pas torturé plus que ça par la situation, et pour ne rien gâcher grand, blond, athlétique, superbe, donc susceptible d’avoir du succès dans n’importe quelle boîte gay), il ne traverse les douloureuses étapes du film qu’à travers les pressions et indécisions de Marc.

Il y a quelques moments débiles ou gênants (les réactions des proches, notamment : on se croirait dans un téléfilm des années 80 sur le coming out), des tentatives un peu foireuses de mise en scène (métaphore sportive lourdingue), mais aussi de très belles scènes entre les deux hommes, en intérieur ou en extérieur, en lumière naturelle et, du coup, assez solaires à l’écran.

La fin, faute de vraie surprise, a au moins l’avantage de rester plutôt plausible, dans la lignée générale du film. Pas le film gay du siècle, en somme (ça manque un peu de la poésie ou de la passion communicative de références précédentes du genre), mais qui valait bien le passage en salle que certains nanars intello-culs obtiennent aisément et sans que personne ne moufte.

Une réflexion au sujet de « Free Fall »

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