Prizoners

 

 

 

 

 

Après HintHunt et La Pièce, troisième Escape Room parisienne essayée ce week-end : Prizoners. Ou comment le concept se revisite à travers une trilogie épique de type « Sydney Bristow contre les fidèles de Rambaldi ». A savoir, ici, l’Ordre Pourpre, une organisation de méchants qui veulent… euh, régner sur la Terre et imposer une dictature, je suppose. En fait, j’ai pas trop compris.

 

prizoners

 

Et c’est dommage, d’ailleurs, car c’est un aspect essentiel sur lequel Prizoners peut se distinguer de la concurrence et, surtout, te pousser à revenir : il y a une histoire, et les trois salles (Bastille 1635 – Sorbonne 1935 – Elyseum 2135) forment une intrigue complémentaire, à travers les siècles. Un peu de protocole et de geekerie serait donc les bienvenus, avec pourquoi pas des hôtes costumés et une cérémonie d’allégeance, le truc un peu nerd sur les bords mais qui aurait le mérite d’être rigolo et d’enrichir un peu le storytelling. Parce que bon, le gars ou la fille en baskets et jean troué qui te parle d’un ordre « super méchant » qui veut faire des trucs « vraiment pas terribles » alors « nous on veut à tout prix les anéantir » pour te motiver avant de t’enfermer dans la pièce où t’attend ta mission, niveau mise en jambe, c’est pas ce qu’il y a de plus crédible. Avec un discours plus rôdé (selon que l’équipe qui leur fait face en est à sa première, sa deuxième ou sa troisième pièce – et donc selon leur niveau de connaissance de l’intrigue) et un peu mieux incarné, Prizoners pourrait vraiment s’incarner dès le dépôt du vestiaire, et nous pousser davantage à nous investir dans le jeu. Dommage, sur ce point. Cela viendra peut-être, car on sent que par ailleurs, niveau ambiance, décors, mobilier, ils ont mis le paquet : on sent que les gens derrière Prizoners ont eu envie de faire les choses avec application et sérieux, et cela se ressent dans la fluidité du parcours de jeu comme dans l’immersion à une autre époque.

 

prizoners cheminée

 

Pour le reste, c’est une Escape Room assez classique, avec de la fouille, des indices et des cadenas en veux-tu en voilà, que tu galères à ouvrir que ce soit avec une clé planquée ou une combinaison à reconstituer par des moyens tordus : j’aime toujours autant. Comparé à d’autres Escape Room, Prizoners mise peut-être un peu plus sur des codes et des problèmes « matheux » (rien d’inaccessible cependant), mais ne nous perd pas trop en fausses pistes de type page à décoder pour au final tomber sur un message genre « Coucou, c’était une blague, en fait cet indice ne sert à rien et les dix minutes que tu viens de perdre à traduire ce message m’ont bien fait marrer XOXO biatch ». J’ai plutôt apprécié puisque, en dépit de ma légendaire inaptitude (je suis du genre à ne pas réussir à ouvrir un cadenas malgré la bonne combinaison – ou, comme ce week-end, à m’acharner à pousser une porte qu’il m’aurait suffi de tirer), nous avons fini dans les temps.

 

 

Comme cela a flatté mon égo, nul doute que je me laisserai bientôt tenter par une des deux autres salles de Prizoners. L’histoire, quoiqu’improbable, suscite la curiosité, et j’aimerais bien voir comment elle se termine. Petit bémol toutefois : comme l’objectif de la mission est, en une heure, de trouver quelque chose, et non de sortir de la pièce, il y a une petite sensation de frustration une fois qu’on a fini. Genre « Bah euh… et maintenant on fait quoi ? » « Bah maintenant on sort de la pièce par la porte, on n’était pas enfermés en fait ». La sensation d’achievement, de réussite couronnée par la libération de la porte qui s’ouvre, ne se retrouve pas dans la solution du jeu comme dans une vraie sortie après une heure d’enfermement. Mais franchement, quand on a gagné, on s’en fout. :p

 

 

 

PRIZONERS
15, rue Quincampoix
75003 Paris

 

1h, par équipe de 3 à 5 joueurs
Ouvert tous les jours, de 10h a 22h, 7 jours sur 7
Tarif moyen par personne : 20 à 25€
Réservations en ligne sur prizoners.com

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