X-Men : quand y’en a plus, y’en a encore

 

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Je dois avouer que je ne suis pas hyper fan de Marvel, ni de la saga X-Men, du coup. Trop de bruit autour des adaptations ; de querelles de geeks autour des histoires développées, des castings et des comics d’origine ; d’esprit conquérant de blockbuster bourrin qui écrase toute la concurrence sur son passage ; de fans motivés qui monopolisent la parole prise sur le sujet ; de critiques dithyrambiques qui te privent du droit de trouver ça à chier ou, plus grave encore, de t’en foutre. J’ai envers les X-Men la même posture blasée d’ado faussement rebelle qui se plaît dans ses positions uniques et contradictoires, juste pour ne pas être comme tout le monde, que j’ai pu avoir avec Le Seigneur des Anneaux ou Harry Potter. Une période « naturelle » de résistance. Et probablement, aussi, parce que l’univers de la saga ne m’attire pas. Si j’ai toujours réussi à apprécier Spiderman, son gentil Peter Parker et ses intrigues amoureuses bien rebattues auxquelles il est si simple de s’identifier, l’univers X-Men est trop foisonnant et ressemble à mes yeux à un champ de bataille de figurines Mattel laissées en plan par un garçonnet de 6 ans. Et moi j’avais des Petits Poneys.

Tout ça pour dire que, bon an mal an, j’ai fini par céder à la pression extérieure et me suis enfilé les 3 premiers films de la saga X-Men, ainsi que le prequel X-Men : First Class qui a relancé la saga en 2011, dans une sorte de reboot / reprise. Et donc que, même si ce n’était pas top priorité sur ma ciné liste, je me suis laissé traîner devant X-Men : Days of Future Past, le blockbuster plombé-par-les-casseroles-judiciaires-de-son-réalisateur-mais-pas-trop.

 

 

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Première chose à retenir, X-Men : Days of Future Past mélange deux époques, ce qui est finalement assez logique vu son titre. Les deux castings (de la première saga et de X-Men : First Class) sont donc amenés à se côtoyer à l’écran. Enfin pour faire plus simple, on a limité les interactions essentielles à Wolverine vs. les gamins de la nouvelle saga, et on a décidé que Jennifer Lawrence remplacerait définitivement Rebecca Romijn dans le rôle de Mystique. On retrouve donc Brandon Hoult, James McAvoy, Michael Fassbender d’un côté, et Patrick Stewart et Ian McKellen de l’autre, interagissant les uns sur les autres depuis des époques différentes. Le défi de faire tenir autant de personnages joués par tant d’acteurs célèbres était immense, et cette structure narrative sur deux époques tient assez bien la route, permettant aux fans de la saga commencée en 2000 de communier avec les djeunz d’aujourd’hui.

 

 

 

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Si on peut apprécier le rythme et la profondeur psychologique des personnages (l’histoire prime beaucoup sur l’action), on regrettera toutefois que X-Men : Days of Future Past se concentre essentiellement sur quatre personnages : Wolverine, Mystique, Magneto et Charles Xavier. Dommage de n’avoir pas, comme dans le précédent, laissé une place à un humain « ordinaire » autre que le bad guy dans le nœud de l’intrigue (Rose Byrne / Moira MacTaggert occupait cette place dans X-Men : First Class) et d’avoir mis l’obscurantisme humain contre le surnaturel en exergue comme ça, sans voix divergente autre que celle des X-Men eux-mêmes. Et du même coup, les « nouveaux » mutants sont plutôt sympas mais peu explorés : comme on pouvait le craindre, et en dépit de sa présence sur les affiches française, Omar Sy / Bishop n’a que trois lignes de dialogue, Ellen Page / Shadowcat est criminellement laissée en retrait malgré son rôle pivot dans l’intrigue (en attendant le prochain film ?)… Heureusement, Evan Peters / Quicksilver bénéficie d’une scène hyper cool, même s’il disparaît aussi vite qu’il est apparu.

L’autre problème de ce film, c’est sa fin, qui semble clore la saga de manière satisfaisante, et qui pourtant s’ouvre sur un « teaser » relativement abscons laissant entendre que tout ça n’est toujours pas fini : bah oui, mais comment qu’on va se refaire plein de sous avec notre suite X-Men : Apocalypse en 2016 si l’intrigue est bouclée, hein ? Bah il faudra bien trouver un truc. Et de toute façon la peur de la différence est un filon intarissable pour nourrir une histoire, hein. D’autant que la longue métaphore filée que constitue la saga X-Men fait ça très bien, et avec pédagogie. Très divertissant, X-Men : Days of Future Past aura eu, au minimum, le don de nous rendre curieux de ce que sera sa suite. Ce qui, finalement, était probablement son objectif premier.

2 réflexions au sujet de « X-Men : quand y’en a plus, y’en a encore »

    1. Tu as raison, et c’est même Nicholas Hoult, que j’ai pour le coup confondu (de nom, pas de tête, hein) avec Brandon Routh, le mec mono-expressif qui a joué Superman dans Superman Returns, le reboot raté tenté en 2006 par… Bryan Singer. Wow, comment je suis retombé sur mes pattes ! 😉

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