The Other Woman

the other woman beach scene

 

Cameron Diaz vieillit. C’est cette année que le film The Mask célèbre ses vingt ans, et du même coup marque deux décennies lors desquelles nous avons côtoyé la belle Cameron par salles de cinéma interposées. Et c’est Nick Cassavetes (fils de John et réalisateur de films mi-cultes – The Notebook, She’s So Lovely, Alpha Dog) qui lui donne l’écrin dans lequel exprimer, volontairement ou non, la nostalgie d’un ex-cliché maîtrisé, ex-cruche cool de cinéma qui détourna l’image de la blonde en comédie pour en faire une potasse sexy qui rote et qui pète sans perdre une miette de son sex appeal.

 

tina carlyle

 

 

 

 

Le pitch de The Other Woman (comme d’habitude, atrocement détourné en titre de comédie potache bas de gamme, Triple Alliance, avec affiche sur fond blanc se refusant à réutiliser le poing américain – trop subtil ? – de l’affiche originelle) :

 

 

the other woman

Carly découvre que son nouveau petit ami Mark est un imposteur, lorsqu’elle rencontre accidentellement sa femme, Kate. Carly va se prendre d’affection pour elle, et leur improbable amitié va se renforcer encore un peu plus lorsqu’elles réalisent que Marc les trompe toutes les deux avec une autre femme, Amber.
Les trois femmes vont joindre leurs forces et mettre au point un impitoyable complot pour se venger.

Le casting : Jaime Lannister, Leslie Mann (Mrs Judd Apatow), Nicki Minaj, Kate Upton, Don Johnson, et donc Cameron Diaz.

 

 

THE-OTHER-WOMAN kate upton

 

 

C’est cette dernière qui livre probablement la prestation la plus intéressante du film, en avocate vaguement vacharde mais surtout aigrie, qui a fini par renoncer à la monogamie et à ses plus belles années pour accepter sereinement d’être arrivée sur le versant descendant de sa séduction. Les gros plans pas forcément hyper flatteurs sur son visage peu maquillé et ses rides d’expression nous laissent voir, pourtant, une actrice qui n’a jamais été aussi belle et communicative en émotions. La rivalité physique qu’elle tente brièvement d’entamer, au pas de course, contre sa rivale Kate Upton sur une plage des Hamptons ne tourne pas autant à son désavantage qu’on aurait pu le croire (on se croirait un instant revenu à la « glorieuse » époque de Charlie’s Angels). Sa tristesse se lit parfois dans son regard, au détour d’une scène comique, et nous la rend sympathique comme elle ne l’a plus été à l’écran depuis des lustres (noyée qu’elle a été, ces dernières années, entre des rôles de blondes white trash et d’autres de garces arrivistes plus « award friendly »).

 

 

the other woman leslie mann

 

 

Pour le reste, Triple Alliance est malheureusement une comédie random à souhait : avec des prétentions du côté des Farrelli ou de Paul Feig, mais malheureusement peu de profondeur et, plus grave, pas assez d’hilarité. La plupart des gags sont dans la bande-annonce, tandis que les autres sont plus fainéants les uns que les autres (les laxatifs glissés dans un verre, la femme bafouée qui pleure et fait une crise d’hystérie « comique » en remettant sa robe de mariée, le chien qui roule des pelles à sa maîtresse endormie et mal remise de sa cuite de la veille…). Nicki Minaj tient un rôle inoffensif au possible (à la limite du cameo, mais étoffé et ramené à trois scènes qui servent surtout à donner à Carly / Cameron Diaz un interlocuteur en dehors des deux autres héroïnes), Kate Upton joue un personnage sans trait de caractère marqué, Nikolaj Coster-Waldau a un brushing de boys band des années 90 mais n’a pas une fibre comique très développée (en dépit d’un final sanguinolent dans lequel on ne peut que voir un clin d’œil à Game of Thrones)… Ne parlons même pas de la vraisemblance de l’ensemble, vu le nombre de fois où les trois dindes, franchement pas discrètes, devraient se faire gauler ou au moins susciter quelques soupçons de la part de leur vilaine victime.

 

 

THE OTHER WOMAN

 

 

Bref, ça ne vole pas bien haut, c’est loin d’être aussi machiavélique qu’on n’aurait pu l’espérer dans sa partie « vengeance », la partie « amitié féminine à la Sex and The City » est appuyée à la truelle mais pas forcément très crédible, c’est assez convenu dans la forme (les panneaux d’épilogue sur la suite du destin des personnages, avant le générique de fin : kitsch et catastrophique) comme dans le fond (le mari ne pouvait pas être « seulement » adultère, histoire de bien mériter sa punition), et plus grave, c’est tristement misogyne. Restent à sauver, donc : la mélancolie subtile de Cameron Diaz et l’énergie débordante de Leslie Mann, même si cette dernière n’est pas forcément très bien servie par le script. Ça fait peu pour faire de Triple Alliance autre chose qu’un navet à se mettre sous la dent pour une semaine un peu light de ta carte UGC Illimité. A regarder à la télé dans un an et demi quand ça passera sur une chaîne de la TNT, en somme ; mais pas forcément à aller se fader en salles pour la modique somme de dix euros.

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