Naughty Boy – Runnin’ (Lose It All) feat. Beyoncé, Arrow Benjamin

 

 

 

 

 

Beyoncé a plein de défauts, mais elle a au moins une qualité : le chic pour faire parler d’elle. Même pour un projet parallèle dont elle n’est pas censée être l’artiste principale, et pour lequel elle ne s’est même pas fendue d’une apparition dans le clip : rien à faire, il n’y en a que pour elle, et les médias sont prompts à parler d’un « nouveau single de Beyoncé » plutôt que de Naughty Boy. Il faut dire que la chanteuse est une figure autrement plus mainstream et identifiable, notamment aux yeux des médias généralistes (comme sur France Inter où, ce matin, personne n’a été capable de mentionner le nom de Naughty Boy en-dehors de Guillaume Néry, le plongeur/danseur du clip, qui était là à la base pour parler de la COP21). Il faut dire qu’elle porte le refrain, aussi, et qu’elle est tellement scrutée que la moindre de ses apparitions, même dans un featuring anecdotique sur un single de Michelle Williams, génère des tonnes de commentaires.

 

naughty boy beyoncé

 

 

Pour le rien gâcher, Runnin’ (Lose It All) est l’une des jolies surprises visuelles de la semaine, pour ne pas dire carrément l’un des plus beaux clips de ces derniers mois. Son « intrigue », à mi-chemin entre Le Grand Bleu et Upside Down, suit donc les deux plongeurs Guillaume Néry et Alice Modolo, qui tentent de s’atteindre et de s’étreindre malgré les forces contraires qui les séparent, l’un au fond et l’autre à la surface de l’océan. Visuellement, ça rappelle un peu la saga publicitaire sur « la beauté des mélanges » de Kusmi Tea, sans les jolis costumes colorés, mais on ne s’en formalisera pas, car dans les deux cas c’est très beau.

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A noter qu’à la base, une version de la chanson sans la voix de Beyoncé avait leaké en ligne. On peut donc se demander dans quelle mesure c’est son projet à elle, et dans quelle mesure elle n’y a pas été incrustée, soit par sa propre volonté, soit par un souhait du label de rendre le titre plus « buzzable ». Ce faisant, elle prive en tout cas grandement le quasi-inconnu Arrow Benjamin de bénéficier de l’exposition médiatique du titre. Tout comme Rihanna avec le Stay de Mikky Ekko, la star a un tel pouvoir de coercition que si elle a jeté son dévolu sur le titre, le jeune débutant qui devait en être l’interprète principal n’a guère d’autre choix que de s’exécuter. Ou pour le dire plus crûment : si Beyoncé te dit qu’elle veut ton single, bah tu t’écrases et tu le ré-enregistres avec elle. Mais on ne va pas le nier : le côté power ballad du titre va à merveille à la chanteuse, et lui offre peut-être le single le plus mainstream, le plus pop, le plus accessible de sa discographie depuis des lustres.

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