Iggy Azalea Feat. Jennifer Hudson – Trouble

 

 

 

La hype autour d’Iggy Azalea est bien retombée ces derniers mois, après une série d’attaques plus ou moins injustifiées sur son talent, son physique ou sa légitimité à s’exprimer dans une grammaire musicale comme celle du hip-hop, qui l’ont finalement poussée à se retirer des réseaux sociaux pour ne plus subir un torrent quotidien d’insultes et de polémiques à deux balles. Un peu comme Macklemore avant elle, Iggy a été victime de racisme : trop blanche, pas assez ghetto pour avoir le droit d’être badass. Eminem, parce qu’il vient très ouvertement de banlieue et que ses névroses d’enfance difficile transpirent à travers toute son œuvre, a toujours échappé à cela, son flow nasillard et atypique étant considéré avec respect et bienveillance par de ses pairs.

 

 

Pour Iggy Azalea, on a parlé d’appropriation culturelle, de black face, de droit des blancs à venir se greffer sur le terreau culturel des souffrances noires… Bref, on voit que les amateurs de rap, aux États-Unis ou ailleurs, ont un peu de mal avec l’idée du rappeur blanc qui s’acoquine avec un milieu hip-hop pour se « white-trashiser » à peu de frais. Alors quand il s’agit d’une rappeuse… Parce que, ne rêvons pas, c’est aussi en tant que femme qu’Iggy Azalea a été attaquée, notamment par Snoop Dogg, qui l’a élégamment bashée sur son physique. Première rappeuse à classer deux hits simultanément dans le top 5 US (Fancy et Problem, respectivement N°1 et N°2), la blonde ex-mannequin australienne n’a pas vraiment plu à Nicki Minaj ou Azealia Banks, qui n’ont pas encore ce genre de faits d’armes à leur actif… Et aux Grammy Awards, face à Eminem et Kendrick Lamar dans les catégories hip-hop, et face à Sam Smith dans les catégories Record of the Year et Song of the Year (pour Fancy), on ne compte plus le nombre de réactions soulagées, en ligne, de voir Iggy Azalea repartir bredouille (surtout un an après avoir vu le trop populaire, trop consensuel et surtout trop blanc Macklemore repartir avec des prix qu’on pensait destinés à Kendrick Lamar)…

 

iggy prison

 

Alors ça fait plaisir de voir Iggy revenir, avec Trouble, une chanson efficace et sympa qui accompagnera l’arrivée du printemps avec entrain. Bon, on s’interroge un peu sur l’idée de faire ENCORE un duo, tout comme sur celle de faire ledit duo avec Jennifer Hudson, une artiste qui peine depuis des années à s’imposer à l’international. Mais après tout, Rita Ora et Charli XCX n’étaient pas Lady Gaga ni Rihanna, et leurs duos respectifs avec la rappeuse ont cartonné (alors que celui avec la nettement plus connue Jennifer Lopez… :-/). Punchy et rigolote, la chanson Trouble mérite de faire son bout de chemin dans les charts mondiaux, ne serait-ce que parce que je trouverais ça moche, après toutes ces polémiques minables qu’il faut bien qualifier de misogynes et racistes, que le grand public suive le mouvement et lâche Iggy en route.

 

 

 

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