Friends With Better Lives (But Without A Better Concept)

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Premier candidat à la succession de How I Met You Mother dans la catégorie « sitcom héritière de Friends parlant d’un groupe d’amis autour de la trentaine », Friends With Better Lives a été lancée par CBS le soir-même du final de son aînée. Un appel criant du pied aux téléspectateurs de HIMYM pour qu’ils reviennent l’année prochaine. Tout en étant un produit radicalement différent : le ton et l’humour ne sont pas vraiment les mêmes, pas plus que l’ambiance. Ici, les personnages sont des gens plutôt installés dans l’existence, qui ne semblent pas trop post-ados (pour le moment) dans leurs comportements de consommation, ni hyper attachants à la première seconde, et qu’on voit majoritairement zoner dans un salon de pavillon de banlieue plutôt que dans un bar new-yorkais.

 

 

Les personnages de la série, en résumé : un groupe de cinq / six amis dont les statuts maritaux et (probablement) professionnels variés vont les amener à s’envier les uns les autres – très probablement pour, au final, finir par accepter leur propre condition. Ainsi, Bobby et Andi sont un couple marié un peu débordé par leur vie de parents et rattrapés par la routine, Jules est une dinde superficielle qui vient de se fiancer à un mannequin végétalien idiot (Lowell), Kate est une célibataire aigrie qui jette les hommes à tour de bras, et Will est le meilleur ami / associé de Bobby, qui refuse d’accepter que sa femme l’a quitté pour de bon… Oui, c’est une variante criante de Friends sans autre grande ambition que faire de l’audience sur les mêmes ingrédients : un couple phare, un électron libre sexuellement actif dont les « exploits » amoureux (lose ou non) dénotent avec le reste du groupe, un personnage singulièrement plus bête que les autres, un garçon romantique qui n’a pas de bol… Ne cherchons pas l’originalité, on n’est visiblement pas là pour ça.

 

 

Outre ces personnages « typés », on retrouve des éléments clés des sitcoms bien huilées des gros networks US : une certaine unité de lieu, des personnages bien archétypaux qui seront retravaillés avec le temps, des interactions sociales qui vont permettre de créer des situations variées (la relation de travail Will / Bobby, les souvenirs de fac de Kate et Jules, le mariage de Bobby et Andi, le job de Kate dans le web, le couple Lowell / Jules qui va se découvrir après s’être fiancé un peu trop vite, etc.), et des répliques faussement impertinentes ou salaces pour ne pas se sentir trop mainstream en regardant…

 

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Sauf que ça ne prend qu’à moitié. On n’en est pour le moment qu’au stade du pilote, mais on va dire que l’ensemble est un peu pâlichon, pour l’instant. Certains personnages (Kate la célibataire aigrie, Bobby le mec marié un peu blasé), bien que pas d’une folle originalité, seront a priori plus drôles et plus intéressants à creuser que d’autres (Lowell le hippie niais végétalien au physique de mannequin surfeur ou Andi la mère de famille frustrée qui ressemble à une sorte de Lily Aldrin en moins couillue). Le vrai problème, c’est que le concept de la série ressemble un peu à une fausse piste, à la manière de Cougar Town : ces « amis dont la vie est meilleure que la mienne » n’ont pas l’air de s’envier les uns les autres ou de dégager le moindre trait de caractère négatif saillant, qui leur permettrait par exemple de faire montre d’un mauvais esprit rafraîchissant en se détestant en secret les uns les autres, ou du moins en étant un peu langues de pute dans le dos de ceux qu’ils envient. Nan, Will, Kate, Jules et les autres sont juste un groupe d’amis lambda comme on en a vu cinquante en sitcoms, qui se trouvent juste ne pas avoir le même statut amoureux sur Facebook au moment où débute la série. Sauf que dans Friends ou HIMYM, il arrivait sans cesse qu’on en ait deux en couple, un en crise amoureuse, un célibataire en friche, un en période de dating… et ça ne faisait pas un concept de série, ni même d’épisode, pour autant.

 

 

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Là, le pilote appuie bien sur le « concept » à travers une succession de gags, déconnectés les uns des autres, sur les situations intimes de chacun : Andi et Bobby ont une vie sexuelle de couple débordé et fatigué (= nécessairement toute pourrite) ; Jules est une idiote romantique tendance hystéro ; Kate est une sorte de virago carriériste rigide et atroce avec les hommes ; Will refuse de s’avouer que son mariage est fini.

Bah oui mais au-delà du pilote ces constats risquent vite de tourner en boucle, et ne donnent pas à voir d’horizon beaucoup plus original que « les vies sociales, professionnelles, amicales et amoureuses d’un groupe d’amis trentenaires », sans vraiment que la notion de Friends With Better Lives n’y joue le moindre rôle. Je peux me tromper, hein, mais du coup on dirait juste Friends circa saison 9, quand Phoebe rencontre Mike, que Chandler et Monica sont mariés et que les autres sont toujours un peu dans la loose amoureuse. Ça révolutionne pas la mayonnaise, quoi.

Mais on a clairement vu bien pire dans les nouveautés de cette année, et Friends With Better Lives pourrait bénéficier d’une petite chance de durer, dans le sillage de 2 Broke Girls,  juste après laquelle elle est diffusée le lundi soir sur CBS, notamment grâce à des comédiens plutôt enjoués (même si je continue de douter de la fibre comique de James Van Der Beek en dehors des moments où il se moque de lui-même) et à une écriture plutôt rythmée. Pas la nouveauté la plus spontanément addictive a priori, mais on sera bien contents d’en trouver deux ou trois épisodes de retard en friche, par égarement, un samedi après-midi pluvieux.

 

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