Gwen Stefani : l’impossible comeback ?

 

 

Il y a des retours qu’on n’attend pas vraiment. Parce qu’ils concernent des artistes dont le paysage musical se passait, ou qui n’avaient jamais réellement disparus. Gwen Stefani entre un peu dans les deux catégories. Alors que l’album The Sweet Escape date de 2006 et a été péniblement exploité jusqu’en 2008 avec les singles Wind it up, The Sweet Escape, 4 In The Morning et Early Winter (qui ont connu des fortunes diverses mais jamais spectaculaires dans les charts), la chanteuse est restée à l’arrière-plan de l’actualité lors des six années suivantes, entre ses grossesses et le retour un peu raté de No Doubt en 2012. Donc bon, ces derniers mois, quand on nous disait qu’elle allait revenir, on ne savait pas trop si ça allait venir vite ou non, mais on s’en fichait presque un peu, tant il pouvait sembler clair que la belle Gwen, désormais 45 balais au compteur, était dans le même état, niveau carrière, qu’une Nelly Furtado ou une Madonna : toujours adulée par des fans gays n’ayant pas oublié ses grandes heures, mais grillée par une récente spirale de fours commerciaux qui ne semble pas devoir s’inverser. Rentière de la pop installée depuis des années, Gwen n’innove plus, n’intéresse plus assez pour générer des smash hits dans une industrie musicale où le parfum du moment file à toute vitesse et engendre des carrières pop de plus en plus marquées par une hype hyper brève (y’a qu’à regarder les plus gros hitmakers de ces cinq dernières années, détestés aussi vite qu’ils ont été portés au sommet des charts : Macklemore, LMFAO, Lady Gaga, Iggy Azalea, Carly Rae Jepsen, Gotye, Robin Thicke… tandis qu’on croise anxieusement les doigts en attendant de voir si Lorde, Adele ou Fun vont réussir leurs retours musicaux dans les prochains mois, ou constater avec amertume qu’avoir été le parfum « indé » de 2011, 2012 ou 2013 n’est en rien une garantie de longévité).

 

 

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Il faut croire que les années 2010 peinent à accoucher de popstars réellement durables (Bruno Mars ? Nicki Minaj ?), tandis que ce sont d’anciennes révélations des années 2000 (Beyoncé, Rihanna, Maroon 5, Katy Perry) qui tiennent le haut du pavé, rétrogradant les stars rentières des 90’s (Britney, Mariah, Madonna, Gwen et tant d’autres) au rang de vieilles stars un peu ringardes qui sont là depuis trop longtemps et ont trop de fric de toute façon. Non pas que leur public ressente vraiment cela. Mais clairement, les ventes d’albums et de singles ne sont plus ce qu’elles étaient, et il leur faut désormais faire plus d’effort pour pondre un hit. Or, elles n’ont pas toutes l’air d’en avoir méga-envie non plus.

 

 

 

Du coup, le single de comeback Baby Don’t Lie laisse un peu circonspect. Son intro à la Mika (on dirait Lollipop), ses rythmes reggae, son refrain très No Doubt (on pense à Push’n’Shove ou à Settle Down) avec de faux accents de Rihanna (Te Amo)… Le point commun entre tous ces titres auxquels le single me fait penser : ils n’ont pas exactement été de gros tubes.

 

 

 

Alors que, comme toute popstar installée qui se respecte, Gwen a convoqué du beau monde pour son grand retour (Pharrell, Ryan Tedder et Benny Blanco, notamment), on reste un peu sur sa faim, donc, à l’écoute de ce titre sympa mais clairement oubliable, au bout de quelques écoutes. Le matraquage et le clip (une jolie chose rétro pop psychédélique qui rappelle un peu Rude Boy de Rihanna) le sauveront peut-être. Mais c’est un peu comme quand Madonna revient en grandes pompe en 2012 avec M.I.A. et Nicki Minaj à son bras ou que Britney pense en 2013 qu’il suffira de s’acoquiner cinq minutes en studio avec Miley et Katy Pourrie pour dépoussiérer son image et faire de Britney Jean un succès : à l’arrivée, des singles nazes, une promo catastrophique et les pires ventes de leur carrière. Ce qui me donne envie de dire : au boulot, Gwen, ne va surtout pas croire que c’est bouclé pour cette fois !

 

 

2 réflexions au sujet de « Gwen Stefani : l’impossible comeback ? »

  1. Mika pour l’intro ??
    Comment as-tu pu ne pas entendre le sample/plagiat du titre Intro de The XX ?
    Bon, le prod a vaguement changé la tonalité mais je suis quasi certain que c’est un sample.

    Sinon je note que Gwen chante avec une voix assez grave. Je sais pas si j’aime ou pas, ça a le mérite d’être différent de ce qu’elle a déjà fait.

    1. Je l’entends un peu, oui, d’autant que Twitter s’est jeté sur la comparaison en dix secondes, mais les rythmes saccadés qui précèdent ledit plagiat me rappellent davantage les mains qui claquent dans la chanson de Mika. C’est ainsi.

      En plus je connais pas très bien The XX, c’est typiquement le genre de truc trop labellisé Inrocks / NME / Pitchfork, qui ne fait pas de tubes mainstream et dont je vais me sentir exclu jusqu’à ce que ça ponde un vrai hit. 😉

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