Pills N Potions

 


On ne devrait jamais enterrer une star mondiale trop vite. Nicki Minaj nous a pourtant bien tentés dans ce sens-là ces derniers mois, avec des déclarations tonitruantes nous expliquant que sa période club bangerz / collaborations dance avec David Guetta et tous les wunderkind de l’EDM, c’était fini. Qu’elle ne ferait plus jamais de titre du style de Super Bass, de Pound The Alarm ou de Starships. Et en nous balançant des chansons et des collab’ bien hip-hop, bien gangsta, sans refrain pop ou appel du pied en direction des clubbers, elle confirmait qu’elle rentrait dans le rang des rappeurs qui ont fait quelques hits pour se faire remarquer puis qui se remettent à œuvrer dans une sphère musicale plus « respectable » pour les puristes. Perso je me disais que c’était du suicide et qu’elle allait finalement bel et bien devenir la nouvelle Lil’Kim : une meuf qui a eu trois tubes mainstream il y a quinze ans et qui continue plus ou moins de sortir des trucs street cred’ dans l’indifférence quasi-générale.

 

 

 

nicki-minaj-pills-n-potions-single

 

Et puis voilà qu’elle balance sur les internets une power ballad au refrain monstrueux, qu’on sent bien taillée pour les charts : Pills N Potions. Et pour cause : elle a été co-écrite par Dr Luke, à qui l’on doit, rien que ces derniers mois, le Roar et le Birthday de Katy Perry, le We Are One de Pitbull et JLo, le Dare (La La La) de Shakira (oui, le coquin s’est assuré le gros des royalties musicales de la Coupe du Monde 2014), Wrecking Ball de Miley Cyrus, et à peu près toute la carrière de Ke$ha. On sent bien que le refrain aurait pu être chanté par Rihanna ou par une autre dinde interchangeable du R’n’B, mais on ne boude pas son plaisir de se dire que Nicki Minaj ne va pas disparaître du radar pop en 2014, et que The Pink Print devra peut-être bien, finalement, une partie de son titre à l’univers mélodique et bariolé qui a fait de la rappeuse l’une des nouvelles superstars mondiales les plus rafraîchissantes de ces dernières années.

Concernant la chanson en elle-même, elle fait la part belle au rap dans les couplets, mais plaira par sa thématique, si mainstream de nos jours, des difficultés d’un amour tantôt extatique, tantôt toxique. Ou comment les faiseuses de hits insufflent sans relâche une philosophie de l’amour dans laquelle doit prendre le mauvais autant que le bon. Nicki Minaj, quatre ans après la ballade sensible Fly qu’elle avait chantée en duo avec Rihanna, se joint de nouveau aux rangs des prophètes pop des relations amoureuses, et livre peut-être son single le plus surprenant (surtout au regard de ces derniers mois, donc), car le plus accessible. Et elle en renverra plus d’un à ses propres turpitudes. J’avais craint qu’elle me manque, apparemment elle n’était même pas partie.

 

 

Pills and potions
We’re overdosing
I’m angry but I still love you
Pills and potions
We’re overdosing
Can’t stand it, but I still love you
I still love, I still love
I still love, I still love
I still looooooove

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