One Big Happy : moderne famille

 

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Depuis la fin de Happy Endings en 2013, Elisha Cuthbert, celle qui était la plus « star » du lot lorsque la série avait commencé (merci 24), a aussi été l’une des plus discrètes : Adam Pally a vite rebondi dans The Mindy Project, Damon Wayans Jr dans New Girl, Casey Wilson dans Marry Me, Eliza Coupe dans Benched… C’est donc un plaisir de la retrouver dans un rôle principal, dans une série de network. En l’occurrence, One Big Happy, sur NBC, qui est (semi-bon signe) une création de Liz Feldman, l’une des scénaristes régulières de 2 Broke Girls.

 

Le pitch :
Lizzy est lesbienne. Luke est hétéro. Ils sont amis depuis l’enfance. Ils vivent dans le même appartement. Et ils ont décidé de faire un bébé ensemble. Tout aurait pu être très simple, oui mais voilà : les tentatives d’insémination artificielle échouent les unes après les autres et Luke vient de trouver l’amour de sa vie, Prudence, une anglaise sur le point d’être expulsée…

 

ONE-BIG-HAPPY

 

Après plusieurs années de Modern Family et quelques variations plus ou moins ratées autour de l’inclusion des LGBT dans la sitcom « familiale » traditionnelle (The New Normal, Sean Saves The World, Partners, The McCarthys… voire The Fosters dans le drama), NBC tente donc une nouvelle série légère et dédramatisante autour des modèles familiaux alternatifs. Ici, pas de surprise (SPOILERS, quand même) : Luke va vite épouser Prudence pour empêcher son expulsion du pays (et par amour, hein, on n’est pas des sauvages, va), et finalement l’insémination de Lizzy va marcher, forçant tout ce petit monde, qui n’avait pas prévu la coïncidence de tous ces événements, à cohabiter et à former ensemble une grande famille non-traditionnelle. L’un des running gags, au bout de trois épisodes, promet d’ailleurs d’être la manière dont va être désignée Prudence, la « régulière » de Luke, dans cette famille recomposée : belle-maman ? tatie ? Pru-Pru ?… La réponse n’a pas encore été trouvée.

 

one big happy pilot

 

 

Il faut en tout cas donner sa chance à la série au-delà du pilote, un peu poussif, qui emprunte à 2 Broke Girls son côté trying too hard : vannes toutes les deux répliques, références stéréotypées et datées (« J’aurais dû deviner que j’étais lesbienne, j’avais appelé mon chien Ellen » *rires enregistrés*) (allo, les gars, je sais bien que c’est un clin d’œil au fait qu’Ellen DeGeneres est productrice de la série, mais les vannes Ellen = lesbienne, quoi… on est en 2015, vous savez ?) (2015)… Car une fois passé ce premier épisode un peu faible pour cause d’exposition hyper démonstrative (il faut BIEN qu’on pige que la jolie Elisha Cuthbert et le playboy Nick Zano ne vont JAMAIS tomber dans les bras l’un de l’autre), la dynamique de groupe se met en place, et laisse entrevoir des moyens, pour la série, de ne pas s’étouffer dans son concept de base : on perçoit ainsi la possibilité d’élargir cette « big happy » famille aux beaux-frères et belles-sœurs, à la future copine de Lizzy (qui a déjà eu deux « love interests » dans son radar en trois épisodes : au moins sa sexualité, faute d’être aussi expressive et étalée au grand jour que celle du couple hétéro de la série, n’est pas qu’un simple argument marketing et a une véritable existence narrative), aux amis… et de véritables respirations comiques apparaissent alors, au-delà du seul trio et de sa cohabitation forcément un peu chaotique dans des conditions si inattendues.

 

 

Pas révolutionnaire ni extrêmement drôle dans son exécution (beaucoup de vannes à base de clichés sur les lesbiennes et sur les hétéros vus par les lesbiennes), One Big Happy est pourtant sympathique, permettant à Nick Zano de se caser, enfin, dans une série pour un arc de plus de trois épisodes, et à Kelly Brook (essentiellement connue pour avoir joué dans Piranha 3D et être sortie avec Jason Statham) de révéler un timing comique tout à fait appréciable. Elle participe aussi à une saine dédramatisation de la manière dont on peut faire famille sans pour autant prendre les chemins les plus balisés, ce qui fait du bien ces temps-ci.

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