The Fault in Our Stars

 

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La littérature Young Adult continue d’étendre son territoire sur le cinéma dit « indé », invitant ados et quasi-trentenaires à se projeter dans un âge qui est ou a été le leur il y a peu, vécu sur pellicule par de jeunes espoir hollywoodiens, forcément « atypiques » mais comme par hasard jeunes, beaux et minces. Comme pour The Perks of Being a Wallflower il y a un an et demi, c’est l’adaptation d’un best-seller pour jeunes adultes qui donne prétexte à l’apparition, sur nos écrans, des tout mignons Shailene Woodley et Ansel Elgort, déjà vus tous les deux cette année dans Divergente.

 

Le pitch de Nos étoiles contraires, selon Allociné :

Hazel Grace et Gus sont deux adolescents hors-normes, partageant un humour ravageur et le mépris des conventions. Leur relation est elle-même inhabituelle, étant donné qu’ils se sont rencontrés et sont tombés amoureux lors d’un groupe de soutien pour les malades du cancer.

La critique, selon un twitto random :

« Ma vie, ce film est une dinguerie ! »

 

 

nos étoiles contraires poster

 

 

Je trouve toujours ça éminemment suspect quand une affiche de film est bardée de citations de tweets anonymes mange-boules qui semblent avoir été émis par des comptes fictifs ou des « influenceurs » invités à des avant-premières et encouragés par les chargés de com’ à fayoter sur Twitter dans l’espoir de voir leur prose figurer sur l’affiche finale. En aucun cas un argument en faveur du film à mes yeux.

 

 

 

 

Ne reste plus, si j’en ai envie, qu’à me faire mon propre avis en allant voir le film, donc, mais ce n’est pas forcément bien parti, au vu de ces premiers éléments.

 

 

Et bah pourtant, ça a marché. J’ai eu un peu de mal à rentrer dans le film, au début : Hazel, en plus de son nom bizarre, s’exprime de manière trop littéraire et a une personnalité trop lisse à l’écran (elle n’a pas l’air particulièrement blasée ni borderline, en dépit de son face-à-face avec la mort depuis plusieurs années), ainsi qu’une coupe de cheveux qui lui donne l’air d’avoir 43 ans ; elle est la fille de Sam Merlotte de True Blood et d’Ellie Sattler de Jurassic Park, avec qui elle entretient des relations hyper calmes ; elle rencontre Gus, une version gossbô de Michael Cera avec juste ce qu’il faut de sourires en coin et de sarcasme pour plaire à n’importe quelle adolescente de cinéma, et on se demande bien ce que tout ça a de suffisamment atypique ou charismatique pour qu’on s’extasie pendant deux heures. Comme pour The Perks of Being a Wallflower, il y a ce côté agaçant, hypocrite, du film faussement indé qui prétend se jouer des conventions du cinéma romantique mainstream alors qu’il les épouse en permanence : anti-héros supposés faciliter l’identification à des gamins « pas cools », résistances amoureuses, humour sage, voyage hyper-romantique dans une ville européenne…

 

 

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Et puis… quelque chose se passe. Les personnages se parlent, gagnent peu à peu en profondeur, les relations entre parents et enfants prennent plus de sens, l’atmosphère, même si elle est un peu niaise et trop pleine de bons sentiments, gagne le spectateur par sa sympathie et sa légèreté. On n’échappe pas au mélo, mais à vrai dire, c’est plutôt un truc que je sais apprécier, quand un film s’essaye au périlleux exercice de me remuer suffisamment les tripes pour jouer la carte tire-larmes. Dommage d’affronter la maladie et la mort sans en aborder concrètement certaines des pires cruautés : faiblesse, déchéance physique, dépression…

 

 

The Fault in our Stars demeure pourtant une des bonnes surprises de cet été au cinéma, avec ce qu’il faut de profondeur et d’empathie envers les personnages pour bien servir sa morale et créer l’attachement nécessaire aux émotions du mélo. Le film est par ailleurs servi par une B.O. cohérente et des seconds rôles bien pensés. Et en attendant que Shailene Woodley devienne enfin une star, c’est toujours un bon moyen de s’y préparer.

 

2 réflexions au sujet de « The Fault in Our Stars »

    1. C’est le mélo, ça… 😉

      La partie mélo est plutôt bien faite, oui, même si dans la vraie vie personne ne parle ni ne réagit aussi joliment : ça fait toujours un pincement de regarder une idée, même esthétisée, de l’amour pur et tragique sur pellicule. C’est plutôt bien verbalisé, ça pince la corde, c’est joli. Vraiment, certains détestent cette forme de « prise d’otage » émotionnelle, mais moi (aussi) j’aime bien.

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