Guardians of the Galaxy

 

guardians of the galaxy poster

 

Le problème, c’est que je m’attendais à trouver ça génial. Alors que j’ai seulement trouvé ça très bien. Guardians of the Galaxy, ou Les Gardiens de la Galaxie, en français, a peut-être trop fait monter la sauce sur les internets, surtout pour moi qui y passe mes journées. Dépassant les 200 millions de dollars en deux semaines au box-office américain, précédé d’une réputation de réussite, de drôlerie et de coolitude jamais vues dans la SF, faisant monter la pression autour de sa star Chris Pratt (un ancien second rôle grassouillet, mari d’Anna Faris, aperçu dans Parks & Recreation, Her ou The Five-Year Engagement, future vedette du 4ème volet de Jurassic Park), le film ne pouvait pratiquement que me décevoir un peu, je m’en rends compte, tant il semblait naturellement susciter des attentes de fou.

 

 

guardians of the galaxy mugshot

 

 

Et c’est, dans l’ensemble, plutôt réussi. Une sorte de space opera un peu foutraque, assez drôle, dans lequel des centaines de millions de kilomètres sont parcourus, entre diverses planètes, en ce qui semblent être quelques dizaines de minutes pour les personnages à l’écran, afin de déjouer les plans d’un méchant très méchant qui est méchant parce qu’il aime la guerre et la destruction et qu’il n’aime pas la paix et qu’il a trouvé une arme super dangereuse qui moisissait incognito depuis des siècles sur une planète où le premier péquin venu pouvait s’en saisir : de l’esprit Star Wars dans un film (ou plutôt, d’ores et déjà, une saga) où tous les gentils seraient des Han Solo, rebelles un brin cyniques et à la mauvaise foi amusante, et où Chewbacca aurait été remplacé par un tronc d’arbre qui marche et bastonne. Super. D’autant que j’ai jamais vu Star Wars.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ah, mais en fait, je me souviens d’une des raisons pour lesquelles je n’ai jamais vu Star Wars. Outre le fait que l’univers entraperçu dans les bandes annonces ne m’attirait pas du tout et que j’ai l’esprit de contradiction d’un boutonneux de quatorze ans quand il s’agit de ne pas me soumettre à une saga que la pression sociale mondialisée des critiques et des communautés de fans me pousse à aller voir (coucou Le Seigneur des Anneaux !), j’ai toujours trouvé le concept très con. Se projeter dans un univers très très lointain qui nous arrange bien pour ne rien dater ni relever de potentiellement incohérent (« nan mais c’est parce que ça se passe pas sur Terre, hein ») tout en mettant en scène des personnages humains ou au minimum humanoïdes (un corps, deux bras, deux jambes, une tête, des yeux plus ou moins nombreux et une bouche pour causer et manger… ouais, des humains, quoi, z’ont besoin de manger et de respirer), j’y arrive pas. J’ai besoin de contexte, d’une histoire pré-établie, d’une planète Terre ravagée par la pollution ou la guerre nucléaire qui a conduit à tout ça, d’un truc qui explique tout ça et qui essaye de me le rendre au moins un petit peu crédible.

 

 

 

Le film commence en 1988, sur notre planète, avec un gamin qui écoute un walkman, et se poursuit 26 ans plus tard, c’est-à-dire en 2014. Notre 2014. Et donc en 2014, au-dessus de nos têtes, y’a un gars qui se balade avec un walkman et un casque toujours pas pétés au bout de 26 ans, qui parcourt dix millions de kilomètres en une demi-heure (c’est à se demander pourquoi il s’emmerde à se déplacer à pieds sur la planète Xandar), ne meurt pas quand il se balade en jean-veste en cuir dans l’espace, et négocie une crise intergalactique entre Glenn Close et Djimon Hounsou, des extraterrestres qui sont en fait des humains maquillés et coiffés zarbi et qui, comme par hasard, parlent anglais ? Bah non, au bout d’un moment, j’ai besoin qu’on m’explique un peu des trucs, comment on passe d’une situation « réaliste » (un gamin qui écoute 10cc dans une salle d’attente en 1988) à ce gros bordel loin de toute réalité avalable. Il me faut une transition, un semblant de discours, et y’a pas. C’est juste pris comme un acquis, et ça m’empêche d’entrer dans le film.

 

 

 

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Bon, pour le reste, c’est vraiment sympa, ça part un peu dans tous les sens, il y a beaucoup d’action sans que ça tourne au concours bourrin d’explosions tous azimuts, les clins d’œil culturels et esthétiques (aux 80’s, notamment, même si on perd des trucs jugés trop américains dans les sous-titres de la VF – genre Alyssa Milano ou John Stamos) ne manquent pas pour ceux que cela fait bander, et les seconds rôles sont plutôt amusants, même si je ne me suis pas autant tapé le cul par terre qu’on ne me l’avait fait miroiter (ouais, c’est des repris de justices et des bras cassés, on a compris, ahahahah, bon et sinon ?).

 

 

Le point merchandising du film

 

 

 

Disons que la mythologie du truc va peut-être se déployer davantage dans la suite de la saga, déjà prévue pour 2017, et on pardonne on oublie tout. Pour le reste, Les Gardiens de la Galaxie est une nouvelle preuve que les franchises Marvel savent parler à notre époque et à ses doutes, aux geeks et aux grands enfants, aux intellos et aux cagoles : du divertissement populaire au sens noble, qui ratisse large et ne laisse personne de côté, et dont on ressort avec la sensation, bien plus gratifiante qu’à la sortie d’un grand huit, que c’était juste long comme il fallait et qu’on s’est vraiment amusés. Et à l’heure où Lucy sévit encore en salles, c’est déjà beaucoup.

 

 

Une réflexion au sujet de « Guardians of the Galaxy »

  1. Avoue, tu as passé une mauvaise journée quand tu l’as vu? Tu t’étais levé du mauvais pied? Tu voulais assumer ton esprit de contradiction à tout prix? Non parce que je sens une pointe de mauvaise foi dans cette critique 🙂

    Et puis franchement (je suppose qu’on ne te l’a jamais fait) : « QUOIIIII????!!! tu n’as JAMAIS vu Star Wars????!!! » *regard mi-désaprobateur, mi consterné* *condescendance assumée*

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