Life

 

life dane dehaan robert pattinson

 

Décidément, Robert Pattinson et Kristen Stewart ont bien décidé de faire leurs preuves à Hollywood à grands coups de projets prestigieux et/ou intellos, dans le but à peine caché d’asseoir leur légitimité d’acteurs vedettes et, si possible, de faire un peu oublier la gênante franchise-bouse qui leur a donné accès à tant de célébrité. Et s’ils ne sont pas les premiers ni les derniers à le faire (Emma Watson, Daniel Radcliffe, Shailene Woodley, Jennifer Lawrence…), force est de constater qu’ils y mettent du cœur, s’aventurant chez David Cronenberg, Werner Herzog, Olivier Assayas, Walter Salles, Woody Allen. Bref, les deux ex ont envie d’être des acteurs crédibles et de briguer des oscars dans les prochaines années, une fois que l’ignominie de l’étiquette Twilight se sera décollée de leur image de jeunes espoirs hollywoodiens.

 

life dane dehaan

 

En salles cette semaine, Life, de Anton Corbijn (réalisateur néerlandais, célèbre clippeur pour Depeche Mode, U2, Coldplay, Arcade Fire, Nirvana), donne à Pattinson l’occasion de se frotter de nouveau (après Little Ashes en 2009) au biopic pour festivals indés. Il y donne la réplique à Dane Dehaan, le gamin dépressif déjà repéré dans Chronicle et dans The Amazing Spider-Man 2, et sur le point de percer pour de bon grâce à ce film et à ses prochains projets (Tulip Fever, Valérian, Two Lovers and a Bear), qui campe ici un James Dean tête à claques et charismatique à souhait.

 

life james dean

 

Le pitch de Life, selon Allociné :
Un jeune photographe qui cherche à se faire un nom croise un acteur débutant et décide de lui consacrer un reportage. Cette série de photos iconiques rendit célèbre le photographe Dennis Stock et immortalisa celui qui allait devenir une star : James Dean.

 

life robert pattinson

 

Life, c’est le magazine qui publiera la série de photos qui, quelques mois plus tard, deviendront cultes. Mais c’est aussi, plus littéralement, une allusion à ces tranches de vie et de vérité que le photographe saisira lors de ses séances avec l’acteur. Dennis Stock est devenu par la suite un photographe vedette de l’agence Magnum, captant avec justesse et puissance iconographique les aspiration de la jeunesse, notamment les hippies à la fin des années 60. Sa série sur James Dean, qui mourra quelques mois plus tard dans un accident de la route, est toutefois sa plus fameuse.

 

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Pas très académique dans sa forme, Life est un bel exercice de style biopic, très Sundance dans l’esprit, où les personnages posent un peu trop et ont une manière soigneusement littéraire de s’exprimer, semblant ne vivre que pour décocher des punchlines pompeuses à leurs interlocuteurs. Si l’on fait abstraction de l’envie qu’on a de gifler Dennis Stock et James Dean avec une pelle, tant ils transpirent la suffisance et la coolitude affectée qui se surveille à chaque instant (« Ouin ouin, je rêve de portfolios de prestige et je suis cantonné à photographier les plateaux de tournage miteux de Paul FUCKING Newman ») (trop dure, ta vie) (blaireau), le film est une jolie fable sur le passage à l’âge adulte.

 

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Entre un jeune premier conscient de son charisme et de son charme qui fait qu’on lui passe tout, qui refusera puérilement toute concession et toute obéissance au star system qu’il tente pourtant d’exploiter, et un jeune photographe un peu paumé, séduit par l’intransigeance et l’esprit épris de liberté de son modèle, qui saura pourtant dire stop et s’assagir pour réussir, le film nous donne le premier en exemple, mais le second en narrateur / personnage aux talons duquel nous collerons à chaque plan. L’un, érigé dès son vivant, mais surtout par sa mort, en emblème de sa génération (et, pour toujours, de la jeunesse rebelle, du refus de se conformer) (mais si possible en étant beau gosse et bon à foutre dans les pubs Marlboro, faut pas déconner), l’autre, observateur admiratif, mais davantage concerné par le réalisme et les basses nécessités de la vie (être un parent fiable, conserver de bonnes relations avec ses employeurs). Deux ambitions, deux parcours chaotiques vers l’accomplissement personnel, que les circonstances vont amener à collaborer. Un film un peu agaçant, mais bizarrement prenant, en somme, tentant de capturer l’essence de ce qu’était James Dean, l’acteur, mais surtout James Dean, le farmboy aspirant vedette, qui sentait son inévitable explosion arriver.

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