Love Me Harder

 

 

 

 

Ça y est, après avoir conquis une grosse partie de la planète avec Problem, son duo avec Iggy Azalea, cet été, Ariana Grande s’apprête peut-être enfin à confirmer. Non pas que Break Free, son single avec Zedd, ait été mauvais, mais il faut bien avouer qu’il n’a pas fait trop de vagues de ce côté-ci de l’Atlantique. Love Me Harder, son duo avec The Weeknd, devrait réparer cela, avec sa mélodie planante et son refrain particulièrement FM-friendly.

 

 

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A regarder Ariana Grande, avec ses oreilles de chat et sa manière de minauder comme une pin-up alors qu’elle continue, comme Selena Gomez, à avoir le look d’une gamine de quatorze ans, on en oublierait presque que la presse musicale la compare, depuis un moment, à Meuwahia Carey, icône pop passée par une des plus célèbres transitions petite fiancée de l’Amérique bien sage —> grosse bimbo siliconée white trash de ces quarante dernières années. Chez Ariana, pas encore de traces de décolletés aussi pigeonnants qu’impressionnants ou d’esthétique criarde et bubble pop pour accompagner une image joyeusement hédoniste : pour le moment, la petite star issue de l’écurie Nickelodeon semble décidée à mettre en valeur sa jeunesse et sa fraîcheur, tout en adoptant un stylisme hyper sage à base de justaucorps et de petites robes noires. Nymphette mais pas bimbo. Ça viendra peut-être.

 

 

ariana grande the weeknd

 

 

 

Toujours est-il que, si j’avais jusqu’à présent trouvé les comparaisons Ariana Grande / Mariah Carey un peu usurpées (Ariana Grande a un petit filet de voix aigu, pas l’amplitude vocale ni la capacité à produire le célébrissime son de sifflet de Meuwahia), ce nouveau single me donne de l’espoir : on y entend, plus clairement que jamais, une voix qui ne fait pas « voix de petite fille », et qui me rappelle, notamment sur les refrains, la jeune Mariah, pop et pas encore complètement « technicienne vocale », de Someday ou de Emotions. C’est aussi sa première vraie ballade dans un R’n’B adulte, soigné et dark, que ne renieraient pas quelques-unes de ses aînées, après son incursion plutôt réussie sur le Bang Bang de Jessie J. Dommage qu’une fois de plus elle soit en duo ou en featuring : ne se fait-elle pas encore assez confiance pour porter un single toute seule ? Ou bien a-t-elle besoin de cautions respectables hip-hop / R’n’B pour s’installer durablement dans le paysage ? Faudrait pas qu’elle insiste trop, elle va nous faire une Ashanti… Mais qui sait, peut-être bien que cette fadasse petite starlette surexposée pourrait, à l’image d’une Mariah ou d’une Britney en leurs temps, faire taire ses détracteurs et, effectivement, être toujours là dans dix ou quinze ans. Encore faudra-t-il qu’elle commence à faire tourner l’usine à tubes. Parce que si Britney et Mariah peuvent se permettre, aujourd’hui, de faire des fours avec leurs albums studios, de s’investir au minimum syndical dans des tournées faramineuses qui coûtent un bras à leurs fans ou de s’enterrer sans crainte de disparaître dans des résidences à Vegas, c’est aussi parce qu’elles se reposent sur le confortable matelas de hits de leur début de carrière.

 

 

 

 

Ariana Grande, même avec Problem en poche, est encore loin d’avoir réuni le petit panthéon pop façon Baby One More Time / Crazy / Oops I Did It Again / I’m A Slave 4 U / Toxic qui lui permettra ensuite de faire la feignasse pendant quinze ans sans que ses revenus ne s’en ressentent. Love Me Harder, avec son joli refrain et son ambiance à la Drake (merci The Weeknd), pourrait être une nouvelle pierre à cet ambitieux édifice.

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