7/11

 

 

 

 

Dans l’intimité de Beyoncé. Enfin, si c’est bien son intimité, son sapin de Noël, son sèche-cheveux, ses slips kangourous, ses copines… Bref, pour le clip illustrant le premier extrait de Beyoncé Platinum Edition, Beyoncé a décidé de changer un peu du registre visuel très léché qui caractérisait les vidéos de son album éponyme il y a un an. Elle tente donc l’approche DIY, à la Vine, avec force montage et mini-plans saccadés. Et ça situe bien la vidéo dans son époque.

 

 

Dans quinze ans, quand on reverra ce clip, on repensera à ces années 2010 où la presse parlait de génération selfie, et où on mettait des symboles bien voyants dans les clips et sur les pochettes de disques (jpeg d’illustrations de mp3, plutôt) pour montrer qu’on maîtrisait les codes du web (en veux-tu des hashtags, des emojis, des gif 8 bit, du twerk, du bye felicia, de l’urban dictionary…). Ici, ce seront donc le montage hystérique d’une vidéo de quinze secondes juxtaposé sur un clip de trois minutes trente, et des séquences épileptiques excédant rarement les trois secondes à l’écran, et qui semblent en fait avoir été uniquement conçues pour devenir des gif animés. Une manière, pour Beyoncé, de communiquer par le lol et par la hype avec sa communauté de fans de plus en plus motivée, qui commence franchement à ne pas voler beaucoup plus haut que les beliebers ou les directioners quand on regarde leur emportement en ligne. Le clip de 7/11 cumule ainsi plus de 20 millions de vues  en quatre jours, et moult détournements et réutilisations des visuels sur Tumblr, Vine et Instagram.

 

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Le titre, quant à lui, est une boule puante auditive qui pourra vaguement tenter de se faire passer pour Grown Woman volume 2 si elle est suffisamment matraquée en boîte et dans les médias. Un peu dommage, pour la version « Reload » d’un album d’à peine un an, que la grande prêtresse en chef du R’n’B mondial n’ait pas sorti deux titres un peu plus pop, un peu plus marquants, mais surtout avec un meilleur potentiel de single que 7/11 ou Ring Off. Pourquoi faire une réédition avec deux inédits si aucun des deux n’a une chance de tutoyer les sommets des charts ? Parce que, soyons concrets, même en trouvant le clip sympa, je défie NRJ, MTV ou Skyrock de diffuser 7/11 en boucle. Le système Beyoncé, dans sa démarche commerciale, est une stratégie parfois mystérieuse. Comme souvent, aussi, ce sera peut-être dans quelques mois ou années qu’on appréciera dans leur pleine mesure les singles peu exploités et jugés faiblards d’aujourd’hui, dans la mesure où ils auront contribué à sa légende (End of Time, qu’elle semble par moments danser dans le clip de 7/11, Ring The Alarm, Get Me Bodied… globalement des vautrades dans les charts, mais à l’arrivée des pierres angulaires de sa carrière aux yeux des fans).

3 réflexions au sujet de « 7/11 »

  1. Bon, je m’installe dans un coin et je vais attendre le moment inéluctable où le public va enfin appuyer sur le bouton « Ferme-là connasse ».
    C’est bien d’avoir du talent , d’être canon et de s’entourer des bonnes personnes mais à un moment à force d’étaler à la figure des gens à quel point t’es tellement parfait et tu vaut tellement mieux qu’eux et comment tu en es fier, il y a un moment où les gens vont avoir de plus en plus de mal à s’identifier à toi et à s’approprier ton succès comme une projection de leur réussite rêvée non ?
    Moi en tout cas j’attends.
    Prévenez moi quand les gens n’en peuvent plus.

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