La Pop-Pouffe de mai

 

Alors que je ne comprends toujours pas vraiment l’hystérie qui semble, chez certains, entourer le phénomène de la K-Pop, que je ne vois toujours pas se concrétiser en tubes FM, ventes faramineuses de singles et classements mirobolants dans les charts occidentaux (y’a un moment où, concrètement, industrie du disque en berne ou pas, c’est quand même le meilleur moyen de jauger le succès d’un artiste), quelques clips et singles, çà et là, me donnent au moins tort sur un point : il y a une influence esthétique de la K-Pop sur la musique occidentale.

 

Alexandra Stan, la chanteuse roumaine qui a débarqué à peu près en même temps que ses compatriotes Edward Maya et Inna dans les charts européens, avec son unique tube Mr Saxobeat en 2010, revient donc avec un nouveau single, peut-être annonciateur d’un nouveau registre musical… et ça pue franchement la K-Pop, il faut l’avouer.

 

 

alexandra stan cherry pop

 

 

Des décors et perruques aux couleurs flashy au refrain répétant frénétiquement un cherry pop pop pop de synthèse, en passant par les danseurs en combinaison argentée shirtless, cet hommage au tennis, forcément sorti pour attirer les amoureux de Roland Garros (Non ? Ah bon) ne peut qu’évoquer, à un œil et à une oreille un minimum avertis, les groupes de jeunes dindes asiatiques surfant sur une esthétique kawai fluo, en entonnant en chœur des ritournelles dance un brin répétitives. Dieu sait que la K-Pop, ce n’est pas que ça, mais sa branche ayant une chance d’attirer le regard occidental blasé par ses aspects criards reste quand même celle des hymnes dance pour foules clubbeuses en délire. En un sens il n’est pas illogique que les prêtresses roumaines de la dance puissent se laisser tenter par un rapprochement esthétique, que ce soit par simple hommage ou un peu plus.

On ne sait pas trop si Alexandra Stan a trouvé sa « vraie voie » artistique, si elle tente un coup de buzz opportuniste, ou si elle s’offre une récréation acidulée pour marquer le coup de sa « libération » (elle a quitté et porté plainte contre son manager, qui la tabassait, en 2013) (ambiance). Mais en tout cas, elle aura au moins eu le mérite d’attirer l’attention sur elle, à nouveau, alors qu’on l’avait quand même un peu oubliée. Est-ce que cela suffira à faire de Cherry Pop un tube de l’été ? Vu les précédents des singles K-Pop dans les charts français et le léger has-beenisme de la dance roumaine, rien n’est moins sûr…

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