Cold in July

cold in july poster

Je suis un public assez facile, mais il y a une astuce narrative pour laquelle je tombe toujours : l’histoire qu’on n’avait pas vu venir et qui devient la seule chose qui nous intéresse, alors qu’on était parti, en début de film, sur une première histoire qui n’avait rien à voir. Les fausses pistes, c’est a priori une petite fainéantise de scénaristes qui veulent gagner du temps et prendre un peu le spectateur pour une bille. Mais moi, j’adore me faire balader, quand c’est bien fait et justifié. Et dans Cold in July, c’est bien fait. Les comparaisons, sur l’affiche, avec Tarantino et les frères Coen, sont un peu concons, vu qu’en termes d’ambiance ça n’a rien à voir (à part quelques fulgurances de violence, que ces réalisateurs gèrent de toute façon très différente), mais si ça peut attirer des spectateurs en salle, ce n’est pas si mal.

 

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Le pitch :
1989. Texas. Par une douce nuit, Richard Dane abat un homme qui vient de pénétrer dans sa maison. Alors qu’il est considéré comme un héros par les habitants de sa petite ville, il est malgré lui entraîné dans un monde de corruption et de violence.

 

 

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Adapté d’un roman de Joe R. Lansdale qui date effectivement de 1989, Cold in July commence comme un thriller et semble peu à peu virer au film d’horreur (le père de l’homme abattu par Richard Dane, fraîchement sorti de prison, semble décidé à venger son fils et se met à harceler la petite famille), mais passe ensuite par plusieurs phases, du polar au buddy movie en passant par le road trip et l’épopée sanglante. Le tout, dans une partie du Texas moins montrée au cinéma que son pendant désertique : le Texas vert. Pas trop de cactus ou de canyons ici, mais des forêts, prairies d’élevage, petites villes… Avec un cowboy un peu haut en couleurs, quand même, en la personne de Don Johnson (l’ex-mari de Melanie Griffith et papa de Dakota Johnson, dont on entendra pas mal parler cette année à la faveur de Fifty Shades of Grey), et un Michael C. Hall à mulet. La bonne surprise de ce début d’année, malgré quelques longueurs, mais porté par un trio improbable et une histoire derrière l’histoire, qui vous emporte jusqu’aux confins du glauque et de la violence, et vous laisse songeur : quand cesse-t-on de se préserver de la violence, alors même qu’on mourrait de peur quelques jours avant ? A partir de quand une quête de vérité et de justice laisse place à une fascination pour cette violence ? Et quand est-on capable de s’arrêter ?

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