Une belle fin – Still Life

 

still life poster

 

Le jour où je suis allé voir Good Kill au cinéma, j’avais besoin de me changer les idées et j’ai donc enchaîné avec la séance suivante, lors de laquelle j’ai donné sa chance à Une Belle Fin (Still Life), le film d’Uberto Pasolini, dont les affiches et les critiques entraperçues me vantaient la poésie et la douce loufoquerie. Autant dire que ce soir-là, en rentrant chez moi, j’avais surtout envie, après ces deux films de grosse ambiance, de m’envoyer une tablette de Valium Milka. Critique spoiler-ish.

still life

Le pitch, selon Allociné :
Modeste fonctionnaire dans une banlieue de Londres, John May se passionne pour son travail. Quand une personne décède sans famille connue, c’est à lui de retrouver des proches. Malgré sa bonne volonté, il est toujours seul aux funérailles, à rédiger méticuleusement les éloges des disparus… Jusqu’au jour où atterrit sur son bureau un dossier qui va bouleverser sa vie : celui de Billy Stoke, son propre voisin.

 

still life eddie marsan joanne froggatt

 

Alors oui, c’est poétique, ces personnages truculents que le héros croise, cette vie rythmée comme du papier à musique à base de repas millimétrés et de plongées pleines d’empathie dans les souvenirs de personnes mortes seules et vraisemblablement oubliées de tous, auxquelles le personnage principal (très seul lui aussi… tu la sens pas venir à dix kilomètres, la fin ironique et métaphysique ?) s’efforce de redonner, une dernière fois, une place parmi les vivants. Mais c’est surtout super hyper méga triste, quoi. Subtilement triste, puis carrément tire-larme limite over-the-top dans ses cinq dernières minutes. Je veux dire, une heure trente au son de la séquence « disparus » des César, t’as envie de te tirer une balle, non ?

 

 

La performance d’acteur d’Eddie Marsan, abonné aux seconds rôles chez des réalisateurs de prestige (Woody Allen, Terrence Malick, Mike Leigh, Guy Ritchie, Michael Mann, Alejandro González Iñárritu), et qu’on a donc instantanément la sensation de connaître sans être capables de vraiment le remettre (cela donne une dimension supplémentaire à John May, je trouve), ne manque toutefois pas de charme, dans son personnage effacé et grisâtre qui, peu à peu, se réveille au contact des vivants qu’il retrouve. S’il n’est pas séduisant (trop austère, entre deux âges, air contrit donnant la sensation de se tracasser d’un rien), on se retrouve rapidement piégé par l’empathie que nous inspirent ses démarches sincères pour permettre à ces morts, indigents ou isolés de toute famille, de retrouver un minimum de dignité en laissant une dernière trace de leur passage sur Terre. Joanne Froggatt, comme dans Downton Abbey, est ravissante. L’exploration, faite par le réalisateur, des ramifications de la mort sur les vivants, et de la solitude urbaine qui nous rend tous si fragiles face aux trous béants de l’anonymat, doit beaucoup à leur charisme et à leur alchimie, toute tardive soit-elle.

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