Ant-Man

ant man baignoire

Je n’en ai pas grand-chose à foutre des Marvel ou des DC Comics adaptés sur grand écran. Je ne me perçois pas comme geek. Je ne lis pas de comics, je ne connais pas grand-chose de la « mythologie » de ces matériaux de base qui, selon beaucoup, devrait être scrupuleusement respecté par les réalisateurs qui les utilisent au ciné. Je n’accorde pas beaucoup d’importance au fait de voir tous les volets de la saga Avengers ou X-Men. Et pour tout dire, je ne suis pas non plus très à l’aise avec ce concept cinéma, relativement inédit à une telle échelle, qui consiste à programmer tellement de suites, de sequels et autres spin-offs issus du même univers, qu’on sera gavés comme des oies de deux à trois films Marvel par an d’ici 2024, mis sous perfusions de blockbusters qu’on nous somme de tous voir pour détecter les connexions, pour le moment hyper-anecdotiques, qu’il y a entre eux. Je n’étais donc pas hyper pressé de voir Ant-Man.

 

Marvel's Ant-Man..Scott Lang/Ant-Man (Paul Rudd)..Photo Credit: Zade Rosenthal..? Marvel 2014

 

Le pitch, selon Allociné :

Scott Lang, cambrioleur de haut vol, va devoir apprendre à se comporter en héros et aider son mentor, le Dr Hank Pym, à protéger le secret de son spectaculaire costume d’Ant-Man, afin d’affronter une effroyable menace…

(oui, c’est concis)

 

 

Eh bah au final, c’est plutôt sympa, plus punk, moins pompier et moins ouvertement blockbuster que certains de ses camarades de saga. Ant-Man, avec son histoire un peu fauchée à la lisière de l’univers Avengers, c’est un peu comme une petite start-up française qui voudrait créer des smartphones pas chers mais compatibles avec iOS, sans laisser Apple se faire de blé dessus : c’est illusoire, irréaliste au possible, mais on trouverait ça sympathique et un peu rock’n’roll. Un peu comme le Professeur Pym, ce savant fou qui préfère bosser dans son coin que de frayer avec Stark et ses potes actionnaires dans Ant-Man. Car ici, il y a bien un lien avec la saga Avengers / Iron Man : l’existence des autres personnages de l’univers Marvel est bien reconnue, et on s’arrange même pour caser une séquence, scénaristiquement complètement conne mais appréciable par sa démarche de « connexion », où Paul Rudd se frotte à un Avenger.

 

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Par contre, niveau scénario, en-dehors, donc, de cette fameuse séquence complètement stupide où Ant-Man est envoyé pour chercher une vieille balise dans un entrepôt par-dessus lequel a été construit un QG des Avengers (donc pourquoi l’entrepôt, et son contenu, s’y trouveraient-ils encore ?) et se frite avec Falcon sans que l’alerte ne soit jamais donnée, le film est complètement con, enchaînant poncifs et incohérences. L’ex-femme qui refuse que le héros voie son chtite n’enfant parce qu’il a pas payé la pension alimentaire (dont elle n’a visiblement aucun besoin). Le nouveau mec de l’ex-femme, forcément flic, forcément un peu con. Le personnage féminin méprisant avec le héros au début, mais qui va forcément finir par succomber à son charme ravageur, vu qu’elle est bonnasse. Le méchant très très méchant à qui il aurait peut-être suffi d’expliquer à quel point son invention est dangereuse. Le plan foireux pour accéder au Bat Costume Yellow Jacket alors que ça sert à rien et que, vue le résultat final, ils auraient eu plus vite fait de juste faire sauter le bâtiment. Le professeur qui s’arrange pour que sa femme de ménage parle de son coffre-fort à un mec qui en parle à un mec qui en parle en présence d’un mec qui en parle à un mec qui en parle au pote du héros dans l’espoir (franchement infime, si on fait des probabilités) que ce dernier vienne le cambrioler (au lieu de, disons, entrer en contact avec lui et de le payer pour travailler ensemble, vu que le mec a besoin de thunes). La force d’un humain qui reste préservée après son rétrécissement, mais pas son poids…

 

 

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Bref, beaucoup d’âneries qui m’ont un peu fait sortir du film, en dépit d’un certain degré de cool, plutôt appréciable, allant de la raquette électrique à mouches au jouet géant, en passant par l’inénarrable débit du personnage de Luis (Michael Peña), incontestablement le scene stealer du film. En somme, Ant-Man est un honnête divertissement, qui ne prétend pas être un grand film, et dont il ne faut donc pas trop exiger, parce que « c’est bon, c’est qu’un film, et puis c’est sympa quand même ». Certes, certes. Mais venant d’un univers qui prétend nous soutirer quelques centaines d’euros dans les dix prochaines années, tout en sollicitant notre attention et notre mémoire pour rassembler les pièces d’un ambitieux puzzle narratif, n’est-ce pas un peu du foutage de gueule ?

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