Le tube d’il y a dix ans : Rihanna – Pon de Replay

 

 

 

C’est difficile à croire, et en même temps pas tant que ça, tellement elle est établie dans le paysage pop mondial et semble, par moments, avoir toujours été là, mais cela fait pile dix ans que Rihanna s’est révélée au monde, à une échelle internationale. Qui se souvient du paysage musical mainstream avant cette faiseuse de hits, dont on se demande bien quand est-ce qu’elle va se décider à sortir le best of qu’elle remplira facilement d’une vingtaine de tubes planétaires ? Signée par Jay Z, chez Def Jam Records, en début d’année 2005, la jeune barbadienne de 16 ans sort un album dès le mois d’août de la même année, porté par un single, Pon de Replay, sorti en mai, qui a peu à peu grimpé les échelons dans les charts mondiaux tout au long de l’été, jusqu’à être un véritable tube planétaire à la rentrée.

 

music of the sun rihanna

 

Pour ce qui est du grand public, le kif est sincère, mais on ne sait pas encore trop quoi penser de cette nouvelle jeunette du R’n’B commercial, avec son nom qui sonne comme « rillettes », sorte de Christina Milian un peu plus ouvertement orientée vers un public de clubbers, à en croire son premier hit. En France, comme d’hab’, on aura un train de retard en ne classant même pas Pon de Replay dans notre Top 10, trop occupés, cette année-là, à laisser Ilona Mitrecey et Crazy Frog truster le sommet du top singles. Mais la graine était plantée et, contrairement à des consœurs comme Cassie ou Amerie, qui ont percé dans les mêmes années avec leurs seuls véritables hits, Rihanna aura à coeur de confirmer. Voire d’oublier bien vite ce premier album et ses premiers singles, probablement encore trop « exotiques » à son goût, qu’elle n’inclura pratiquement plus jamais dans ses setlists de concerts (à tort ou à raison). Car un an plus tard, lorsqu’elle confirmera avec S.O.S puis, en 2007, avec Good Girl Gone Bad, elle se révèlera en reine des clubs, voulant vite se décoller d’une encombrante étiquette de « barbadienne de service » qui l’aurait peut-être, à la longue, cantonnée à enchaîner les tubes de l’été et les vaches maigres en hiver.

 

rihanna looks

 

Et quel virage, à grands coups de collaborations avec des producteurs dénichés avec flair, et de looks plus ou moins barrés, mais toujours assumés avec panache. Difficile, aujourd’hui, de penser à Rihanna comme la petite barbadienne qui ne semblait bonne qu’à faire un ou deux tubes « tropicaux » dans sa carrière, ou pire, du sous-Beyoncé. Un tour de force opéré par la chanteuse avec son management, et notamment Jay Z, qui capta très vite le large prisme, du rap à l’EDM, sur lequel l’identité musicale de Rihanna pouvait s’étaler. De la caution « mélodique » pour refrains hip-hop (street cred’ oblige) aux hymnes pour dancefloor et pour stades, la barbadienne serait bientôt partout. Et malgré le matraquage, sa présence sera suffisamment musicale, et suffisamment peu people / politique (en interview, difficile de savoir ce qu’elle pense, elle n’a pas vraiment un message philosophique à faire passer, contrairement à une Lady Gaga ou une Miley) pour qu’elle ne soûle pas vraiment le public. Cette fille fait des hits, c’est tout, elle ne revendique pas grand-chose d’autre. C’est pourquoi, dix ans plus tard, alors que le public semblait devenu sérieusement accro à son impeccable mécanique livrant les club bangers une fois par an, sa décision de prendre son temps pour la sortie de son huitième album, avec quête d’inspiration et de respectabilité musicale à la clé, interloque un peu. La meuf en est encore à croire qu’elle n’a pas fait assez ses preuves en devenant le cheval de Troie de Calvin Harris, de The-Dream, de Stargate, de Sia ou de Drake vers le grand public ? Elle a déjà peur de l’après ? Du moment où le public la trouvera trop vieille pour faire du son « club » ? Ne t’en fais donc pas, RiRi, Madonna a 57 ans et, bon an mal an, elle est toujours là, va.

 

 

rihanna pon de replay

 

 

Toujours est-il que Pon de Replay est désormais un classique club qui, si on aurait pu craindre qu’il avale son interprète et que cette dernière ne puisse plus jamais faire mieux après, a finalement été le simple tremplin d’une carrière jusqu’à présent exemplaire au sommet des charts. Quand on pense que ç’aurait été suffisamment bon pour être le premier et le plus gros hit de sa carrière…

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