Taylor Swift – Wildest Dreams

 

 

 

Et pendant que certaines se font remarquer pour leurs clashs et leurs apparitions improbables, la reine de la pop de 2015, qui rafle à peu près tout sur son passage depuis un an, a en toute logique orné sa soirée d’hier soir, aux VMAs, d’une sortie exclusive de son nouveau clip.

 

Wildest Dream, un clip sage et plutôt sans saveur, est dans la droite lignée de l’image de Taylor Swift depuis qu’elle a pris son virage pop (c’est à dire AVANT la sortie de 1989) : soigné, bien maquillé, bien brushé, hommage à Elizabeth Taylor et Richard Burton, avec Scott Eastwood au générique. Prestigieux. Une image léchée et maîtrisée, mais un peu artificielle et qui continue de la consacrer comme la Vitaa de la pop mondiale. La fille fragile qui cache une redoutable femme d’affaires, mais bon, il faut être gentil avec elle, hein, y’a trop de haterz en ce bas monde. Pas de bol en amour alors qu’elle est si bien peignée, vraiment les garçons sont trop méchants.

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Parfois, je me dis que des gamins de 11-12 ans doivent, en 2015, vivre leurs premières booms au son des ritournelles toutes sages de Taylor Swift, qui rassurent à la fois MTV et les mamans, alors que les princesses du R’n’B sont aux abonnés absents et que les papes de l’électro font du club banger au kilomètre, avec de moins en moins de spontanéité et de fun décomplexé (franchement, on dirait de plus en plus qu’ils se battent tous pour décrocher la synchro publicitaire d’un nouveau monospace). Je me dis que ce seront leur premiers souvenirs musicaux « à eux », sans que ce soient leurs parents ou Disney qui les leur aient proposés. Qu’ils ont échappé au twerk de 2013-2014, remisé au fond des charts par la Taylor. Que contrairement à d’autres, ils n’auront probablement pas de Destiny’s Child, de Britney, de Haddaway, de The Bucketheads, de Madonna à qui se raccrocher dans quinze ou vingt ans en se disant que « quand même c’était cool » (Rihanna, ces gosses ont besoin de toi !). Ils auront le souvenir du bulldozer business de Tay-Tay. Et quelque part, sans chercher à faire le vieux con qui éructe des « c’était mieux avant » à tout bout de champ, je préfère avoir trouvé marrantes et un peu trop adultes pour moi les chansons débiles de 20 Fingers, Gala et autres Boris lorsque je tentais maladroitement d’improviser mes premiers pas sur un dancefloor provisoire dans la grange d’un pote. Au moins, on rigolait, même si on y pigeait pas grand-chose.

En 2014-2015, qu’on aime ou qu’on aime pas, inclinons-nous devant le règne sans partage de Taylor Swift sur la pop mainstream : le moins qu’on puisse dire, c’est que ça marche pour elle. Mais à tout prendre, Miley n’est-elle pas beaucoup plus intéressante ?

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