La Pop-Pouffe de juin

 

 

Il grimpe, il grimpe, doucement mais sûrement depuis sa sortie en avril, le single de Rita Ora… Au point de commencer à prendre part à la course des tubes de l’été, et ça ne peut que faire du bien à sa carrière. Car Rita Ora, chanteuse britannique née au Kosovo en 1990, a cette particularité des jeunes égéries de la blogosphère musicale dont on nous rebat les oreilles depuis quelques années : les Azealia Banks, Little Boots, M.I.A., Allie X, Katy B, Havana Brown, Sky Ferreira… qui sont quand même plus famous for being famous que pondeuses de hits. Tu sais, ces meufs dont on nous annonce le premier album, voire le premier single, des mois à l’avance, et qui à l’arrivée sortent un (très) vague tube un an et demi après dans l’indifférence générale (à part de la part de la presse musicale, ce milieu où tout le monde se fait arbitre des élégances mais où personne n’achète de disques), trop occupées qu’elles sont à montrer leurs gueules dans les fashion weeks et les rubriques people de la presse féminine… C’est un peu comme Cara Delevingne ou Kim Kardashian, qui ne sont pas chanteuses mais dont on a envie de dire, à un moment : qui sont ces meufs ? qu’est-ce qu’elles foutent dans mon Closer ? je suis censé les connaître d’où ?

 

 

 

Rita-Ora

 

 

Bon, en exagérant moins, disons que Rita Ora et ses copines de la pop hype sont surtout des chanteuses dont le succès, réel ou d’estime, peine grandement à dépasser les frontières d’un marché anglo-saxon pas si hégémonique que ça, puisqu’il y demeure encore des spécificités culturelles qu’ils n’arrivent pas à nous fourguer.

 

Rita Ora, donc, c’est un nom qu’on voit circuler en ligne depuis 2011, et c’est vrai qu’elle a eu du succès au Royaume-Uni, puisqu’elle y a classé 4 singles en tête des charts (un record, pour une artiste féminine britannique, qu’elle partage avec Geri Halliwell). Mais en dehors de quelques aperçus de ses looks dans la presse, je n’avais perso jamais poussé la curiosité jusqu’à vraiment chercher à l’écouter… et du coup, comme ce n’est pas exactement une tueuse dans les hit-parades européens, bah aucun robinet à hits ne me l’avait matraquée dans les oreilles jusqu’à présent.

 

 

RITA-ORA-I-Will-Never-Let-You-Down-2014

 

Cela pourrait donc changer assez vite, puisque son dernier single, écrit pour elle par son amoureux Calvin Harris, ironiquement titré I Will Never Let You Down (Rita Ora et Calvin Harris ayant, depuis annoncé leur séparation), commence à percer dans les charts européens, où il a intégré le Top 20 en Suisse, en Autriche, en Allemagne, en Belgique, en Irlande, mais aussi bien plus loin, en Australie et en Nouvelle-Zélande, et même aux États-Unis, où il a été n°1 du Billboard Hot Dance Club Songs la semaine dernière (alors que son premier album, Ora, retardé puis miné par des problèmes de promotion, n’y est finalement jamais sorti) (un fait assez rare pour un album classé n°1 en Angleterre à sa sortie).

 

 

On retrouve, dans le son dance de la chanson, un peu de la signature de Calvin Harris, sans pour autant tomber dans le gros club banger qui tâche : il y a un fond de mélodie assez harmonieux, un joli refrain pop, et une subtile mélancolie d’ensemble qui ne sont pas sans rappeler les efforts de Calvin Harris pour Rihanna ou Florence Welch, ou bien dans un registre différent, les chansons pop de Whitney Houston à la fin des 80’s (Rita Ora revendique d’ailleurs l’influence de How Will I Know, pour ce titre).

 

 

Si sa montée en puissance se poursuit, I Will Never Let You Down pourrait donc bien nous accompagner tout l’été et, pourquoi pas, se frayer un chemin d’ici la rentrée vers le sommet des charts français (dont les voies sont toujours aussi impénétrables)…

 

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