Woman in Gold

 

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Le cinéma américain aime bien les histoires vraies, surtout quand elles ont une forte dimension « David contre Goliath ». Simon Curtis, réalisateur de My Week With Marilyn, revient ainsi cette année avec Woman In Gold (rebaptisé La Femme au Tableau chez nous), inspiré de l’histoire réelle de Maria Altmann, une collectionneuse d’art américaine d’origine autrichienne connue pour sa campagne juridique visant à récupérer cinq peintures de l’artiste peintre Gustav Klimt appartenant à sa famille et qui furent volées par les nazis après l’Anschluss. Ces œuvres étaient détenues par le gouvernement autrichien, et exposées au Musée du Belvédère à Vienne, avant qu’une décision de justice ne soit prononcée en faveur de leur restitution, en 2006. Maria Altmann déçut ainsi les autorités autrichiennes qui, après des années de procédure, tablaient sur l’espoir qu’elle décéderait avant qu’un verdict final ne soit rendu. Le film de Simon Curtis relate le parcours, notamment juridique, de cette vieille dame pour obtenir justice, et place en son centre le plus iconique des tableaux concernés par la procédure, Portrait d’Adele Bloch-Bauer I.

 

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Le pitch selon Allociné :
Lorsqu’il fait la connaissance de Maria Altmann, un jeune avocat de Los Angeles est loin de se douter de ce qui l’attend… Cette septuagénaire excentrique lui confie une mission des plus sidérantes : l’aider à récupérer l’un des plus célèbres tableaux de Gustav Klimt, exposé dans le plus grand musée d’Autriche, dont elle assure que celui-ci appartenait à sa famille ! D’abord sceptique, le jeune avocat se laisse convaincre par cette attachante vieille dame tandis que celle-ci lui raconte sa jeunesse tourmentée, l’invasion nazie, la spoliation des tableaux de sa famille, jusqu’à sa fuite aux Etats-Unis. Mais l’Autriche n’entend évidemment pas rendre la « Joconde autrichienne » à sa propriétaire légitime… Faute de recours, ils décident d’intenter un procès au gouvernement autrichien pour faire valoir leur droit et prendre une revanche sur l’Histoire.

 

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Un peu lent par moments, La Femme au Tableau est assez académique, mais présente une esthétique réussie et un casting impeccable. Il y a un indéniable côté Erin Brockovich : personnages réels, collaboration d’abord laborieuse puis très amicale et fructueuse entre l’héroïne et son sidekick juriste, reconstitution pastel de l’Amérique d’il y a quinze ans à coups de plans larges sur les bâtiments moches des années 70 et les costumes mal coupés, différence d’âge et de perspective sur les événements entre le premier et le second rôle… Le film renvoie deux périodes dos à dos, par flashbacks : l’Anschluss de 1938 et ses conséquences, et les Etats-Unis des années 90, soucieux de ne pas se fâcher avec leurs partenaires européens.  Helen Mirren est impeccable, Ryan Reynolds fait bon usage de son air benêt de gendre idéal hollywoodien post-Ben Affleck, et les seconds rôles sont justement dosés (Katie Holmes en épouse compréhensive, Jonathan Pryce en Président espiègle de la Cour Suprême, Daniel Brühl en journaliste autrichien tourmenté, et surtout Tatiana Maslany, qui joue l’héroïne jeune, en allemand).

 

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Réalisé par Simon Curtis, l’un de ces cinéastes britanniques débauchés par Hollywood pour pondre du biopic à oscars à la chaîne (Tom Hooper, Joe Wright, Steve McQueen, Steven Daldry, Stephen Frears…), on peut s’étonner de trouver La Femme au Tableau en salles à cette période de l’année (printemps dernier dans les pays anglo-saxons, plein été chez nous) quand une sortie à l’automne aurait maximisé ses chances de marquer les esprits jusqu’aux Golden Globes. Il faut croire que The Weinstein Company, qui distribue le film, mise davantage sur Carol, MacBeth, la suite de Tigre et Dragon ou le nouveau Tarantino pour sa prochaine saison à awards.

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