Benched : Jane Kerkovich à la barre

 

 

 

La crise a généré tout un ensemble de séries autour de personnages qui galèrent à échapper au sous-développement économique (2 Broke Girls, How To Make It In America) ou qui connaissent une spectaculaire chute dans l’échelle sociale (Enlightened, Jennifer Falls). Leur point commun : ce sont des comédies, traduisant un besoin (réel ou supposé) de dédramatiser la galère géante qu’est devenue la vie des classes moyennes et supérieures qui, en occident, ont pu croire jusqu’à la criiiiiiise que leur confort matériel serait au moins verrouillé grâce à leur niveau d’études, alors qu’en vrai on est tous de la louze et pis c’est tout. Benched s’inscrit dans cette tendance. Sauf qu’elle débarque tardivement, fin 2014, le 28 octobre sur la chaîne USA, pour être précis. Timing étrange, pour une série commandée en début d’année et survenant un peu après la bataille, mais sauvée par la perspective d’y retrouver Eliza Coupe.

 

 

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Car oui, Eliza Coupe me manquait un peu depuis la fin de Happy Endings, n’ayant pas fait grand-chose d’autre qu’un guest dans The Millers et un autre dans House of Lies (ce qui est déjà mieux que d’autres, hein). Mais la voilà enfin dans un rôle principal, où a priori sa verve comique devrait pouvoir s’exprimer à plein régime.

 

 

 

Le pitch de Benched :
Nina, une avocate d’affaires, est victime d’une crise de nerf un peu trop publique après qu’une promotion lui soit passée sous le nez. Sa vie professionnelle et privée s’écroule alors. Elle se retrouve, six mois plus tard, à devoir travailler comme avocate commise d’office et réalise que sa vision du monde était éloignée de la réalité.

 

 

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Donc oui, ça ressemble beaucoup au principe de départ de Jennifer Falls, dans laquelle Jaime Pressly n’était pas avocate d’affaire mais directrice commerciale. Et c’est vrai que ce pilote ne remporte pas la palme de l’originalité, au-delà de son assez réjouissante scène d’ouverture, convenue mais si bien exécutée qu’on ne peut pas rester complètement insensible.

 

 

 

Et donc, les clichés s’accumulent un peu autour de Nina : Phil, le collègue / potentiel love interest qui la regarde d’un œil goguenard mépriser son nouvel environnement professionnel pas très glamour, Sheryl la collègue blonde écervelée blasée, Micah la stagiaire forcément jeune et idéaliste, Carlos le collègue latino énervé… Mais comme les stéréotypes sont faits pour s’affiner avec le temps, et que ceux qui nous sont présentés ici ne sont pas les plus irritants du bestiaire séries, on s’en contentera pour le moment.

 

 

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Les comédies juridiques ne courent pas spécialement les rues, et si Benched tient bien son rythme (single camera, format 22 minutes, franchement ça se laissera regarder si les scénaristes ne font pas de la merde), elle pourrait s’imposer comme une des nouveautés sympa de cette rentrée 2014. Attention, toutefois, au piège qui consisterait à se laisser bouffer par son héroïne : si Benched devient le Eliza Coupe Show, elle risque de révéler assez vite ses limites. En effet, le pilote donne la vague impression que le personnage de Nina, tel que Michaela Watkins l’a créé pour Eliza Coupe, est grosso modo une Jane Kerkovich qui aurait été avocate et célibataire : coinços, control freak, névrosée, arrogante et hilarante. C’est bien, mais elle aura besoin des interactions avec les autres, et de personnages secondaires un peu moins borderline pour lui faire face et rester drôle et intéressante. Si Jane Kerkovich était si drôle, c’était aussi, et peut-être avant tout, parce qu’elle contrastait avec ses petits camarades de jeu. Benched méritera, quoi qu’il en soit, que je m’y penche au moins pour quelques épisodes…

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