Jimmy Fallon x Saved By The Bell

 

 

 

Pour être honnête, si j’étais un peu fainéant (comment ça, je le suis ?), je pourrais aisément relayer chaque semaine des vidéos de late-night shows américains pour parler d’un souvenir, d’un film ou d’une série en cours de promotion, ou même d’un sujet de société. Ces talk-shows dont YouTube diffuse allègrement les meilleures pastilles depuis des années sont souvent drôles, et prompts à susciter réflexion, amour inconditionnel devant la manifestation d’amour d’une star qui réussit son sketch, ou nostalgie. Depuis qu’il a remplacé Jay Leno à la présentation du Tonight Show de NBC, Jimmy Fallon a beaucoup œuvré pour la popularité de l’émission en ligne (qui doit d’ailleurs pratiquement toucher davantage de personne comme ça qu’en direct), et notamment en-dehors des frontières américaines, en proposant des sketches people consciencieusement compilés sur le compte YouTube du Tonight Show et repris en masse par la presse en ligne, y compris en France. Et il n’est pas le seul : The Colbert Report, Conan O’Brien, Seth Meyers et bien entendu Jimmy Kimmel, l’autre Jimmy trublion quadra bien identifié de notre côté de l’Atlantique, font régulièrement la joie des internautes français, qui se demandent parfois pourquoi on ne sait pas faire ça en France (et surtout, pourquoi, quand on essaye, on se retrouve avec l’émission du vendredi d’Arthur)… Peut-être parce qu’aux États-Unis, les animateurs ne sont pas des comiques ratés mais des comiques qui choisissent de faire carrière et de s’exprimer sur ce format très particulier, qui n’a peut-être pas la noblesse du one man show ou du cinéma mais qui, bien fait, peut vraiment être une tuerie…

 

 

Jimmy Kimmel est notamment régulièrement repris sur les sites français grâce à la reprise YouTube de sa pastille Celebrity Mean Tweets, qui est bien souvent hilarante :

 

 

 

Et il a accédé à une certaine notoriété en France lorsqu’il a lancé, en 2009, la fameuse inimitié qui le lie à Matt Damon depuis que celui-ci lui a « volé » sa petite-amie de l’époque, Sarah Silverman :

 

 

 

Haine dont on trouve régulièrement des suites plus ou moins absurdes dans ses émissions :

 

 

 

 

 

 

 

Mais Jimmy Fallon est souvent encore plus fort, avec son émission fictive Ew! qui a donné lieu à des moments d’anthologie :

 

 
 
 

 

 

 

 

Ainsi qu’à un single débile :

 

 

 

 

 

Ou encore en réunissant les acteurs de Full House l’an dernier, pour ses débuts dans le Tonight Show :

 

 

 

 

Cette semaine, c’est donc en réunissant une grosse partie du casting de Sauvés par le gong / Saved By The Bell (Mark-Paul Gosselaar, Tiffani Thiessen, Elizabeth Berkley et Mario Lopez – mais pas Dustin Diamond ni Lark Voorhees, les deux membres les plus abîmés de cette fine équipe) qu’il a fait un gros coup en ligne (près de 20 millions de vues en deux jours) :

 

 

 

Bon, alors moi, Saved By The Bell, qui s’est terminée quand j’avais huit ans et qui s’est poursuivie par des téléfilms et spin-offs inutiles qui ont contribué à la ringardiser jusqu’en 2000, on peut pas vraiment dire que ça ait été central dans mon enfance télévisuelle. Du coup, c’est bien longtemps après que je me suis rendu compte que Kelly Kapowski était plus jolie et plus sympa que Brenda Walsh qui s’habillait avec les rideaux de la chambre de ses parents (quand, justement, Tiffany Thiessen a hérité du rôle de méchante supposée compenser l’absence de la mi-gentille mi-pénible Brenda, une fois que Shannen Doherty a quitté Beverly Hills – même si on sait bien qu’après, ça n’a plus jamais été pareil). Oui, j’étais un peu plus éveillé, par la suite (disons 94-95) pour les diffusions françaises en access prime time de Beverly Hills ou de Hartley Cœurs à vifs, question « fictions lycéennes », et de Melrose Place, question « fictions traumatisantes » ; et globalement, tout ce qui a précédé cette époque ne m’est vraiment apparu que rétrospectivement, des années plus tard, par la magie des émissions TV tirant sur la corde nostalgique et, plus encore, par la magie du web. Genre, euh, avant Frozen, je savais pas vraiment qui était Madonna et n’avais jamais entendu parler de Paula Abdul ou de George Michael, quoi.

 

 

saved by the bell

 

Saved By The Bell pâtit un peu, aussi, dans l’imaginaire collectif, de sa position temporelle un peu bizarre, au tournant entre les 80’s et les 90’s. D’autres séries sont beaucoup plus identifiées 90’s que celle-ci, qui se trouvait par ailleurs être diffusée en journée dans les émissions pour enfants en Europe (personne ne se souvient de Giga ?) et en syndication : en vrai, à part les trentenaires qui avaient entre dix et quinze ans en 1990, pas grand-monde n’est nostalgique de cette sitcom un peu bébête et moralisatrice. Mais bon, on est en 2015, et le public originel de la série a entre 35 et 40 ans : ils sont au pouvoir dans les médias et dans le showbiz.

Alors certes, cela n’a pas, pour moi, l’impact de voir réuni le casting de Buffy contre les vampires ou celui de Friends, qui étaient les shows établis quand moi j’avais 15 ans, mais la démarche est impeccablement exécutée, avec tenues criardes, téléphones datés et argot djeunz complètement ringard. Je ne perds pas espoir de voir Jimmy Fallon réunir un jour sur son plateau le cast de Friends en entier (ou celui de That ’70s Show, ou de Malcolm, ou de Will & Grace…) pour donner à ces sitcoms la piqûre de rappel et de nostalgie gentiment moqueuse que leur postérité réclame.

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