Les Nouveaux Héros / Big Hero 6

Ces derniers mois, on peut dire que Disney est on fire au ciné. Pourtant, un an après La Reine des Neiges, son nouveau long-métrage d’animation, Les nouveaux héros / Big Hero 6, a fait significativement moins de bruit et de vagues que les aventures d’Elsa et Anna. Toutes proportions gardées, hein : le film dépasse à ce jour les 500 millions de dollars de recettes au box-office mondial, ce qui est très bien. Mais il faut bien avouer qu’on sent la différence avec le raz-de-marée Let it go. La faute à une stratégie marketing peut-être un peu plus low profile (c’est compliqué de suivre et de prétendre faire aussi bien qu’un long-métrage animé qui a dépassé les 1,2 milliard de dollars de recettes mondiales moins de neuf mois avant), qui a même amené le film à sortir chez nous en catimini, en février, plutôt que dans les nettement plus propices semaines précédant Noël. Dommage, car ce charmant mariage arrangé avec Marvel avait tout pour ratisser large, même (voire davantage) en été.

 

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Le pitch, selon Allociné :
Un petit génie de la robotique nommé Hiro Hamada découvre qu’un complot criminel menace de détruire la ville de San Fransokyo. Avec l’aide de son plus proche ami, Baymax le robot infirmier, et de ses compagnons qu’il va transformer en une bande de superhéros high-tech, Hiro va tout faire pour sauver la ville et sa population de l’infâme Yokai…

 

BIG HERO 6

 

Sauf qu’en vrai, le pitch c’est pas trop ça. Dans le film, il est avant tout question de deuil et de vengeance, avec un drame qui survient dans les vingt premières minutes et qui, par la suite, enclenche les événements qui feront de Baymax le meilleur ami de Hiro (ce qu’il n’est pas du tout au début) et amèneront à la création de la bande de super-héros.

 

 

baymax disney

 

 

C’est d’ailleurs quelque chose que je reprocherais un peu au film : outre son manque de vraisemblance (où trouvent-ils le fric pour se payer tous ces composants de robots sans se faire détecter par leur université ou par le fisc, ces petits génies – notamment Hiro l’orphelin qui vit au-dessus du rade de sa tante et l’homme masqué ?), il a un titre un peu con-con, du moins pour un premier volet (mais on sent la suite poindre à dix kilomètres, même si ça dépendra avant tout du score final de Big Hero 6 au box-office mondial). En effet, et même si les six superhéros sont sympas, ils ne sont qu’un accessoire, un second plan de l’intrigue principale, qui est celle de Hiro et de la manière dont son amitié avec une machine va l’aider à avancer et à grandir. C’est d’ailleurs clairement de ce côté-là que l’attachement et une grande partie du fun se crée, et la notion de « superheroes squad » s’efface pas mal au profit du récit initiatique. Peut-être, donc, la notion de nouveaux héros / big hero 6 prendra plus de sens dans une suite au ciné, ou même dans une série animée ?

 

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Sinon, Les nouveaux héros se laisse regarder avec plaisir, par les petits (il y avait des mômes à la séance à laquelle j’ai assisté, ils étaient régulièrement pliés de rire) comme par les grands (c’est dans la lignée de ces films post-Shrek avec un double degré de lecture et des sous-entendus triviaux), même s’il ne révolutionne pas la mayonnaise : seconds rôles geeks servant de gentilles voix de la raison, héros immature qui grandit grâce à l’intrigue, personnage robotique dont la cocasserie tient beaucoup à son absence de second degré (mais avec ici un petit plus, son adorable physique de baudruche), conclusion un peu donneuse de leçon sur la droiture et l’humanisme… Bref, ce qu’on peut attendre d’un Disney, davantage que ce qu’on peut attendre d’un Marvel. Mais on est venus voir un Disney, alors ne boudons pas notre plaisir.

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