American Ultra, bong et bang bang

 

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Nima Nourizadeh aurait pu avoir la pression, trois ans après Projet X, en suscitant l’attente et les prédictions des ados du monde entier, qui attendaient probablement un deuxième film du même acabit. Le fait est que le réalisateur britannique ne s’est jamais trop mis en avant, et n’a pas spécialement cherché à teaser les cinéphiles pendant des mois autour de sa deuxième réalisation. Et surtout, qu’il a proposé quelque chose d’assez différent, finalement, pour ce nouveau film. Aussi, si American Ultra garde les traces de potacherie, d’adolescence attardée, de weed et d’inconséquence de la teen comedy Projet X, il est loin d’en être une bête resucée, et s’aventure dans la catégorie du film d’action cartoonesque absurde.

 

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Le pitch, selon Allociné :
Une comédie d’action à propos de Mike Howell dont la vie paisible et sans ambition avec sa petite amie Phoebe se retrouve soudainement chamboulée. À sa grande surprise, Il est en fait un agent dormant surentrainé dont la mémoire a été effacée. En un clin d’œil, son passé refait surface et Mike se retrouve au milieu d’une opération gouvernementale visant à l’éliminer. Il va alors devoir faire appel à ses capacités insoupçonnées d’agent secret pour survivre.

 

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Bon, si on résume, c’est une sorte de Jason Bourne x Nikita x Scott Pilgrim, invoquant aussi bien les grosses ficelles scénaristiques les plus éculées du film d’espionnage (l’amnésie provoquée, la réactivation par mots-clés, le héros paumé qui se fait attaquer bien avant de pouvoir comprendre ce qui lui arrive) que l’univers de la BD (que ce soit à travers Apollo Ape ou les scènes d’actions comiquement violentes opposant un gringalet white trash à des gorilles surentraînés), ou le teen movie indé, avec ces personnages un peu paumés, à la fois rigolos et philosophes, faux hipsters à cheveux gras. Bah j’ai passé un bon moment dans l’ensemble. Pas follement original dans son scénario (voire, parfois, incohérent), American Ultra mérite pourtant mieux que son titre un peu pourri qui le ferait passer, vu de l’extérieur, pour une bête comédie basique et paresseusement marketée, façon Délire Express ou American Trip. Il s’inscrit dans la lignée de ces « petits » films de série B dans lesquels des stars du grand et du petit écran (ici, Jesse Eisenberg, Kristen Stewart, Connie Britton, John Leguizamo, Topher Grace, Walton Goggins, Bill Pullman, Tony Hale) viennent s’amuser, profitant de leur temps libre entre deux saisons (ou entre deux plus gros projets) pour faire bénéficier un film mineur mais malin de leur statut bankable auprès du public.

 

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La romance entre Jesse Eisenberg et Kristen Stewart fonctionne très bien à l’écran, et on se marre autant qu’on s’arrache les cheveux devant le scénario catastrophe qui se déroule sous nos yeux : du personnage de Topher Grace (dont on se demande comment il a pu accéder à son poste sans qu’une étude de personnalité de la CIA détecte ses tendances petit chef psychotique) qui use et abuse de ses pouvoirs pour capturer un seul mec inoffensif, au mépris des vies de civils, à l’idée même qu’un des programmes secrets de la CIA consisterait à entraîner des criminels psychopathes pour devenir des agents hyper-dangereux mais contrôlables (mais bien sûr…), en passant par la rumeur joyeusement relayée par les médias d’un virus transmis sexuellement d’un singe à une ex-chef de la CIA, on finit par comprendre que la comédie et le cartoon doivent l’emporter dans notre perception du film, et qu’il faut mettre son cerveau en veille pour pleinement apprécier cette farce tarantinesque, qui ne méritait pas la volée de bois vert qu’elle s’est mangée au box-office et dans les critiques de la presse. On est là pour s’amuser, et c’est ce qu’on va faire. Un peu long au-delà de la première heure, et pas forcément très satisfaisant dans sa résolution, American Ultra bénéficie, jusqu’à son générique de fin, du charisme et de l’alchimie attachante de son couple vedette, et de sa violence graphiquement parfaite, à la fois impeccablement chorégraphiée et drôle.

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