Faut-il revenir un jour ?

Revenir-un-jour

 

Je suis parfois d’un snob, c’est affreux. Genre je suis pétri de préjugés, méprisant, je pète plus haut que mon cul et je crois que ça sent la rose, un truc de dingue. Donc bon, les divertissements populaires du genre pièces de boulevard, grosses comédies populaires avec Dany Boon ou Franck Dubosc au générique, ou Théâtre des Deux ânes, au mieux j’y vais avec mon second degré le plus arrogant de vieux parisien qui vaut bien mieux que ça mais qui condescend à s’amuser avec les codes de la plèbe, ou alors (plus souvent) je me borne à décréter que c’est pas pour moi et je me complais dans ma méconnaissance du truc. Ça c’est pour te poser le décor du mec qui se rend à la première d’une pièce de théâtre écrite par Franck Le Hen, entouré d’attachés de presse et de demi-peoples qui avaient vaguement une émission ou un clip sur M6 au détour de l’an 2000 : le mec est mal à l’aise d’avance et n’a pas beaucoup d’attentes quant à la qualité de ce qu’il va voir sur scène. Enfin, il ne s’attend pas à du Racine, quoi. C’est normal, le mec est du genre snob qui refuse d’aller voir les films de Kev Adams juste par principe, c’est te dire le niveau d’objectivité et de légitimité de ce qui va suivre (je précise, hein : zéro).

 

Franck Le Hen, donc, on le connaît surtout parce qu’il a réussi la synthèse hautement improbable entre théâtre gay (sous-genre dont j’ai déjà dit tout le mal que j’en pensais) et théâtre populaire. Les homos préfèrent les blondes, sa pièce à succès de 2007, puis Bonjour Ivresse ! en 2010, lui ont ainsi permis de créer une sorte de sous-catégorie bien à lui de comédie : le vaudeville gay. Des pièces qu’on reconnaît aisément à leur affiche dans le métro, soulignant un esprit de troupe et une préférence pour de beaux jeunes hommes trentenaires dont on comprend confusément qu’ils sont gays.

 

 

les homos préfèrent les blondes

 

 

Bonjour ivresse

 

 

L’affiche de Revenir un jour, la nouvelle pièce de l’auteur, mise en scène par Olivier Macé, laisse entendre qu’on va être face au même genre de vaudeville où malentendus et quiproquos rythmeront de manière comique et relevée des turpitudes amoureuses, dont au moins une partie se dérouleront entre garçons. Sauf que pas du tout. Le titre, et de nombreux éléments de la pièce, renvoient bien évidemment à l’univers des boys bands, et plus précisément aux 2Be3, specimen resté le plus célèbre de ces groupes jetables de garçons mannequins-danseurs-pas-tout-à-fait-chanteurs qui avaient cartonné dans les pays anglo-saxons avant de débarquer chez nous entre 1995 et 1998, puis de se ringardiser aussi sec. Si de rares groupes anglophones issus de la « mouvance » boys band ont réussi à maintenir, au-delà de ces brèves années dorées, un semblant de succès grâce à un songwriting de qualité, un nouveau ciblage marketing et un virage musical vers la « maturité » (Take That, Backstreet Boys), force est de constater qu’en France, il n’en reste rien dans les charts de nos jours, en dehors d’un vague Matt Pokora arrivé cinq ans plus tard, mais qu’on serait bien en peine d’associer vraiment, aujourd’hui, au gros sac à has beens que constituent les G-Squad, Alliage, et autres malheureux Allan Théo (boys band à lui tout seul) qui ont dû faire face au cruel désamour du public.

 

 

On peut assez facilement imaginer que ce thème, dans la pièce, soit venu à l’esprit de Franck Le Hen pour deux raisons : 1) les boys bands, français ou non, ont constitué une étape décisive dans l’évolution et la popularisation des représentations homo-érotiques dans la culture mainstream, même si ces petites allumeuses faisaient mine de ne pas s’en rendre compte à l’époque, et 2) l’auteur a travaillé, dans sa précédente pièce, avec Frank Delay, ex-membre des 2Be3 reconverti dans le théâtre, mais toujours renvoyé à son statut d’ex-chanteur playback bodybuildé. L’un des personnages de Revenir un jour, un ancien chanteur de boys band devenu père de famille et acteur de théâtre ne courant pas du tout après l’attention des médias, évoque d’ailleurs furieusement le profil de Frank Delay.

De même pour les autres personnages, campant donc un ancien groupe (1A4, allusion à peine voilée à 2B3) se lançant dans une tournée des années 2000 (de type Star 80 ou Les années Dance Machine), ils sont de subtils mélanges entre différentes figures médiatiques (et bien souvent ravagées) de l’époque boys band : les ombres de Filip Nikolic et de Quentin Elias planent lourdement sur la pièce, tandis que Christine Lemler, ex-vedette de Classe Mannequin et de Sous le Soleil (selon les générations et les sensibilités), campe une crypto-Ophélie-Winter-Séverine-Ferrer reconvertie dans la branche plus « sérieuse » du showbiz, la production… Bon, elle a juste 20 ans de plus que le personnage dont elle est supposée être le love interest, mais on passe outre.

 

 

Tous ces éléments font que Revenir un jour est, davantage que les précédentes pièces de Franck Le Hen, une sorte de superproduction théâtrale (avec bande-annonce et séquences filmées intégrées à la pièce) bourrée de clins d’œil et de références mainstream bien compréhensibles pour le grand public… et c’est là son principal défaut, en fait. Parce qu’au-delà des allusions à tel ou tel groupe que l’on s’amuse à décrypter (et ça ne prend pas non plus dix ans, hein), la pièce a un défaut : elle n’est pas très drôle. Je ne suis pas le public le plus facile du monde, je le reconnais, mais quand c’est drôle je ne boude pas mon plaisir, y compris quand l’humour est lourdingue. Mais là, j’ai séché. A vouloir brasser de plus en plus large à mesure que le succès de ses pièces grandit, Franck Le Hen semble ne plus trop savoir à qui il parle : aux gays ? aux ex-adolescentes des années 90 ? aux jeunes d’aujourd’hui ? aux vieux qui ont toujours été largués et gentiment moqueurs face aux phénomènes pop jetables ?… On le sent bien, il veut s’adresser à tout le monde. Mais du coup, il n’embarque personne. Parce que l’écriture est poussive. Parce que les personnalités les plus « intéressantes » sont à peine dessinées et finissent réduites à leurs « démons » (drogue, bêtise, gloutonnerie, amour de l’argent). Parce qu’il devient difficile, en 2014, de provoquer un fou rire avec la seule mention du mot « porno », et qu’à vouloir épargner des gags trop triviaux ou trop trash à Madame Michu, on ne fait pas non plus rigoler le gay trentenaire harcelé d’affiches du spectacle dans le Marais (perso, entendre que l’un des personnages a fait, comme Quentin Elias, une vidéo porno solo, ne suffit pas à me faire tomber de ma chaise de rire). Parce que les enjeux de Revenir un jour ne sont pas très comiques, non plus.

Et c’est peut-être là la force cachée de la pièce, en fin de compte : marketée comme une comédie de boulevard hilarante sur les has beens, elle se révèle bien plus pertinente dans sa gravité. Voulant à tout prix nous arracher des rires, Revenir un jour enchaîne les lourdeurs (numéro dansé exécuté deux fois en moins de cinq minutes histoire que les répétitions soient bien rentabilisées, blagues sur le surpoids, sur les tabloïds, sur la presse haineuse des artistes, toutes déjà vues et entendues mille fois) et les questionnements égocentriques d’un petit groupe de personnages repliés sur eux-mêmes, alors qu’elle laisse entrevoir, par fulgurances, le riche thème que Franck Le Hen a semblé vouloir aborder (et peut-être eût-il dû, pour cela, assumer une direction un peu plus dramatique pour sa pièce) : le rapport à soi-même et au public chez des jeunes gens aimés et jetés trop vite, qui se retrouvent dans l’embarrassante position d’être en fin de carrière avant leurs trente ans. Comme le disait l’auteur lors de la campagne de financement qu’il avait lancée sur KissKissBankBank pour financer cette pièce, « J’ai écrit ce spectacle afin de rendre hommage à ces gars qui nous ont diverti sans relâche et qu’on a laissé tomber aussi vite qu’ils sont arrivés. » Bah c’est très bien mais peut-être aurait-il fallu les confronter davantage à des personnages de fans, d’ex-fans, de producteurs plus ou moins bien intentionnés, de membres de leurs familles ou que sais-je pour nous mettre de manière un peu plus concrète face au désamour que vivent les anciennes stars adulées puis tournées en ridicule. Là on voit juste des has beens qui bitchent et qui dansent mal parce qu’ils sont un peu rouillés dix ans plus tard (= la base qu’on attendait à la lecture du pitch), et dont les états d’âme sonnent assez faux, ou en tout cas trop attendus, vu qu’ils ne sont confrontés qu’à leurs ex-camarades de succès, et franchement ils en font des caisses (pas sûr que la toxicomanie soit un état humain qui se prête bien à la grandiloquence du phrasé de théâtre). Dommage.

Une « originalité », toutefois, aura été de faire des deux mecs de la distribution fréquentant le plus assidûment le Club Med Gym les hétéros de la pièce. Même si l’homosexualité est ici abordée de manière un peu old school (franchement les dialogues sur le sujet auraient été subversifs il y a vingt ans, là ils sonnent bien timides), au moins l’est-elle avec des personnages qui n’exhibent pas des abdos pour Une de Têtu. Mais coincée entre sa volonté de proposer vanne sur vanne pour ne pas déstabiliser son public « habituel » et celle, plus dramatique, d’aborder la manière dont la célébrité érigée en seul critère de réussite pousse des gamins à ruiner leurs vies (surtout depuis l’essor de la télé-réalité en France, hélas pas abordé ici), Franck Le Hen ne fait que survoler ses sujets et propose, en fin de compte, une pièce surprenante par le peu de choses qu’elle raconte, et le peu de situations originales ou accrocheuses qu’elle met en scène. D’ailleurs, faut-il vraiment revenir un jour ? N’est-on pas, parfois, mieux après la célébrité ? Doit-on impérativement y revenir pour s’épanouir à nouveau ? La pièce ne questionne pas son titre, qu’elle limite à son clin d’oeil à Partir un jour et à son enjeu de come back. Et évidemment comme c’était une première et que tout le monde a plus ou moins été invité, j’ai été le seul snob de service à lâcher un « bah c’était pas génial, hein » à l’Homme, avant qu’il ne me traîne à l’extérieur pour que je ne lui foute pas la honte devant Amanda Lear. Snob et insortable.

11 réflexions au sujet de « Faut-il revenir un jour ? »

  1. pour quelqu’un qui n’aime pas Franck Le Hen tu connais bien son parcours lol peut-etre es tu simplement jaloux? je dis ça je dis rien…et soi honnête aussi car j’étais dans la salle à la première et les gens étaient mort de rire donc si c’est drôle c’est juste que toi tu n’as pas trouvé ça drôle et en plus d’etre drole cette fois ci c est aussi émouvant. Tu as peut etre raté une carrière ou tu n’arrive pas à réussir je ne vois que ça comme explication car les pièces de Franck Le Hen sont divertissantes et loin d’être connes? En tout cas pour quelqu’un que tu n’aimes pas tu lui consacres beaucoup de ton temps (articles, tu vas voir ses pièces…) pourquoi ne pas simplement nous parler des gens et des spectacles que tu aimes?

    1. Et allez, c’est parti pour les réactions offusquées de fanboys et fangirls ? On me dit toujours « Don’t feed the troll », mais dans le doute je me fends d’une réponse.

      Ici c’est un blog, pas un magazine en ligne, c’est donc mon avis et pas un contenu journalistique prétendant être la vérité définitive et absolue sur la pièce. Donc oui, c’est mon avis, et oui, je n’ai pas trouvé la pièce très drôle. Cela n’engage que moi et mon opinion n’est pas la vérité absolue.

      Je n’ai jamais parlé de Franck Le Hen avant parce que je n’en avais pas pris le temps. Je n’ai d’ailleurs vu qu’une seule de ses précédentes pîèces. Je trouve ça chouette qu’il y ait un auteur qui réussisse à créer et occuper avec succès un créneau de théâtre « gay et populaire », et il me semble par ailleurs reconnaître certaines qualités à la pièce, mais je pense que l’humour déployé ici est trop « sage » pour moi, voila tout. Restons calmes, ce n’est qu’un billet de blog, dans lequel je conviens moi-même de mon snobisme. Je n’ai rien contre Franck Le Hen et j’irai probablement voir sa pièce suivante, mais je trouve que Revenir un jour aurait mérité (à MON goût) soit un traitement plus ouvertement dramatique de son sujet, soit un humour plus corrosif. Là j’ai trouvé que c’était un entre-deux plein de scènes assez convenues. Ce qui n’enlève rien aux mérites et à l’énergie sympathique des gens qui ont bossé sur cette pièce, ni au fait que d’autres personnes puissent trouver la pièce drôle ou géniale. Ce n’est simplement pas mon cas.

  2. Détends toi! tu as le droit de t’étaler narcissiquement sur tes opinions sur ton blog public mais on ne peut pas te répondre? enlève les commentaires dans ce cas là;)
    Je ne suis pas un fan mais c’est vrai que j’ai beaucoup aimé la pièce et je trouve ton billet injuste car tu fais passer cette pièce pour un coup commercial alors que j’ai suivit son financement et au contraire Franck Le Hen a fait d’abord appel aux internautes pour produire un show case sans aucune prod derrière lui; bref oui j’avais envie de le défendre désolé, je trouve juste que c’est dommage de sentir que tu boudes ton plaisir alors qu’il fait des « feel good play » (je viens d’inventer l’expression)bon j’admet je dois être un peu fan…;)

    1. « c’est dommage de sentir que tu boudes ton plaisir alors qu’il fait des « feel good play » »

      Je n’ai probablement pas les bonnes attentes, alors. Avec un sujet de comédie aussi pop j’attendais des choses plus camp / trash / edgy / queer alors que c’est de l’humour très grand public, pas très « froissant », sur les gays ; ça ne pouvait pas marcher sur moi, mais disons que ça a au moins le mérite d’exister sur le « marché » du théâtre populaire.

      Les aspects dramatiques de la pièce, qui constituent à mon sens une matière plus intéressante, je l’ai dit, sont quant à eux traités de manière assez convenue , et le côté « feel good » plein de bons sentiments (trouver la sobriété et la rédemption dans la paternité, sérieux ? c’est cliché à mort) parasite un peu l’impact que la « descente aux enfers » du héros pourrait avoir sur le public ou même sur l’histoire. En tout cas pour moi. Explorer une situation limite, ou même le spectre de la mort, aurait été plus couillu, même si ça aurait aliéné à l’auteur une partie de son public ; au moins ça aurait marqué les esprits sur le sujet de la pièce, « ces gars qui nous ont diverti sans relâche et qu’on a laissé tomber aussi vite qu’ils sont arrivés ».

      Bref, on n’est pas d’accord et c’est pas grave, la pièce est visible tout l’été au Palais des Glaces, j’espère qu’elle trouvera son public. 🙂

  3. dans la pièce on parle de coke, de porno gay, de producteurs qui invitent ses petits protégés dans leur maison de campagne, de la descente aux enfers de certains, de la reconversion pathétique des autres, de It boy et It girl…c’est cliché de trouver un sens à sa vie quand on est père? peut etre que si ça t’arrive tu trouveras ça beau et pas cliché du tout…quand au spectre de la mort et bien si tu ne l’as pas vu dans le personnage d’Edouard Collin c’est que tu as vu une autre pièce…et puis au final Franck Le Hen fait bien ce qu’il veut il n’a pas écrit la pièce pour toi et au final je me dis que plutôt que de descendre des pièces auxquelles tu es gracieusement invité tu devrais te mettre au boulot et nous faire partager tes partis pris moins convenus et ta vision révolutionnaire en écrivant des pièces, je crois qu’il reste des créneaux dans la petite salle du Rond point à 18h30;)

    1. Non, tu ne veux pas débattre, tu veux avoir le dernier mot. Tu es en mode fanboy et tu recommences à m’accuser subtilement d’être un artiste raté avec tes arguments du type « si t’es si malin t’as qu’à faire mieux espèce de nobody », donc je coupe court avant que tout ce « débat » ne devienne définitivement stérile. Je n’ai aucune carrière ou ambition artistique, je félicite Franck Le Hen et tous ceux qui se bougent pour faire vivre la scène parisienne, je sais que c’est dur et qu’ils ont du mérite de ne serait-ce que réussir à mettre une pièce sur pied.

      Mais là je trouve qu’on a fait le tour (« je trouve que c’est cliché » « non c’est pas cliché » « ouais ok t’as trop raison j’ai trop tort, pardon voila je m’auto-flagelle de ne pas avoir aimé » qu’est-ce que tu veux que je te réponde, au bout d’un moment…) et franchement j’ai autre chose à faire. On n’est pas du même avis, cela me semble établi. Passons à autre chose. 🙂

  4. Ben moi je trouve qu’au final ces commentaires étaient intéressants car on voit que tu peux être un peu plus objectif que ton billet masturbatoire mais par contre que tu as moins d’humour quand on est pas d’accord avec toi et si tu as autre chose à faire arrêtes de me répondre;)
    au final le cliché c’est toi, la fameuse « mauvaise » du milieu enfermée dans son univers avec ses œillères qui l’empêche de voir qu’il existe autre chose que son petit nombril et qui croit tout savoir. Merci tu m’as effectivement fait réalisé que je suis un fanboy de Franck Le Hen alors que je ne le savais pas;)

    1. Tu aimes avoir le dernier mot, toi, hein ? Tes commentaires agressifs n’invitent pas vraiment à l’humour, et d’ailleurs c’est toi qui me contredis sur un ton sérieux, je t’ai donc répondu sans faire d’humour, parce que j’essaie de respecter mon interlocuteur, a fortiori lorsque je ne suis pas d’accord avec lui et que nous essayons d’argumenter : j’ai simplement essayé de ne pas polluer l’argumentation avec des vannes qui auraient risqué de faire partir l’échange encore plus en vrille. Au final on n’est pas du même avis, des gens aiment la pièce et d’autres n’aiment pas (ou alors, il n’y a que moi, et ça reste mon droit le plus strict), et ça ne me paraît pas être un drame, mais tu ne me lâcheras pas avant que je me range à ton opinion sur le sujet. J’ai mis de l’eau dans mon vin au cours de nos échanges, et même mon billet « masturbatoire » m’a semblé reconnaître des qualités à l’auteur, mais de ton côté tu n’as pas bougé d’un iota et tu es de plus en plus désagréable. Ce débat n’en est plus vraiment un (l’a-t-il seulement été ?), tu me trolles et tu me fatigues, là.

      Ravi d’avoir rendu service concernant ta prise de conscience en tout cas.

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