La Pop-Pouffe de juillet

 

 

Un peu disparue des radars depuis Really Don’t Care, son duo avec Cher Lloyd en 2014, Demi Lovato voudrait bien réitérer, voire dépasser, son exploit de 2012 dans les charts, lorsque Heart Attack, son plus gros hit à ce jour, avait atteint le top 10 dans les pays anglo-saxons. Pour ce faire, elle a décidé d’user d’une méthode qui a fait ses preuves : casser son image avec un titre et un clip tonitruants.

 

 

Il faut dire que la chanteuse se traîne une image cheesy : un premier single issu de Camp Rock de Disney Channel (dans lequel elle jouait) en duo avec Joe Jonas, quelques hits mineurs qui ressemblent à du sous-Kelly Clarkson, une participation à Glee potentiellement sulfureuse – en petite amie de Naya Rivera – transformée en caméo niais et embarrassant (son personnage n’a même pas eu droit à une sortie), son single Let It Go issu de la B.O. de La Reine des Neiges largement éclipsé par la version d’Idina Menzel… La pauvre Demi n’a tout simplement jamais misé sur le bon cheval, jusqu’à présent, pour espérer devenir une popstar à l’impact mondial, comme elle le souhaite très probablement. Et comme elle a la classe (ou n’intéresse pas assez les paparazzis), elle n’a jamais utilisé ses problèmes personnels (boulimie, cocaïne, mort de son père) (quoiqu’elle avait tourné un documentaire sur sa désintox, en 2012, pour MTV) pour devenir une icône des pages de Closer ou de Public, comme une Lindsay Lohan, par exemple, qui n’a jamais réuni plus de 300 000 spectateurs dans les salles de ciné françaises, mais que tout le monde connaît quand même chez nous. Bref, Demi Lovato, après quatre albums solo, semblait un peu enfermée dans son image de pur produit pop américain, n’arrivant pas à s’imposer franchement en dehors de la porosité des marchés anglo-saxons.

 

demi lovato cool for the summer

 

Elle s’est donc entourée de l’artillerie lourde pour son comeback single, Cool For The Summer, dont mystérieusement elle ne propose le clip que fin juillet (ce qui est bête pour une chanson avec summer dans le titre et qui sort en été) : Max Martin, qu’on ne présente plus, Alexander Kronlund (qui a écrit quelques tubes pour Britney) et Savan Kotecha (qui a écrit l’intégralité des hits issus du dernier album d’Ariana Grande) sont donc les golden boys de la pop qui ont été chargé de lui concocter LE hit pop, le club banger que sa carrière attendait pour réellement décoller à l’international. Elle y est superbe, sexuellement plus suggestive qu’auparavant (dans les lyrics comme dans le stylisme, subtilement club et SM à base de lingerie et de tops à bandelettes), et surtout nettement plus dance, sans pour autant négliger de rassurants riffs de guitare pop-rock, qui rendent le titre particulièrement FM-friendly. L’aspect vaguement bi-curieux des paroles devrait émoustiller le public (Tell me what you want / What you like / It’s okay / I’mma little curious too / Tell me if it’s wrong / If it’s right / I don’t care / I can keep a secret, can you?), même s’il ne sera probablement pas suivi de déclarations publiques allant dans ce sens (on sent le coup calculé plus que l’affirmation à coeur ouvert). Mais si Katy Perry a pu lancer une carrière mondiale sur des rails aussi ouvertement attention whore, pourquoi pas Lovato ?

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