Rita Ora – Poison

 

 

 

Iggy Azalea, Ariana Grande, Rita Ora… La roue tourne et l’année 2015 ne brille plus du même éclat que 2014 dans les charts pour les reines de la pop de l’été dernier, lâchement abandonnées par leurs fans et reléguées au second plan loin derrière Taylor Swift. C’est moche. Si Charli XCX fait encore illusion grâce au songwriting, son duo Doing It avec Rita Ora a fait pschitt et Drop That Kitty, son featuring avec Ty Dolla Sign n’a pas encore fait de vagues. Iggy Azalea perd en popularité et en crédibilité à chaque nouvelle déclaration d’un rappeur ou d’un hater sur elle. Ariana Grande est un peu en retrait sur la fin d’exploitation de My Everything. Jessie J fait de la pub pour Tuc. Reste Rita Ora, qui s’est tellement laissée distraire par ses succès en featuring qu’elle en a oublié de se relancer dans la promotion de son futur album, toujours pas sorti, mais dont le lead single I Will Never Let You Down est tout de même sorti il y a plus d’un an…

 

rita ora street look

 

Bon, la chanson est assez random (I pick my poison and it’s you, bon, les relations dysfonctionnelles en chanson, c’est pas le comble de l’originalité en 2015), quoique catchy au bout de trois écoutes, mais le clip montre l’essentiel du potentiel de Rita Ora : une jolie fille, charismatique, complètement à sa place dans des défilés de mode et sur des couv’ de magazines, mais dont on ne sait pas trop quoi faire jusqu’à présent, en musique ou au ciné, et un peu risible quand elle se prend pour Lââm 50 Cent. Ici, cela se fait à travers une métaphore ultra-remâchée de la nénette repérée par un pygmalion et qui se perd dans le tourbillon du succès, du luxe et du fric, oubliant ses racines et sa street cred. Et la boucle qui se boucle, le temps qu’elle se rende compte de son erreur : l’industrie retourne chercher l’inspiration et le souffle punk-rock là où elle l’avait trouvée au départ. Car si le luxe se coupe volontairement du commun des mortels, c’est pourtant chez l’homme de la rue qu’il va chercher ses signes iconoclastes, ses idées subversives, et si possible son pouvoir de fascination. Une sorte de fable sur le showbiz, le pouvoir et la gestion du succès, en somme.

 

rita ora photoshoot

 

Et c’est drôle, dans la mesure où Rita Ora, véritable Kate Moss de la pop anglaise turbinant pour plus de marques qu’un étage des Galeries Lafayette, joue régulièrement sur son image de jeune anglaise exotique, née de parents yougoslaves et musulmans, pour être crédible dans la presse musicale. La chanteuse, faute de réussir à durablement percer en-dehors du Royaume-Uni (où elle a déjà trois singles numéro 1 au compteur), pourra pendant encore un moment compter sur sa capacité à signer des endorsements juteux : Marks & Spencer, Rimmel, Samsung, Adidas, Roberto Cavalli, Coca-Cola, et Frizz Ease apparemment, comptent sur elle. Vous avez dit méta ?

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