Giorgio Moroder, Disco Messiah

 

 

 

 

Nouvelle preuve du retour flamboyant des années 70-80 et de leurs sons fun, funk et disco, cette annonce, en grande pompe, du grand retour de Giorgio Moroder, prévu pour 2015 avec l’album 74 is the new 24. Pour illustrer ce retour avec quelques mois d’avance, un premier titre, éponyme, a été mis en ligne avec son clip sombre et étoilé. Perso, je n’accroche pas trop, mais je prends ce titre comme une sorte de teaser pour ce qui nous attend ensuite.

 

 

 

Car Giorgio Moroder, qui c’est ? Bah c’est tout simplement le créateur de ce que l’on a appelé le synth disco, et par extension, de l’italo-disco, du post-disco et du synthrock. Né en 1940 dans un patelin nommé Urtijëi qui, contrairement à ce qu’on pourrait penser à la vue d’une orthographe pareille, n’est pas en Scandinavie mais bien en Italie, dans le Tyrol du Sud, Giorgio Moroder a entamé une carrière de musicien dans les années 60 et a percé dans les années 70, en produisant notamment l’essentiel des tubes de Donna Summer : Love To Love You Baby, Bad Girl, No More Tears (Enough Is Enough), Hot Stuff, I Feel Love, Last Dance, On The Radio

 

 

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Bref, tout ce que, dans ma génération, on connaît de Donna Summer, existe grâce à Giorgio Moroder, cet hérétique qui abandonna les orchestres acoustiques du disco pour le redéfinir avec de bons gros synthétiseurs, générant un son unique et culte qui allait définir la décennie suivante, jusque dans ses dérives pop les plus navrantes. Il est également connu pour détenir trois oscars, puisqu’il a produit l’ultra-célèbre B.O. de Midnight Express, récompensée en 1979 :

 

 

 
Mais aussi deux chansons ayant obtenu l’oscar de la meilleure chanson originale : What A Feeling, d’Irene Cara…

 

 

 

Et Take My Breath Away, de Berlin.

 

 

 

Il a également produit la B.O. de Scarface en 1983, et a influencé les Daft Punk qui lui ont consacré le long morceau Giorgio By Moroder sur Random Access Memories l’an dernier. En 1980, on retiendra aussi qu’il a écrit et produit Call Me, pour Blondie…

 

 

 

 

Et puis bon, au milieu des années 80, la boulette, il a sorti une B.O. pop (avec Bonnie Tyler, Freddie Mercury, Pat Benatar…) pour illustrer la version restaurée de Metropolis, le film de Fritz Lang de 1927, s’est fait descendre en flèche pour cette hérésie de trop, et a un peu perdu de sa superbe, disparaissant peu à peu des radars mainstream. N’empêche qu’en à peine dix ans, il s’était construit une place royale au Panthéon de la pop music. Alors quand il annonce que son album de 2015, le premier depuis un bail qu’il sorte sous son nom propre, contiendra des collaborations avec Sia, Kylie Minogue, Britney Spears, Charli XCX, on ne peut s’empêcher d’y voir un adoubement, un passage de témoin à une génération pop forcément marquée au fer rouge par l’influence de ce pionnier de la dance. Pour ma part, j’attends de voir si ça peut vraiment prendre (qui se souvient de l’ultime album de la pourtant culte Donna Summer, Crayons, paru en 2008, ou de Closer To The Truth, le dernier album de Cher sorti il y a à peine un an ? Avoir un nom culte d’il y a trente ans ne suffit pas toujours à créer l’évènement d’aujourd’hui), mais je suis assez confiant, pour la simple raison que Giorgio Moroder n’est pas un chanteur, mais un producteur. Ce n’est donc pas son charisme ou son investissement personnel, à 75 piges, dans la promo de son album, qui scellera le destin de celui-ci, mais très probablement la mobilisation spontanée des fans d’EDM, de Daft Punk et des chanteuses qu’il a sollicitées pour ses (probables) singles. Et comme les succès de Max Martin, Dr Luke, Timbaland, Ryan Tedder ou Rodney Jerkins survivent largement aux carrières de Brandy, Destiny’s Child, Toni Braxton, Katy Perry, ‘N Sync ou Keri Hilson, on peut se dire qu’à l’heure des DJs-producteurs-stars (Diplo, Calvin Harris, Avicii, David Guetta, Zedd) et du retour en grâce du funk, le comeback de Giorgio Moroder pouvait difficilement tomber avec un meilleur timing.

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