Janet Jackson – No Sleeep

 

 

 

Deux semaines sur YouTube, 5 millions de vues, une maigre 63ème place au Billboard Hot 100 (pour l’instant), une rachitique 104ème place en France… C’est sûr, s’il y avait une attente des fans et un intérêt médiatique autour du comeback de Janet, le grand public, lui, peine un peu à suivre. Non pas qu’on avait beaucoup d’espoirs de ce côté-là, quand même une Madonna qui occupe le terrain avec force et régularité depuis dix ans n’y arrive plus, mais l’ère de la domination dans les charts semble bien révolue pour Janet, qui peut toutefois encore surprendre avec son album. Rien à faire, depuis ses quarante ans, et à l’approche de ses cinquante, l’icône qui a défini dans les 80s-90s les canons du R’n’B féminin contemporain ne peut plus concurrencer les faiseuses de tubes sur les ondes et dans les bacs. Même quand elle propose un single FM-friendly (All Nite, Call On Me, Feedback), le grand public ne suit plus. On la traite un peu, déjà, comme une vétérane de la musique, façon Cher ou Diana Ross qui, de résidences à Vegas en albums achetés par douze personnes, continuent de faire leur bout de chemin discrètement, loin des fastes d’antan, mais toujours auréolées de la gloire de leurs hits.

 

 

La faute à l’éternel nipplegate ? L’excuse commence à vieillir un peu, quand même, d’autant que la presse, le web et le public laissent entendre depuis un moment que ce n’était pas si grave, que c’est de la pudibonderie et surtout que cela relève d’un double standard gênant puisque Justin Timberlake, l’autre vedette de l’infamante prestation du SuperBowl, n’a jamais pâti de cette polémique en termes de ventes (jeune, blanc et mâle vs. femme, noire et vieillissante). Le fait est que No Sleeep est une bonne chanson, R’n’B pur sucre, smooth et tout… mais pas vraiment un tube. Cela manque d’un refrain clair, d’une montée en puissance, bref d’une construction stéréotypée de hit commercial. Alors, l’accompagner d’un clip un peu boring, sans choré, sans histoire, sans message, avec juste Janet qui se balade, de nuit, dans la pénombre d’une villa design louée à la journée, nous gratifiant d’un sourire creepy évoquant Michael, avec pour seule animation J. Cole qui se multiplie par quatre… Disons que c’est un peu léger pour soulever durablement l’intérêt du grand public et des médias susceptibles de multi-diffuser le bousin.

 

Prochaine chance au single suivant pour la chanteuse, qui n’a peut-être plus vraiment envie de pondre des tubes à la chaîne et qui, quoi qu’il en soit, pourra compter sur l’album pour relancer l’intérêt du public… et sur sa somptueuse collection de hits pour illuminer les setlists de ses futurs concerts (la tournée Unbreakable Tour commence fin août en Amérique du Nord, et on ne sait pas encore si elle nous gratifiera d’un passage en Europe en 2016)…

Une réflexion au sujet de « Janet Jackson – No Sleeep »

  1. Ah l’implacable rouleau compresseur du temps qui passe et contre lequel personne ne peut rien… Il amène fatalement le désintérêt du grand public sans que l’on puisse vraiment expliquer pourquoi… Que les jeunes ne suivent plus ça peut être logique… Mais ceux qui ont acheté avant et qui, en toute logique, disposent d’un pouvoir d’achat plus important aujourd’hui, ne suivent plus non plus reste un mystère.
    Ce titre n’a pourtant pas à rougir à côté d’un « that’s the way love goes » qui avait été un tube planétaire à l’époque.

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