La Labyrinthe – La Terre Brûlée

 

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ATTENTION SPOILERS. Un an après, Le Labyrinthe, dont le planning de production et de sorties des différents volets semble à peu près calibré pour que tout soit torché d’ici 2017, a livré il y a quelques jours son deuxième volet en salles. Et comme dans Hunger Games, la saga à laquelle Dylan O’Brien refuse qu’on compare sa propre franchise sous prétexte que Jennifer Lawrence et Liam Hemsworth sont trop joufflus et trop beaux pour être des pauvres (Hollywood, duh !), le deuxième volet tente péniblement de raccrocher les wagons du concept de base (dans Hunger Games 2, Katniss met 1h30 à se retrouver à nouveau dans une arène pour des Hunger Games – tandis que dans Le Labyrinthe 2, y’a carrément plus du tout de labyrinthe) tout en tentant de nous faire comprendre davantage ce monde injuste du futur et la révolte qu’il va susciter chez nos jeunes et beaux héros. Bon, en l’occurrence, ici, comme on l’a compris à la fin du premier volet, les héros du film n’ont pas vraiment été secourus par une organisation militaire ou résistante extérieure à WCKD, mais sont bel et bien toujours sous la coupe de ces gros malades. Ce que Thomas, le seul apparemment à ne pas faire confiance à Aidan Gillen et sa tronche de traître, va être le seul à piger, pour tirer ses camarades de ce mauvais pas (enfin, les six qu’on connaît déjà et un petit nouveau, hein, pas les centaines d’autres prisonniers qui se font appeler un par un pour rejoindre La Ferme magique où ton petit chien a été emmené par tes parents quand tu avais huit ans et dont il n’est jamais revenu…) (faut pas déconner). Et comme dans Hunger Games 2, à la fin, le personnage principal est « en cavale » et le personnage masculin secondaire se fait kidnapper, ce qui constituera l’enjeu essentiel du volet suivant, on suppose.

 

 

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Le pitch, selon Allociné :
Dans ce second volet de la saga épique LE LABYRINTHE, Thomas et les autres Blocards vont devoir faire face à leur plus grand défi, rechercher des indices à propos de la mystérieuse et puissante organisation connue sous le nom de WICKED. Or le monde qu’ils découvrent à l’extérieur du Labyrinthe a été ravagé par l’Apocalypse. Leur périple les amène à la Terre Brûlée, un paysage de désolation rempli d’obstacles inimaginables. Plus de gouvernement, plus d’ordre… et des hordes de gens en proie à une folie meurtrière qui errent dans les villes en ruine. Les Blocards vont devoir unir leurs forces avec d’autres combattants pour pouvoir affronter WICKED et tenter de défier son immense pouvoir.

 

 

 

 

« Les Blocards vont devoir unir leurs forces avec d’autres combattants pour pouvoir affronter WICKED et tenter de défier son immense pouvoir » ? Alors oui, mais dans le troisième volet, a priori. Car comme toute saga ciné young adult qui se respecte et qui fait monter la sauce pendant plusieurs volets avant un affrontement final plus ou moins intéressant, The Maze Runner fait dans le second volet un peu schématique. En gros, c’est comme dans Hunger Games : les héros ont échappé à un danger terrible, futuriste et totalitaire dans le volet 1, se croient un peu tirés d’affaire dans le volet 2 mais sont vite rattrapés par l’aventure et le danger ; et comme ils en ont déjà pas mal bavé et que leur compréhension de la situation (d’où vient le danger, qui sont les méchants) est – vaguement – meilleure qu’au début du premier film, ils ont une conscience plus aiguisée, plus politique, et sont globalement plus en colère contre l’oppresseur qu’avant, lorsqu’ils étaient seulement en mode survie. Alors que le spectateur l’a pigé depuis les dix premières minutes du film, les héros de la saga young adult commencent seulement à réaliser dans le deuxième volet que quand même, ce que leur fait le gouvernement / la multinationale / l’entité totalitaire quelconque qui les torture avec des jouets sadiques pour des motifs abscons voire débiles, bah c’est pas très sympa.

 

 

Youhou ! C’est nous le Capitole, les gens qui butent deux de vos enfants chaque année en guise de punition pour un truc qui s’est passé il y a des lustres et dont vous n’êtes aucunement responsables : bon avant on faisait ça pour vous punir, mais maintenant on le fait surtout pour se marrer devant notre télé, c’est un peu le loft, quoi. Mais surtout ne vous révoltez pas à nouveau, hein !

 

 

devient ainsi, dans la trilogie (oh mon dieu, ce sera bien SEULEMENT une trilogie, hein ?) du Labyrinthe :

 

 

Youhou ! C’est nous WICKED, la grosse firme pharmaceutique avec un nom qui veut dire MÉCHANT en anglais ! On a décidé de lutter contre le virus Braise avec des jeunes immunisés. Alors au lieu de leur proposer notre protection contre le monde extérieur infesté de zombies en échange du droit d’étudier leur sang, leur plasma, leurs enzymes de cerveau et leurs plaquettes, on les enferme dans un labyrinthe dans lequel ils se font massacrer par des monstres qu’on maîtrise sans que ce soit très logique, et ceux qui survivent on tente de leur injecter le virus Braise, et en fait ils sont pas si immunisés que ça, donc tout ça ne sert à rien. Mais on est gentils, croyez-nous sur parole !

 

 

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Ah bon. Oui alors forcément vu qu’ils se conduisent comme des gros enfoirés et qu’ils taisent l’explication qui pourrait PEUT-ÊTRE justifier tout ça (les « tests » de débrouillardise dans le labyrinthe, les labyrinthes à 100 giga-milliards de dollars construits en pleine crise sanitaire au lieu d’investir le même fric dans de la recherche pour synthétiser l’hypothétique enzyme des immunisés, la captivité des sujets plutôt que la négociation et l’explication de ce à quoi ils servent, les courses-poursuites où ils tirent et explosent potentiellement la gueule de leurs poules aux œufs d’or…), on n’a pas trop envie de les suivre, WICKED, hein. De même pour Hunger Games, le Capitole et Panem : c’est bien gentil de se réveiller et de se mettre en colère dans le deuxième film, les gars, mais franchement on pige pas trop comment vous ne l’aviez pas mauvaise dès le début du premier film, en fait.

 

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Mais ce n’est pas grave, parce que tout ce second volet est un peu comme les autres seconds volets de sagas young adult : un teasing pour nous faire attendre le troisième volet, celui de l’affrontement final. Du moins on l’espère.

 

 

Qu’il ait fallu mettre en place des zombies qui ne ressemblent même pas aux Blocards contaminés du premier volet (on va dire qu’ils sont à un stade plus avancé de la maladie), des villes abandonnées peuplées par des gens pas immunisés mais qui font des orgies alcoolisées en plein air et semblent ne jamais se faire attaquer par les zombies, EUX, ou une flopée de nouveaux personnages plus ou moins inutiles pour densifier l’intrigue et ne pas être obligés de tuer les six pauvres gars survivants du premier volet jusqu’à ce qu’il ne reste plus que le malheureux Thomas, à la limite, admettons.

 

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Mais ce qui est très frustrant dans Le Labyrinthe – La Terre Brûlée, c’est qu’il pose de nouvelles questions tout en n’apportant pas de réponses. Et qu’à force d’incohérences sur l’état de la recherche sur le virus Braise ou sur l’immunité des Blocards, on ne sait plus trop si on doit se fier aux scénaristes, ni espérer une solution satisfaisante à la fin de la saga.

 

 

 

 

Je veux dire, dans le premier volet, les Blocards étaient donc une nouvelle génération de gamins immunisés utilisés par la recherche médicale, et plus précisément par une seule firme, WICKED (ou WCKD). Soit. Sauf que, piqués par les Griffeurs, ils n’étaient pas immunisés du tout.

 

On leur effaçait la mémoire avant de les envoyer dans le Labyrinthe. Soit. Mais pour quoi faire ?

 

Thomas et Alby, dans le premier volet, se voyaient injecter une dose d’antidote au virus Braise, qui leur redonnait au passage un peu de leur mémoire (mais pas trop). Soit. Euh, et donc l’antidote existe, en fait ? Mais alors à quoi sert tout ce cirque ? Parce que, mettons-nous d’accord, la maladie infligée par les Griffeurs dans les Labyrinthes, c’était bien le virus Braise, hein ?

 

Les Labyrinthes seraient de gros tests pour permettre de dénicher un leader parmi les gamins / sélectionner les plus résistants pour la suite des expérimentations / forcer leur cerveau à produire une enzyme particulière sous l’effet du stress et de la peur. Soit. Mais, euh, y’avait pas plus simple et moins cher ?

 

 

 

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Bref, ce deuxième film de la saga de Wes Ball ne fait qu’ajouter des sidekicks supplémentaire pour se battre aux côtés du héros dans le troisième, montrer que le virus Braise transforme les gens en zombies (trokool hihihi) et que le monde est post-apocalyptique comme on le savait déjà à la fin du 1, et poser deux enjeux dramatiques forts : le personnage féminin qui ne va peut-être pas finir avec le héros finalement (puisque c’est une traîtresse, qui tentera sûrement une rédemption dans le dernier film et le paiera de sa vie) (seule justification possible de l’introduction d’un autre personnage féminin beaucoup plus expressif avec lequel le héros vit des aventures bien plus palpitantes), et le super pote du héros qu’il va falloir sauver. Ou Minho = Peeta, sauf que le héros ne couchera probablement pas avec.

 

 

Vivement la fin, donc, quand on découvrira que tout ça n’est qu’un jeu télé, ou une expérience gouvernementale sadique opérée via un virus créé par l’homme, ou le processus de sélection du prochain Président des États-Unis maintenant que l’Apocalypse a eu lieu et que la démocratie ne suffit plus à désigner des leaders dignes de ce nom. Mais j’ai quand même un peu l’impression qu’on se fout de ma gueule en me faisant raquer trois places de ciné au lieu de deux.

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