Le confident

 

le-confident-helene-gremillon

 

Bon, j’avoue, sur ce coup, je suis victime de l’influence de la bloguerie, puisque je n’ai découvert l’existence de ce livre (et d’Hélène Grémillon, la femme de Julien Clerc) qu’au détour d’un billet de Violette. J’ai été un peu piqué de curiosité et je me suis donc laissé accompagner pendant quelques trajets de métro par ce récit à trous et à narrateurs complémentaires.

 

La quatrième de couv’ :

Camille vient de perdre sa mère. Parmi les lettres de condoléances, elle découvre un étrange courrier, non signé. Elle croit d’abord à une erreur mais les lettres continuent d’arriver, tissant le roman de deux amours impossibles, de quatre destins brisés. Peu à peu, Camille comprend qu’elle n’est pas étrangère au terrible secret que cette correspondance renferme.

Dans ce premier roman sur fond de Seconde Guerre mondiale, Hélène Grémillon mêle de main de maître récit historique et suspense psychologique.

« Le confident » a obtenu cinq prix littéraires et été traduit en vingt-sept langues.

 

 

Le livre date de 2010, c’est donc un peu #old. Mais pour ma défense, j’ai tellement de livres de retard qu’à vrai dire, je préfère souvent lire des poches : le temps que je lise mes cinq ou six pauvres bouquins par an, ceux de la rentrée littéraire qui m’interpellent auront largement eu le temps de sortir en édition de poche, pour quinze euros de moins. Ou alors je les aurai carrément oublié. Je viens de commencer Rouge Brésil, c’est te dire mon niveau de hype, en littérature.

 

Mais est-ce que j’ai bien aimé Le confident ? Bah oui, plutôt. Je n’ai pas trouvé ça excellent, dans le sens où l’auteure a des défauts d’auteur commercial contemporain à la Musso, Gavalda ou Lévy : alterner style « parlé », accessible, et mini-fulgurances soutenues, pour se donner une caution littéraire et donner au lecteur l’impression de le faire réfléchir à une grosse vérité de la vie, entre deux rebondissements thriller / soap. « On ne peut pas reprocher à la vie de vous reprendre ce que vous ne regardiez plus. » « L’ennui est le meilleur terreau de l’imagination, et le meilleur terreau de l’ennui, c’est la messe » « La mort accepte tous les écarts de politesse » Oh la la, mais c’est vrai dis donc, ça fait réfléchir.

 

Mais ce que j’ai bien aimé, c’est ce scénario un peu alambiqué, qui complexifie une intrigue qui aurait presque été simpliste si elle n’avait été racontée que par un narrateur, dans l’ordre chronologique. Il y a un peu de ce sens de la structure narrative qu’affectionnent Tarantino ou les créateurs de How I Met Your Mother dans Le confident, toutes proportions gardées : ce n’est pas tant la conclusion de l’histoire, plutôt logique et attendue, qui compte, que le chemin tortueux pour y parvenir, qui compte. En passant de la confession de Louis, à celle d’Annie, puis à celle d’Elisabeth, en alternant avec les réactions de leur lectrice, Camille, l’histoire vire à l’enquête, presque policière, et au suspense, tout relatif soit-il (évidemment que ça a un rapport avec Camille et ses origines, sinon y’aurait pas de roman) (duh). C’est bête que le contexte de la Seconde Guerre mondiale soit si peu exploité (limite, l’histoire racontée par le mystérieux expéditeur aurait eu lieu cinq ans avant ou cinq ans après, ça n’aurait rien changé au déroulement des événements). Dommage, surtout, que le roman se termine sur ces cinq dernières pages façon poème en prose, relous, et qui n’auraient limite pas gâché l’histoire si elles avaient été arrachées par l’éditeur : le récit aurait quand même eu une fin, moins « twist » mais franchement plus intéressante d’un point de vue littéraire, et surtout plus crédible, que cette ultime révélation au goût d’improbable. Probablement sympa pour les vacances, mais perso ça m’a plutôt donné envie de voir cet exercice des « points de vue multiples qui se complètent et permettent d’y voir clair » là où je l’apprécie d’habitude : au cinéma.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*