Crazy Ex-Girlfriend

 

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The CW a tendance à être la chaîne des séries avec des gens jeunes et beaux qui ont plus ou moins l’âge de sortir du lycée ou à peine (The Flash, Arrow, Reign…), mais Crazy Ex-Girlfriend me semble un peu hors-format pour le coup : déjà, c’est une comédie sur un format 42 minutes, ce qui reste assez rare à notre époque chargée en sitcoms. Mais surtout, donc, les personnages décrits sont supposés avoir entre 25 et 28 ans (l’héroïne était supposée être au lycée, en summer camp, en 2005, il y a donc 10 ans tout pile)… et je trouve qu’ils ont tous l’air plus vieux que moi là-dedans. Horreur, malheur : après vérification sur Wikipedia, en fait ils sont bel et bien plus jeunes que moi. Il faut donc que je me décide à arrêter de regarder les acteurs hollywoodiens d’en bas, comme si j’étais un timide lycéen et qu’ils étaient de vigoureux trentenaires ; c’est moi le vieux machin, maintenant. Où est la fenêtre ?

 

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Le pitch, selon Allociné :

Avocate brillante promise à un bel avenir dans un cabinet new-yorkais, Rebecca Bunch travaille trop. Malheureuse, elle abandonne tout sur un coup de tête, dans une tentative désespérée de trouver l’amour et le bonheur dans la banlieue de West Covina, en Californie, où vit Josh, un amour de jeunesse. Excessive, déterminée et aussi un peu folle, la jeune femme entend prendre un nouveau départ…

 

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Si je résume, on a donc là une comédie sur une avocate givrée qui recroise son ex dix ans plus tard et qui va péniblement conjuguer vie professionnelle et lose amoureuse sur fond de numéros musicaux. Et ce n’est pas Ally McBeal. Comme quoi…

 

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Car Crazy Ex-Girlfriend n’a rien à voir avec sa consœur de la fin du XXème siècle : d’abord, c’est beaucoup plus drôle (pour l’instant) et nettement moins lourdement introspectif. Rebecca Bunch (alter ego à peine masqué – aux initiales près – de Rachel Bloom, sorte de Kristen Wiig en vaguement plus tête à claques) ne va pas être amenée à travailler avec son ex ET sa femme dans un cabinet d’avocats loufoques, au rythme d’une nouvelle affaire judiciaire improbable par semaine : elle va plutôt se rattraper aux branches de ses ressources et de ses amitiés pour dépasser ce que l’on peut assez clairement percevoir comme une dépression. Je veux dire, la meuf commence la série sans vie sociale, workaholic, se bourrant de petites pilules et tentant de garder son self control en toutes circonstances. A ce titre, si l’on occulte l’aspect volontairement hystérique de la décision de départ de Rebecca (elle prend une décision qui change sa vie à cause d’un slogan pour margarine), on est assez clairement dans un schéma à la Enlightened, Jennifer Fall ou Benched : femme forte tendance control freak doit reconstruire sa vie après un pétage de plomb que, a priori, même une grosse prise de conscience tardive façon « oh my god oh my god qu’ai-je fait ?? » ne suffira à réparer. Le problème, c’est que le sort de ces séries parle de lui-même : c’est pas très vendeur.

 

 

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Si l’on ajoute à cela un titre qui pue le sexisme et qui va vite devenir caduque à mesure que la série devra sortir de ce concept de base pour perdurer en restant crédible (hello Trophy Wife, New Girl, Cougar Town, Selfie…), Crazy Ex-Girlfriend ne part pas avec beaucoup d’atouts dans sa manche.

 

 

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Pourtant, la série est vite attachante : l’héroïne est sympathique malgré le fossé psychologique qui nous sépare d’elle, on réussit à peu près à s’identifier ; les seconds rôles sont plutôt bien présentés, bien qu’un peu archétypaux (ce qui reste normal pour un tout début), et devraient vite mener à des relations plus intéressantes que la supposée relation « centrale » de la série (Josh a l’air d’être une tâche) ; et surtout, bonne surprise, les numéros musicaux sont réussis, bien mis en scène et plutôt catchy, et s’intègrent (pour le moment) assez bien dans les épisodes.

 

 

 

 

 

Alors en attendant que The Sexy Getting Ready Song devienne un tube par chez nous (ce qui, j’en ai bien conscience, risque de ne jamais arriver), donnons donc sa chance à cette nouveauté, l’une des rares qui possèdent une identité forte en cette rentrée 2015.

 

 

 

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