Huit heures, neuf pilotes

 

you re the worst poster

 

Bon, le week-end dernier, j’étais de mariage dans le sud de la France. Résultat, outre le séjour lui-même (qui s’est très bien passé merci beaucoup), j’ai passé quatre heures aller, quatre heures retour dans un train où, miracle (ou grâce des billets ID Zen), aucun enfant braillard n’est venu perturber mon visionnage des pilotes quelque peu passés à la trappe cet été, vu qu’en fin de compte je n’ai pas regardé tant de séries que cela, malgré un temps qu’on se gargarisera à qualifier de pourri, car c’est une qualité bien française que celle de chouiner en permanence que notre vie est trop dure et qu’on a pas assez de soleil (alors que, soyons concrets, le cagnard, on déteste ça). Voici donc neuf séries dont j’ai regardé le pilote, avec un retard situé entre deux semaines et deux mois, à peu près dans l’ordre de probabilités que je leur donne une seconde chance au-delà de leur introduction…

 

 

Married

 

married

 

Le pitch :
Russ, un homme marié, reçoit la permission de sa femme Lina de chercher une maîtresse dans le but de sauver leur histoire…

C’est avec :
Judy Greer (second rôle méga-connu du ciné et des séries US, vue dans How I Met Your Mother, Californication, The Big Bang Theory, Arrested Development), Nat Faxon (acteur, mais surtout scénariste oscarisé de The Descendants), Jenny Slate (Hello Ladies, Obvious Child)…

Et c’est bien ?
Bof. Dans le ton, cette série diffusée sur FX (la chaîne de American Horror Story, Louie, Damages…) rappelle un peu Hello Ladies, notamment avec son introduction aux limites de la gêne : le soir au coucher, Russ veut faire du sexe avec sa femme Lina, qui n’est pas d’humeur et préfère lire un roman de vampires ; une fois la lumière éteinte, il commence à se masturber mais ça dérange sa femme parce que… ça fait vibrer le lit ; dans le plan suivant, Russ est donc en train de se masturber par terre, à côté du lit, puis va se coucher dans le canapé. On touche les confins du pathétique et de l’embarras pour les personnages principaux, et cette torsion, bien amenée, peut être hilarante. Mais contrairement à la série de Stephen Merchant, ça ne prend pas vraiment. Du moins, au stade du pilote. On n’entrevoit pas clairement une mauvaise foi, une solitude ou une faille profonde dans les personnages principaux, et surtout c’est plus embarrassant que drôle, dans la mesure où les choix de Russ ne semblent pas vraiment guidés par une cohérence psychologique avec son personnage de père de famille largué et démissionnaire, mais bien par le seul besoin de faire avancer l’intrigue. Il en vient ainsi à se taper une esthéticienne visiblement très névrosée qui ferait s’allumer les voyants rouges de n’importe quel être sensé cherchant à la draguer, puis à cultiver les habituelles lâchetés du mari infidèle de fiction, sans vraiment réussir à se rendre drôle ni très attachant. Pas sûr que j’y revienne.

 

 

 

 

 

Rush

 

rush

 

Le pitch :
Le Dr William Rush exerce son métier de manière très singulière : il n’est rattaché à aucun hôpital, n’accepte que le cash, peut être très discret si on le lui demande, passe des soirées endiablées avec ses patients. En gros, il adore sa vie et n’a aucune intention de la changer, jusqu’à ce qu’une ancienne conquête refasse surface. Sa conscience commence alors à le travailler…

C’est avec :
Tom Ellis (le premier Robin des Bois de Once Upon A Time), Larenz Tate (Menace II Society, House of Lies), Sarah Habel (Underemployed)…

Et c’est bien ?
Pas génial, mais susceptible d’en intéresser certains, avec son concept quelque part entre Scandal et Ray Donovan : un médecin franc-tireur qui bosse moyennant de grosses sommes pour des clients à l’éthique et aux raisons pour le moins douteuses, puis qui s’en va sans poser de questions. Avec une pointe de Dr House pour le côté misanthrope toxicomane. Mais j’ai trouvé que, même si c’est bien rythmé, l’ensemble manque un peu de charisme et de personnages intéressants auxquels s’attacher, pour le moment. Mais c’est probablement un peu tôt. Disons que ça ne m’a pas assez intrigué pour que je promette d’y revenir.

 

 

 

Legends

 

legends sean bean

 

Le pitch :
Martin Odum, agent du FBI, a un don pour les « légendes », c’est-à-dire les fausses identités. Il est ainsi envoyé dans une grande variété de missions et finit par se demander si sa propre identité ne serait pas, elle aussi, une légende…

C’est avec :
Ned Stark, et la strip-teaseuse schizo de Heroes.

Et c’est bien ?
Pas trop mal, mais hyper basique. Le concept des infiltrations est intéressant, même s’il peut lasser en se répétant trop, et Sean Bean a quand même 55 piges, il jouait déjà un espion il y a vingt ans dans Goldeneye, quoi : y’avait pas plus « passe-partout », comme super agent secret ? La bonne nouvelle, c’est que pour une fois, et sauf surprise, ils ne vont pas pouvoir tuer Sean Bean. Sauf à la fin, peut-être.

 

 

 

 

Reckless

 

reckless

 

 

Le pitch :
A Charleston, en Caroline du Sud, une jeune avocate originaire de Chicago et un procureur local ont de grandes difficultés à cacher leur attirance mutuelle, alors qu’un scandale sexuel éclate au sein du commissariat de la ville. Avec cette affaire remontent à la surface les sombres secrets cachés derrière les portes de cette bourgade en apparence si charmante.

C’est avec :
Anna Wood (vue dans House of Lies, Chronicle, Mad Men), Cam Gigandet (Burlesque), Georgina Haig (vue dans Fringe et très bientôt dans Once Upon A Time), Shawn Hatosy (Southland, The Faculty)…

Et c’est bien ?
Ça casse pas trois pattes à un canard, mais ça peut probablement se suivre sans déplaisir, si on aime le procedurals. L’idée générale, c’est de faire une série sentimentalo-policière sur fond de drames juridiques à la Law and Order, sauf que ça se passe dans le forcément raciste et misogyne sud des Etats-Unis. Tout le monde est relativement jeune et sexy comme dans une série de la CW, mais on est sur CBS, le dimanche soir. Le pilote, réalisé par Catherine Hardwicke (Thirteen, Twilight), laisse en tout cas entrevoir un canevas assez classique de gentils qui tardent à se rendre compte qu’ils frayent avec des salauds, mais qui finiront forcément pas ouvrir les yeux et s’aimer au grand jour. Pas de quoi se triturer l’esprit en attendant la suite. Entamée fin juin, la saison 1 se terminera courant septembre, avec des audiences oscillant entre 3 et 4 millions de téléspectateurs. Pas sûr que ça suffira.

 

 

 

 

 

Matador

 

matador serie

 

Le pitch :
Habitué à travailler sous couverture pour les stups, Antonio Bravo est recruté par la CIA pour une mission des plus délicates. Il lui faut infiltrer une équipe de football pour approcher l’intouchable dirigeant et obtenir quelques précieuses informations. Très vite, le jeune homme, rebaptisé le « Matador » pour avoir affronté une autre joueur surnommé le « taureau », acquiert une belle popularité. Porté au rang de star, il ne doit pas oublier son véritable objectif et jongler avec sa double-vie.

C’est avec :
Globalement, plutôt des inconnus, et Alfred Molina (Frida, Spider Man 2, La Mutante, The Normal Heart…)

Et c’est bien ?
Le concept est complètement con (un flic sous couverture qui se retrouve forcé de devenir une star du foot par la CIA s’il veut que son frère sorte de prison – car quand on est latino, on a forcément un frère en prison, hein – et qui réussit effectivement à devenir une star du foot en trois jours d’entraînement) (mais bien sûr…), crypto-raciste (un joueur latino qu’on surnomme forcément Matador comme la moitié des joueurs de foot hispaniques du monde dans des équipes où ils sont minoritaires, sous prétexte qu’il est l’ennemi juré d’un footballeur surnommé le Taureau), et les invraisemblances pleuvent, mais c’est rythmé et plaisant, dans le genre grosse série B qui tâche avec des bimbos et des flics musclés très très doués dans tous les jobs qu’on leur confie. Stupide mais potentiellement divertissant.

 

 

 

 

 

Satisfaction

 

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Le pitch :
Neil Truman est un banquier d’investissement marié à Grace. Un jour, il découvre que sa femme a fait appel à un service de prostitution et trouve accidentellement le téléphone de l’homme payé. Neil regarde sa vie d’une nouvelle façon et cherche à retrouver ce que son couple avait autrefois. De son côté, Grace fait le point sur ses besoins et se demande si son mariage doit être sauvé ou non.

C’est avec :
Matt Passmore (The Glades), Stéphanie Szostak (Iron Man 3, R.I.P.D)…

Et c’est bien ?
Récemment, USA Network, le diffuseur de Satisfaction, a eu un peu de mal à maintenir beaucoup de ses séries à l’antenne (Necessary Rouchness, Fairly Legal), et malheureusement, l‘audience de Satisfaction s’érode doucement mais sûrement depuis son lancement en juillet. Le pilote est assez réussi mais donne presque l’impression de boucler la boucle en un seul épisode, et n’évite pas vraiment l’écueil des poncifs sur les travers du rêve américain (le cadre qui s’ennuie au boulot et cherche un sens à sa vie, l’épouse frustrée de n’être qu’une épouse, l’ado délaissée par ses parents…). A la fin de ce premier épisode, c’est comme si la suite n’était pas vraiment nécessaire… Mais du coup, je me demande un peu ce que les scénaristes ont prévu, justement, pour Neil et Grace.

 

 

 

 

 

You’re the worst

 

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Le pitch :
Quand deux personnalités toxiques tentent une ébauche de relation. Jimmy, un écrivain égoïste, tombe sous le charme de Gretchen, une jeune femme auto-destructrice. Contre toute-attente, le courant passe entre les deux spécimens.

C’est avec :
Chris Geere, Aya Cash, Kether Donohue… Globalement des troisièmes rôles qu’on ne connaît pas trop.

Et c’est bien ?
Pas mal. Pas extraordinaire, mais pas mal. Là aussi, le ton me rappelle un peu Hello Ladies, avec son Los Angeles tentaculaire à ciel ouvert et ses personnages un peu odieux. Mais ne nous leurrons pas, derrière le postulat de départ, Jimmy et Gretchen sont juste deux grands traumatisés de l’amour qui vont se soigner l’un l’autre. En se jetant des coups bas à la figure, certes. Et ce sera probablement l’intérêt principal de la série, qui, cependant, devrait être difficile à maintenir de manière crédible sur la durée, si leur couple doit « fonctionner ».

 

 

 

 

In The Club

 

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Le pitch :

Sur six épisodes, les dernières semaines de grossesse de six femmes enceintes, qui suivent un atelier de préparation à l’accouchement.

C’est avec :

Hermione Norris (Spooks, Wire in the blood), Will Mellor (Dates, Broadchurch), Katherine Parkinson (Inside N°9)…

Et c’est bien ?
Oui. Mais bon, c’est une série anglaise, donc c’est forcément bien, non ? J’adore les films choraux et les séries où règnent la sérendipité et les coïncidences, et dans le genre, les membres de ce groupe de préparation à l’accouchement sont une réjouissante brochette de personnages qu’on aime en quelques minutes, et dont on a vraiment envie de savoir s’ils vont bien se sortir ou non des galères dans lesquelles ils s’embarquent (que ce soit lié ou non à la grossesse qui les concerne, d’ailleurs). Une sympathique surprise.

 

 

 

 

 

The Lottery

 

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Le pitch :
Dans un futur proche, les femmes ne peuvent plus enfanter, les hommes ne parviennent plus à mettre de femmes enceintes. Par miracle, l’Humanité a une chance de survivre. Ou plutôt 100. Cent embryons viables ont en effet été fécondés in vitro par une équipe scientifique. Les premiers embryons viables depuis six ans. Une loterie est alors organisée pour déterminer quelles femmes porteront ces bébés…

 

 

C’est avec :
Marley Shelton (Scream 4, Eleventh Hour), Michael Graziadei (American Horror Story : Murder House), Martin Donovan (Homeland)…

 

 

Et c’est bien ?
Alors moi, les pilotes avec un concept super fort (The Leftovers, Lost, Fast Forward), comme je suis hyper con mainstream, ça a tendance à m’hameçonner en dix minutes. Mélange de Les Fils de l’Homme (pour son principe dramatique d’infertilité générale) et de The Leftovers (pour la dimension mystérieuse voire religieuse du mal global qui frappe l’humanité sans explication rationnelle), The Lottery me semble en fait présenter comme principale faiblesse… le concept débile de loterie qui lui donne son titre. Mais bon… La série me semble davantage partie pour creuser le filon de l’action que celui de la métaphysique, ce qui pourrait satisfaire les téléspectateurs frustrés par The Leftovers, mais risque également de pousser les scénaristes à mal boucler tout ça, façon Flash Forward. Méfiance, donc. Mais les conséquences sociales de l’infertilité humaine aperçues lors de ce pilote (quête de sens, changement du rapport à la sexualité, prostitution procréative des parents les plus récents de l’humanité, contrôle social accru de l’Etat sur la protection des rares enfants restants…) me laissent espérer une série rondement menée, malgré le label Lifetime (chaîne diffuseuse de séries girly plus ou moins honteuses : The Client List, Drop Dead Diva, Witches of East End, Devious Maids…).

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