Quantico

 

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Joli succès d’audience pour la rentrée séries d’ABC ce dimanche 27 septembre (7 millions de téléspectateurs, pas la folie mais un score très correct, sur le créneau laissé sinistré par Revenge le dimanche soir), Quantico s’annonce comme le guilty pleasure de ce cru 2015, en mélangeant des éléments d’action, d’espionnage, de thriller et de soap opera, ce qui permettra à certains de décréter dès le pilote que c’est une grosse daube, et aux autres de profiter sans complexe des montagnes russes de ce divertissement américain pur jus, aussi peu crédible soit-il.

 

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Le pitch, selon Allociné :
De jeunes recrues du FBI se battent de toutes leurs forces sur le camp d’entraînement de Quantico en Virginie, entre tests d’endurance physique, cours de tir, et maîtrise de l’art de l’enquête et de l’interrogatoire. Ils ont 50% de chances d’échouer et la compétition fait rage. 9 mois plus tard, l’un d’entre eux est suspecté d’avoir commis la plus grosse attaque terroriste sur le sol américain depuis le 11 Septembre 2001…

 

 

Pour être plus précis, on suit donc la jeune Alex Parrish, une sassy latina (Priyanka Chopra est en fait indienne) qui intègre l’académie de formation du FBI à Quantico, alors qu’elle rencontre ses camarades de promo et, en parallèle, on la retrouve neuf mois plus tard, à la suite d’un attentat à la bombe, à devoir enquêter pour prouver son innocence, car le FBI sait (on ignore comment, mais ils le SAVENT) que c’est quelqu’un de sa promo à Quantico qui a commis l’odieux forfait. Elle doit donc se rappeler, dans un immense flashback qui devrait meubler 75% de cette saison 1, de qui a fait quoi, pour éventuellement débusquer celui de ses camarades qui a trahi le pays et, vraisemblablement, tenté de lui faire porter le chapeau.

 

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On a donc un mélange de plein d’ingrédients de séries qu’on connait déjà :

Grey’s Anatomy et ses jeunes internes qui rythment les épisodes avec leurs intrigues sentimentales et personnelles
How To Get Away With Murder avec ses quatre brillants élèves systématiquement interrogés en classe et son système de narration passé / présent qui devrait permettre, en fin de saison, de trouver comment on en est arrivé au « neuf mois plus tard »
Revenge et ses acteurs jeunes et beaux qui jouent mal (Joshua Safran, le créateur de la série, vient de Gossip Girl…)
Homeland et son héroïne solitaire, seule contre tous, sur la piste d’un traître terroriste ; cette idée confuse d’un « ennemi intérieur »…

 

 

Bref, ce n’est pas d’une folle originalité, mais ces ingrédients sont plutôt bien mixés, et à bien y réfléchir, un Homeland avec des intrigues un peu plus soap, sur le papier, ce n’est pas pour me déplaire. Le vrai problème, en fait, c’est la vraisemblance. Si on a un peu de mal à croire, parfois, la vision de Homeland, d’une CIA qui se résume à peu près à cinq copains, dont une bipolaire ingérable qui aurait dû se faire virer environ vingt fois depuis le début de la série (voire n’aurait même pas dû passer l’étape du recrutement), que dire de Quantico, avec son pilote action packed ?

 

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Certes, on ne s’ennuie pas une seconde, mais regarder les pions se mettre en place pour la saison à venir a quelque chose d’un peu hallucinant. On a, ici, pêle-mêle : un directeur de la formation alcoolique (Josh Hopkins), qui aurait apparemment couché avec sa supérieure la directrice et fait surveiller une recrue en amont de son recrutement (mais pas assez pour l’empêcher de commettre l’attentat dont il l’accuse ensuite, donc) par un agent sous couverture (Jake McLaughlin) ; une directrice (Aunjanue Ellis) qui a tellement devancé ses collègues (dont on ne sait toujours pas, à l’issue du pilote, comment ils savent que c’est précisément un élève de cette promotion-là qui a perpétré l’attentat) qu’elle sait que la jeune Alex est innocente et l’aide à s’évader ; un mormon (Brian J. Smith) qui a réussi à passer à travers les mailles du filet de vérifications de son background psychologique et judiciaire, en dépit d’un secret atroce ; des jumelles (Yasmine Al Masri) dont on ne peut qu’espérer que le FBI est au courant qu’elles sont là en tant que telles ; un vrai-faux gay juif (Tate Ellington) ayant séjourné en Palestine ; une gun enthusiast (Johanna Braddy) qui s’est engagée pour venger ses parents morts dans les attentats du 11 septembre…

 

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En gros, c’est le bordel, et surtout un peu n’importe quoi, puisque si l’on en croit le premier exercice confié aux élèves dans ce premier épisode, le FBI a recruté une promotion entière de gamins qui ont un lourd secret (potentiellement meurtrier) à cacher, en toute connaissance de cause, et leur a assigné la tâche de se démasquer les uns les autres. Ce qui est quand même un comble de WTF. Genre « avoir un lourd secret traumatisant qui fait potentiellement de vous un déséquilibré ou un extrémiste », c’est un critère de recrutement à Quantico. Sérieux c’est quoi cette bande de branques ? On dirait qu’ils cherchent à ce que ça leur explose à la tronche. Mais toutes ces invraisemblances permettent à ce pilote de bénéficier d’un rythme appréciable, présentant une dizaine de personnages – relativement archétypaux mais pour la plupart assez intéressants – sans temps mort.

 

 

Bref, Quantico, c’est un peu débile, mais c’est avant tout un pitch accrocheur, mêlant Le Fugitif et les dramas policier et d’espionnage les plus addictifs de ces dernières années, sans l’once d’un complexe. Pas sûr que ce soit tenable sur plus d’une saison (j’ai encore un peu de mal, pour l’instant, à trouver l’héroïne suffisamment intéressante ou charismatique pour m’accrocher à ses basques pendant cinq ans – c’est essentiellement la situation dans laquelle elle se trouve, et le whodunit qui s’en suit, qui m’intéressent), mais pour quelques épisodes, et si la mécanique narrative ne s’enlise pas trop dans son roulement flashback / flashforward (qui s’est avéré laborieux, à la longue, dans d’autres séries), ça pourrait devenir le nouveau soap faussement sérieux à base de cliffhangers, de trahisons et de légers dosages d’action dont nous étions orphelins depuis Alias.

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