2014, l’hécatombe séries ?

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Que se passe-t-il du côté des gros networks américains ? Là où les chaînes du câble présentent un ratio raisonnable séries annulées / ensemble des séries à l’antenne en ce mois de mai 2014, les chaînes « hertziennes » semblent se débarrasser de leurs shows à tours de bras. Je veux dire, il y a bien des shows renouvelés en dépit d’audiences pas forcément dingues mais la liste des annulations ne cesse de s’allonger.

 

 

Petit aperçu des séries annulées par les grosses chaînes US en ce printemps 2014 (liste non exhaustive) :

 

ABC

The Assets
Back in the Game
Betrayal
Killer Women
Lucky 7
Mind Games
Mixology
The Neighbors
Once Upon a Time in Wonderland
Suburgatory
Super Fun Night
Trophy Wife

 

CBS

Bad Teacher
The Crazy Ones
Friends with Better Lives
Hostages
Intelligence
We Are Men

 

Fox

Almost Human
Dads
Enlisted
Raising Hope
Rake
Surviving Jack
The X Factor

 

NBC

Believe
Community Community
Crisis
Dracula
Growing Up Fisher
Ironside
The Michael J. Fox Show
Revolution
Sean Saves the World
Welcome to the Family

 

CW

The Carrie Diaries
Star-Crossed
The Tomorrow People

 

Bon, en face, on a évidemment, comme chaque année, un volume à peu près équivalent de nouveautés séries annoncées pour septembre ou janvier prochain, mais tout de même, cette année un peu plus que les précédentes, il se dégage de tout cela une vague impression de panique. Au hasard (ou presque), si on regarde ABC, l’ex-chaîne reine des audiences avec Desperate Housewives ou Lost, on constate qu’il y a eu dix séries annulées alors qu’elles n’avaient qu’une seule saison (voire qu’une poignée d’épisodes) au compteur : The Assets, Back In The Game, Betrayal, Trophy Wife, Killer Women, Lucky 7, Mind Games, Mixology, Once Upon A Time In Wonderland et Super Fun Night. Je ne dis pas qu’elles méritaient toutes une saison 2, hein, mais tout de même, presque aucune nouveauté ABC de la saison 2013-2014 n’aura survécu à sa première saison (maigres survivants : The Goldbergs, Resurrection, Motive, Agents of S.H.I.E.L.D.), et la chaîne a surtout misé sur ses grosses locomotives (Modern Family, Nashville, Once Upon A Time, Revenge) et a signé un chèque en blanc à Shonda Rhimes en lui renouvelant Grey’s Anatomy pour une 11ème saison (le coup de vieux…), Scandal pour une saison 4, et surtout en lui achetant sa nouvelle série How To Get Away With Murder, qu’elle diffusera avec les deux précédemment citées le jeudi soir à la rentrée. Jeudi soir sur ABC, à partir de septembre, sera rebaptisée Shonday Night. Suburgatory et The Neighbors, deux comédies pourtant bien écrites mais jamais bien défendues par la chaîne (voire carrément bazardées), font les frais également de la manière ingrate dont ABC les a traitées, au bout de respectivement trois et deux saisons…

Sur CBS ça ne va pas beaucoup mieux avec, outre la fin de How I Met Your Mother, l’exécution sommaire de Friends With Better Lives, The Crazy Ones, Bad Teacher ou Intelligence, tandis que sur la FOX Enlisted, Surviving Jack, Almost Human, Rake et Dads ont été giclées, et que sur NBC Sean Saves The World, Welcome To The Family, The Michael J. Fox Show, Believe, Dracula et Ironside n’auront pas de saison 2…

Alors je sais bien, il y a chaque année des cargaisons de séries en danger puis annulées, et peut-être que le cru 2013-2014 a tout simplement été un peu faiblard (j’ai moi-même eu du mal à m’enfiler une de ces saisons 1 en entier – hors nouveautés du câble, seule Mom, survivante sur CBS, a réussi à me retenir) (et encore, L’Homme a dû BEAUCOUP insister), ce qui expliquerait aisément que la plupart des téléspectateurs US et des internautes européens qui téléchargent comme des porcs se soient contentés de conserver leurs habitudes de la saison 2012-2013. Mais n’y a-t-il pas aussi un problème de confiance de la part des networks ? Certes, une chaîne de télévision a des impératifs commerciaux et ne peux pas toujours laisser à une série beaucoup de temps pour trouver son public. Mais quand même, certaines annulations ont été hyper brutales, cette année, genre au bout de deux épisodes. Deux épisodes, c’est rien, pour qu’une série trouve son ton, que les acteurs commencent à être bien identifiés, qu’une fanbase commence à se mettre en place… ABC et consorts ont-elles à ce point peur de Netflix, d’Amazon ou des chaînes câblées ? Peur de proposer des histoires plus osées ou plus originales au risque de s’aliéner la « ménagère » qui ne veut pas voir sur ses chaînes « grand public » les intrigues trash / cul / glauques / ambitieuses de Showtime ou de AMC ? Peur d’un public qui clame ne pas être encore prêt à des contenus plus subversifs sur les grands networks mais qui, en fait, l’est déjà ? C’est quoi le problème, en fin de compte ?

Incapables de se faire confiance ou de faire confiance à leurs téléspectateurs, notamment en tenant compte des audiences décalées sur magnétoscope numérique (DVR), les chaînes semblent à un tournant de leurs modes de diffusion. Les DVR et téléchargements prennent de plus en plus de place mais représentent un modèle publicitaire moins rentable a priori, mais les chaînes sont d’ores et déjà obligées d’en tenir compte dans la mesure de l’audience réelle, et surtout de l’impact culturel, d’une série. On sait que si Game of Thrones a tant d’impact, ce n’est pas seulement à cause des téléspectateurs de HBO… Alors peut-être, je dis bien peut-être, les chaînes devraient-elles se préoccuper davantage d’avoir de bonnes nouveautés séries à l’antenne plutôt que des audiences énormes dès le pilote : à long terme, les audiences leur donneront raison. Et même dans le cas où l’audience de la série ne devient pas beaucoup plus large avec le temps (concrètement, Scandal, au bout de trois saisons, n’a que deux millions de téléspectateurs de plus, en moyenne, qu’à son lancement), son rayonnement, sur le web anglophone comme à l’international, ne saurait mentir, lorsqu’une fanbase se mobilise véritablement et que les aventures (généralement) soapesques de ses héros deviennent, si ce n’est cultes, du moins une des nouvelles obsessions de la pop culture et de la « planète » séries. Tu sais, ces gens auxquels ces contenus, au-delà des annonceurs publicitaires et du temps de cerveau disponible, s’adressent à la base ? Ceux qui font vivre une série au-delà de sa case de diffusion via des Tumblr, des #teammachin vs. #teamtruc, des conventions ou des memes ? Peut-être faut-il leur laisser le temps de s’attacher et de réellement devenir fans, non ?

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