La Pop-Pouffe d’août

 

 

 

Aaaah, Lana Del Rey. Sorte de marionnette comique de la pop, elle trimballe son physique de Dalida mondiale sous perfusion de robes vintage et de poses Instagram de clip en clip depuis maintenant cinq ans, sans qu’on comprenne trop quel album ou quel EP elle est en train d’exploiter. High By The Beach, son nouveau single, qui devrait bientôt être suivi de Terrence Loves You, marque en l’occurrence le début de la promotion de l’album Honeymoon. Il ne devrait pas faire beaucoup plus de vagues que ses derniers efforts dans les charts, mais Lana Del Rey n’en est plus là.

 

 

Le titre n’est pas ouvertement commercial, mais Lana s’en fout : à ce stade de sa carrière, elle est plus une sorte de Kim Kardashian de la musique hipster qu’autre chose, et ses visuels sont presque plus importants que le reste, pour faire vivre son personnage de femme fatale et glamour sur papier glacé, et entretenir son statut d’icône web, reprise, imitée, parodiée, GIFée et référencée un peu partout. Si son aura auprès du grand public s’estompe peu à peu, faute de véritable tube FM depuis Video Games et Born To Die (merci les candidats de télé-crochets), force est de constater que son statut de femme fatale de la pop, marchant en équilibre sur la mince frontière entre le génie esthétique et le ridicule le plus poseur, la hisse aisément au-dessus de la plupart des attention whores de la planète pop, pour ce qui est de la maîtrise et de la constance, du moins.

srsly ?
srsly ?

On ne s’offusquera donc pas de la voir s’offrir un petit fantasme bondien (clin d’oeil, peut-être, aux prochaines aventures de l’agent 007, sur la B.O. desquelles elle est pressentie, parmi quelques autres) de dézingage d’hélicoptère au bazooka depuis sa terrasse, sur laquelle elle était occupée à errer en robe de chambre en fermant les yeux d’un air dolent : chez n’importe quelle autre pouffe, on aurait trouvé ça badass, chez elle, c’est over the top et rigolo tellement ça ne colle pas avec son univers en sépia, où les garçons sont méchants au loin, et les filles pensives, dans leur jardin ou sur la plage en robe lamée. Lana, ne change pas, on a besoin de ta drôlerie involontaire. Mais est-elle si involontaire que ça ?

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


*