Lorde – Yellow Flicker Beat

 

 

 

 

C’est fou comme la B.O. du troisième volet ciné de la saga Hunger Games a réussi à s’imposer dans les radars pop, avant même sa sortie. Je veux dire, les deux premiers volets avaient aussi vu leur B.O. inviter un tas de guests prestigieux et avaient assez bien scoré dans les charts US, mais on était loin de la vraie exploitation musicale du filon Hunger Games. A chaque fois, un single-phare, mais rien d’énorme au niveau des ventes de singles. Pourtant, c’est pas faute d’avoir essayé, hein. Il y a eu le déprimant Safe & Sound de Taylor Swift :

 

 


Atlas de Coldplay :

 

 

 

Elastic Heart de Sia feat. The Weeknd et Diplo, également sur le deuxième volume :

 

 

 

Pas des signatures dégueu’, en somme. Pourtant aucun de ces titres n’est devenu un tube mondial. Mais depuis qu’on sait que c’est Lorde qui a été engagée comme « directrice artistique » de la B.O. du troisième volet (en gros, c’est elle qui a fait la curation des titres de la compil’ à partir de ses goûts musicaux personnels et de l’univers de la saga – d’où les cris d’orfraie qui ont accompagné l’annonce de la présence de Stromae sur cette B.O., la presse musicale et people s’extasiant à l’idée que Lorde connaisse un artiste francophone), il y a comme une légère montée de la pression autour de tout ça. Déjà parce que le timing est idéal, pile un an après Royals, pour que Ella Yelich-O’Connor revienne sous le feu des projecteurs. Ensuite parce qu’elle est une star mondiale récente mais à la respectabilité musicale bien établie auprès des professionnels (deux Grammys en poche avant ses 18 ans) et que contrairement à Taylor Swift ou Coldplay, ses derniers / premiers singles ont réussi à performer dans les charts du monde entier, sans barrière culturelle apparente.

 

 

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En fait, Lorde semble, par certains aspects, avoir le profil d’une Adele. Les producteurs ont-ils dans l’idée de faire une Skyfall ?… Car si le single d’Adele a bien remis une idée dans la tête des producteurs de blockbusters, c’est que même si votre film n’a rigoureusement aucune chance aux Golden Globes ou aux Oscars dans les catégories reines, une statuette pour le titre-phare de la B.O. ne peut faire de mal ni au film ni au disque… Z’avez qu’à demander à Kristen Anderson-Lopez et Robert Lopez, les concepteurs de la B.O. de Frozen, devenu l’album le plus vendu de l’année aux États-Unis. Marier succès en salles et sommet des charts est le nouveau must pour devenir légendaire en quelques mois. James Bond et Elsa sont passés devant la saga de Suzanne Collins à deux reprises, maintenant c’est son tour, nanmého. Le web commence donc, à la faveur du clip, à frémir autour de ce titre envoûtant, qui risque bien de meubler la fin d’année grâce au bruit retentissant que fera inévitablement le troisième volet des aventures de Katniss Everdeen.

 

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Le titre est très bon, avec ses couplets art pop planants et son refrain épique (I’m done with it ooh / This is the start of how it all ends / They used to shout my name, now they whisper it / I’m speeding up and this is the / Red, orange, yellow flicker beat sparking up my heart / We rip the start, the colours disappear / I never watch the stars there’s so much down here / So I just try to keep up with them / Red, orange, yellow flicker beat sparking up my heart) qui change un peu de la tristesse lancinante des autres singles issus de The Hunger Games, mais le clip y apporte une vraie dimension supplémentaire, à jouer de la nuit omniprésente, du clair-obscur, des danses frénétiques et habitées de la chanteuse, de sa solitude dans l’opulence comme dans le dénuement, des dangers extérieurs, des figurants qui entourent Lorde, comme indifférents à son sort. Les allusions à la solitude de Katniss Everdeen font écho aux thématiques déjà abordées par la chanteuse. Par bonheur, l’interprète, le titre et le film réussissent à coexister dans un équilibre qui, déjà, semble parfait. Emo mais pas trop, cool mais sans ostentation, qualitatif mais sans exclure le grand public. Outre un très bon titre pop, la B.O. de The Hunger Games: Mockingjay, Part 1 semble donc déjà nous promettre une chose : ce sera l’un des événements musicaux de cette fin d’année.

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