Undateable, sitcom prolongeable ?

 

undateable cast

 

 

 

En l’absence des grosses machines diffusées de septembre à mai, on continue à meubler le programme séries d’été (comment ça « tu pourrais plutôt profiter du beau temps pour sortir et passer tes soirées en terrasse » ??) avec les nouveautés qu’on essayera le temps de deux épisodes avant de démissionner et d’attendre patiemment, comme tout le monde, le retour de Scandal. Petit point sur l’inoffensive mais franchement dispensable Undateable, diffusée sur NBC et produite par Bill Lawrence (Scrubs, Cougar Town, Ground Floor).

 

 

 

 

Le pitch :
Suite au départ de son meilleur ami et colocataire, fin prêt pour une vie à deux, Danny Burton, un célibataire qui multiplie les aventures sans lendemain et qui s’en satisfait, fait la rencontre de Justin, le jeune propriétaire d’un bar qui cherche un appartement… et l’amour, depuis toujours. Il décide de le prendre sous son aile, lui et sa bande d’amis qu’il surnomme les « Undateables » car ils sont tous moins doués les uns que les autres pour draguer…

 

 

 

Diffusée du 29 mai au 3 juillet dernier (les trois derniers épisodes de cette première saison, qui en comptait treize, ayant été tous bazardés à l’antenne le 3 juillet), Undateable souffre de ce même timing foireux qui a plombé la deuxième saison de Devious Maids : plus vraiment en mi-saison (ces séries, à la Girls, Game of Thrones ou Veep, diffusées entre janvier et mai), juste après les May Sweeps, mais pas encore en été, contrairement à toutes les autres séries d’été dont les premiers épisodes sont généralement diffusés fin juin pour tenir le téléspectateur en haleine jusqu’en septembre, une diffusion en catimini en juin sent bon le produit balancé à la va-vite pour meubler un créneau laissé à l’abandon entre deux saisons. Du coup, à moins que le public ait un coup de cœur pour cette série dans laquelle le diffuseur ne croit généralement pas trop et suive en masse, audiences à la clé, c’est mal parti pour une saison 2.

 

 

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Il faut dire, aussi, que le principe de la série est hyper old school et évoque les années 90, aussi bien dans la structure narrative que dans le résultat visuel. Si on omettait les smartphones, cette série pourrait aussi bien avoir été diffusée quelque part entre 1997 et 2000. Danny (Chris D’Elia, passable) campe ainsi une sorte de morphing entre Joey Tribbiani et Fonzy, et on se demande un peu en quoi on est supposé le trouver irrésistible, tant ses armes et ses codes de séduction semblent datés : veste en cuir, cheveux gras plaqués en arrière, rhétorique caricaturale du phobique de l’engagement… C’est un peu comme si ce personnage avait été créé au mépris de tout ce que la fiction des quinze dernières années avait apporté à la figure du womanizer. Une figure comme Nick Zano ou James Wolk m’aurait semblée plus appropriée, ou en tout cas plus en phase avec l’idée qu’on pourrait se faire d’un séducteur urbain dans une série comique US en 2014. Mais bon, aller à l’encontre des schémas, c’est bien aussi, hein.

 

 

undateable chris d elia

 

 

Plus grave, en revanche, le personnage n’est pas hyper drôle. Alors qu’il est supposé être la figure centrale de la série, ce sont en fait les seconds rôles, les potes losers et les filles, qui emportent la mise en ce qui concerne les bons mots, les gags réussis et, en fin de compte, l’adhésion du public. Aussi stéréotypés que lui (un gars fleur bleue trop gentil, un black fierce et sarcastique, un gay qui commence tout juste à s’assumer, un nerd à lunettes tellement peu sûr de lui qu’il se montre grossier avec les femmes, une petite sœur grande gueule, une serveuse sympa que tout le monde convoite), ils sont un peu mieux écrits et dessinés au bout de quelques épisodes, alors que Danny, son manque d’assurance et sa peur de la solitude qu’ils masque mal derrière ses conquêtes multiples (forcément, hein, le célibataire ne peut pas être célibataire et heureux), ne nous intéressent pas vraiment…

 

 

 

Reste la mécanique, hyper classique, des opposés qui s’attirent : la relation centrale entre Danny le niqueur compulsif et son colocataire Justin, le romantique trop gentil, qui faute de provoquer l’hilarité à chaque fois, nous maintient à flot. Peut-être un peu plus de crudité et moins de dispersion (la série a ce défaut des sitcoms chorales : vouloir à tout prix que tout le monde ait une histoire à vivre dans chaque épisode – ce qui, avec sept personnages principaux, favorise la superficialité des intrigues) pourront-elles sauver Undateable d’un arrêt prématuré. Mais ça a quand même l’air mal parti.

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