Mystery Girls, le méta pour seul argument

 

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Kelly Taylor et Donna Martin te manquent ? Tant mieux, parce que c’est à peu près la seule raison valable (et encore, franchement…) de se fader la nouvelle série d’ABC Family. Bon, déjà, ABC Family, c’est pas forcément le royaume de la subversion ou de l’humour corrosif en télévision. Reste que la chaîne « jeunesse » du groupe ABC a su, par moments, proposer des comédies qui, sans être hilarantes, proposaient des scénarios et des caractérisations intéressantes et progressistes (Greek, The Fosters).

 

 

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Du coup, c’est presque à se demander comment Mystery Girls, qui est à mi-chemin entre la petite production fauchée et le vanity project suicidaire pour ex-stars des 90’s, a atterri là, avec son humour qui tombe à plat et ses personnages à la personnalité consternante de clichés hystéros rebattus.

 

 

Le pitch : Holly (Tori Spelling) et Charlie (Jennie Garth) sont les deux anciennes vedettes de Mystery Girls, une série policière des années 1990. Si Charlie est passée à autre chose et s’est installée dans la vie avec baraque et mari, Holly est restée une créature un peu pathétique de la sphère people s’accrochant à sa gloire passée. Mais voilà qu’une opportunité professionnelle se présente à elle : ouvrir leur agence de détectives et devenir, pour de vrai, les enquêtrices dont les talents ont fait leur réputation…

 

 

 

Bon, le principe est con-con, et d’ailleurs ce n’est même pas le vrai pilote qui a été diffusé par ABC Family, mais l’épisode qui était initialement prévu pour être l’épisode 2 : on n’assiste donc même pas à la naissance de la collaboration professionnelle entre les deux anciennes actrices, et on ne sait pas trop sur quelles bases tout cela démarre (si elles étaient restées en contact depuis vingt ans, si elles ont rencontré des obstacles, etc.).

 

 

Je sais pas toi, mais moi quand un pilote n’est pas diffusé, je trouve toujours que c’est mauvais signe… Cet épisode 2 transformé en pilote reste tout à fait lisible et compréhensible, hein, c’est juste que ça démarre un peu comme si ni les personnages ni leur contexte n’avaient besoin d’être un minimum « introduits », donc bon, ça fait un peu bâclé.

 

 

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Reste une ambiance de sitcom old school pleine de dérision (décors en carton, couleurs criardes, générique animé évoquant Une Nounou d’Enfer) évoquant furieusement les 90’s, et le plaisir méta de retrouver deux anciennes héroïnes d’une série-culte camper deux anciennes héroïnes d’une série-culte (a fortiori dans la mesure où elles incarnent des archétypes assez proches de leurs véritables identités médiatiques actuelles : Jennie Garth tranquillement rangée du star system vs. Tori Spelling en petite fille gâtée continuant à courir après le buzz à grands coups de télé-réalité et de paparazzades). Mais ça reste franchement les seuls « intérêts » de la série. Les gens qui n’en ont rien à battre de Jennie Garth et de Tori Spelling, c’est-à-dire 99% de la population hétérosexuelle de plus de trente ans et la totalité des gamins de moins de 18 ans à qui cette sitcom est destinée, n’y verront franchement aucune raison de s’attarder.

 

 

 

 

Mystery Girls est une sitcom somme toute assez random, dont le concept méta est le seul argument de vente et dont le pilote, poussif, nous vend pour le moment une mayonnaise un peu périmée (personnage secondaire gay caricatural et hystérique qui fait peine à voir en 2014, gags faussement trash et déjà vus à base de fausses funérailles, de mensonges conjugaux ou de sex tape oubliée…) qui peine sérieusement à prendre. J’attends de voir la suite mais mon optimisme est assez limité…

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